La système est au coeur de la relation de coaching.
En coaching, il ne s’agit pas seulement d’écouter un client.
Dans la relation de coaching, il se passe plus que ce que l’on dit.
Sans toujours en avoir conscience, nous sommes traversés par des dynamiques qui dépassent la simple interaction coach-client : échos systémiques, transferts d’énergie, résonances inconscientes…
Ces phénomènes subtils peuvent enrichir la relation — ou la brouiller — si nous n’apprenons pas à les repérer et à les réguler.
C’est là que la supervision systémique devient un levier précieux.
Elle vous aide à poser un regard lucide sur ce qui circule « entre » vous et vos clients… pour mieux accompagner la complexité de leurs systèmes.
L’invisible au cœur de la relation de coaching
Nous sommes en interaction avec un système plus vaste, dont certaines dynamiques nous traversent à notre insu. Parfois, nous résonnons avec l’histoire du client. Parfois, c’est son énergie qui s’invite dans notre relation et impacte notre propre posture.
Ces échos systémiques et ces transferts d’énergie font partie du métier.
Les repérer, les comprendre et les traverser lucidement est une voie de professionnalisation essentielle.
C’est précisément ce que permet la supervision systémique : un espace pour affiner sa posture, clarifier ce qui nous influence, et retrouver sa liberté intérieure de coach.
Écho systémique et transfert d’énergie : pourquoi la supervision est essentielle pour les coachs
En coaching systémique, nous savons qu’un échange n’est jamais neutre. Au-delà des mots, il existe des résonances, des dynamiques invisibles qui circulent entre le coach, son client et le système dans lequel chacun évolue. Ces phénomènes subtils s’appellent écho systémique et transfert d’énergie relationnelle. Les comprendre (et apprendre à les réguler) est un levier majeur de professionnalisation du coach — et un excellent argument pour intégrer la supervision à sa pratique.
Qu’est-ce qu’un reflet systémique (ou écho systémique) ?
Une résonance systémique est un écho inconscient entre ce que vit le client dans son système (organisation, équipe, famille…) et ce que cela réactive ou fait vibrer chez le coach — en lien avec son propre système.
Il s’agit d’une mise en résonance subtile de dynamiques similaires, sans que ni le coach ni le client n’en aient toujours immédiatement conscience.
Exemple concret de reflet systémique
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Contexte : Un coach accompagne une directrice d’équipe confrontée à une équipe démotivée et passive.
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Phénomène : Pendant les séances, le coach se surprend lui-même à ressentir une forme de lassitude, voire d’agacement, face au « manque d’élan » de sa cliente. Il a du mal à rester engagé et enthousiaste.
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Éclairage systémique : Il s’agit d’un écho systémique. La dynamique d’impuissance vécue par la cliente réactive, chez le coach, un vieux schéma personnel : celui de « devoir porter seul » des projets sans soutien (par exemple dans sa famille ou dans une ancienne organisation).
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Utilisation en supervision : Prendre conscience de cet écho en supervision permet au coach de se « désidentifier » de cette résonance, de récupérer de la clarté et de l’agilité dans son accompagnement.
Qu’est-ce qu’un transfert d’énergie entre le client et le coach ?
Le transfert d’énergie relationnelle désigne le glissement progressif de certains affects ou postures du client vers le coach (et parfois inversement). Cela peut se manifester par une polarisation des rôles ou un encombrement émotionnel.
Exemple concret de transfert d’énergie
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Contexte : Un client entrepreneur déborde d’énergie, parle très vite, projette une grande confiance en lui… mais ne parvient pas à s’arrêter pour réfléchir.
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Phénomène : Le coach, d’abord calme, se met peu à peu à accélérer lui aussi son débit de parole, devient plus directif, voire légèrement intrusif.
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Éclairage systémique : L’énergie débordante du client « contamine » le coach, qui sort de sa posture d’écoute posée.
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Utilisation en supervision : Identifier ce transfert d’énergie permet au coach d’apprendre à poser un cadre plus ferme, à ralentir le tempo — pour offrir au client un espace de ralentissement et de prise de recul qu’il ne trouve pas ailleurs.
Pourquoi la supervision systémique est clé pour les coachs ?
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Décrypter les dynamiques invisibles : La supervision systémique offre un espace pour nommer, comprendre et transformer ces phénomènes subtils.
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Préserver l’intégrité du coach : En prenant du recul, le coach peut éviter de coller aux enjeux du client ou de rejouer ses propres schémas.
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Augmenter l’impact du coaching : En nettoyant ces interférences, le coach devient un miroir plus clair et un appui plus solide pour son client.
Le supervision systémique que je propose s’appuie sur ces leviers pour renforcer votre posture, aiguiser vos perceptions et faire grandir votre liberté intérieure de coach.
Tout est en interaction avec tout
L’approche par les échos systémiques suppose que tout est en inter relation avec tout :
- Ce qui se joue ici et maintenant se joue aussi ailleurs simultanément sous une autre forme, qui peut me renseigner sur ma situation présente
- Résoudre quelque chose dans un coin du système a des répercussions sur tout le système (échos sytémiques en retour)

Les échos systémiques sont
un indicateur et un levier puissants
A ce titre, l’instant présent est un échantillon du tout. Et la relation de coaching est un levier puissant pour agir sur le système du client, en prenant appui sur les échos systémiques actifs dans la séance.
A Retenir
- L’approche par échos systémiques implique l’interconnexion et les répercussions au sein d’un système.
- Le coaching systémique exploite les échos systémiques pour influencer l’ensemble du système du client.
- La synchronicité systémique relie des événements apparemment sans lien par une expérience unique.
- Le transfert est commun à plusieurs types de relations, pas seulement en psychanalyse.
- Le coaching de l’énergie propose une approche centrée sur le corps et la présence.
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Dans un cadre bienveillant et exigeant, vous apprendrez à :
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Décoder les résonances systémiques et les transferts d’énergie dans vos accompagnements
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Renforcer votre neutralité et votre liberté intérieure face aux enjeux de vos clients
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Explorer vos propres angles morts pour gagner en clarté, puissance et fluidité
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Coaching et impacts systémiques
Le coaching travaille sur le vivant et sur l’émergent… C’est donc dans la situation présente, que se joue l’effet coaching. Pendant la séance, lorsque le client expose son cas et illustre les difficultés avec lesquelles il est aux prises, celles-ci s’illustrent dans la relation au coach. Exemples :
- Le client ne trouve pas d’issue, et se sent impuissant à imaginer d’autres options.. et le coach ne trouve pas non plus de bonnes questions et se sent impuissant à créer de la valeur
- Le client est agacé par ses collaborateurs… et il s’agace aussi après son coach, ou bien il agace son coach, ou bien il craint d’agacer le coach. Bref l’agacement s’immisce aussi dans la relation !
- Le client est super créatif, il trouve la séance très productive…et le coach se sent bien, propose de bonnes pistes, il prend lui aussi plaisir à cette séance
En les remarquant, le coach peut agir sur les échos systémiques en les montrant au client. Le client dès lors peut s’en déprendre. Et envisager sa situation autrement, apercevoir d’autres perspectives qui offrent d’autres options de solutions.
Tout est dans tout…
L’instant présent est riche de potentiel… Comme dans un hologramme où le tout se retrouve dans chacune des parties, l’instant présent pourrait être un échantillon de toute la réalité,
pour celui qui l’expérimente. Nous ne l’affirmons pas (et le démontrons encore moins), mais nous proposons d’en faire l’expérience. A partir de ce principe, il serait toujours possible d’agir sur la totalité à partir de n’importe quel instant, considéré comme une parcelle du tout, contenant ce dernier tout entier ! L’instant présent offrirait donc d’immenses possibilités d’agir sur le tout. Ainsi, des événements sans lien apparent, mais survenant au même moment ont déjà ce point commun temporel. Le fait de les rapprocher l’un de l’autre, peut faire émerger un sens qui éclaire les deux d’une perspective nouvelle. Il ne s’agit pas là d’une façon mystique de voir des signes partout. Mais c’est simplement d’utiliser tout son environnement, pour se laisser inspirer par des intuitions appartenant à un autre régime que celui de la rationalité ordinaire.
grâce à la supervision !
Exemples de synchronicité systémique
Prenons 2 exemples tout simples, parmi tant d’autres que nous vivons en permanence, sans nous en rendre compte :
- « J’anime une réunion avec mon équipe. Nous sommes tous en train de bloquer sur un choix à faire. J’aperçois par la fenêtre une phrase publicitaire sur un camion qui passe dans la rue. Cela me donne un indice sur ce qui bloque et une idée pour avancer. Sans aller jusqu’à dire que « l’univers complote à ma réussite » (Cf. L’Alchimiste de Paulo Coehlo) et m’envoie des indices pour m’aider, nous pourrions envisager de donner délibérément une signification aux évènements synchroniques, en laissant vibrer notre intuition, par associations d’idées. »
- « Alors que je suis en train de préparer une intervention pour le personnel de mon usine et annoncer un changement important qui se prépare, je reçois par mail le témoignage d’un ami qui rentre du Japon et qui raconte ce qui l’a surpris dans la manière dont les japonais ont réagi aux conséquences terribles du Tsunami. Je trouve immédiatement l’inspiration qui me manquait pour mon introduction. »
Exemples d’échos systémiques entre la relation de coaching et l’environnement
1. Autorité et légitimité en miroir
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Contexte client : Un manager peine à asseoir sa légitimité face à une équipe de seniors très expérimentés.
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Écho chez le coach : Le coach, lui-même jeune dans son métier ou récemment certifié, ressent un doute sur sa propre légitimité à accompagner ce type de client « senior ».
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Dynamiques systémiques : La problématique d’autorité du client réactive une insécurité similaire chez le coach — les deux résonnent à travers leur rapport au pouvoir et à la reconnaissance.
2. Charge mentale et surcharge relationnelle
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Contexte client : Une directrice de projet débordée porte « trop de choses » pour son équipe et n’arrive pas à déléguer.
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Écho chez le coach : Le coach se sent progressivement lui-même « encombré » par la densité du discours du client : longues explications, détails à rallonge, impossibilité de conclure.
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Dynamiques systémiques : La surcharge du client « contamine » le coach, qui éprouve une fatigue cognitive similaire et une difficulté à structurer l’échange.
3. Alliance et loyautés invisibles
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Contexte client : Un dirigeant souhaite restructurer une organisation, mais reste freiné par une loyauté implicite envers son prédécesseur (fondateur historique).
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Écho chez le coach : Le coach ressent, sans raison apparente, une réticence à challenger son client ou à poser certaines questions franches, comme s’il était lui-même tenu par une fidélité tacite.
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Dynamiques systémiques : Le coach est pris dans la loyauté invisible du système du client — et s’auto-censure inconsciemment.
4. Conflit larvé et prise de partie inconsciente
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Contexte client : Un DRH travaille dans un contexte de conflit entre la direction générale et les représentants du personnel.
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Écho chez le coach : Lors de l’accompagnement, le coach ressent une polarisation intérieure : il se surprend à « pencher » émotionnellement du côté de l’une ou l’autre partie (exemple : empathie excessive pour la direction ou pour les salariés), sans motif rationnel.
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Dynamiques systémiques : Le clivage du système du client s’invite dans la relation de coaching — le coach rejoue une polarisation.
5. Changement et résistance subtile
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Contexte client : Un client exprime un fort désir de changement mais semble freiné dans ses actes (procrastination, excuses…).
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Écho chez le coach : Le coach ressent une forme de résistance intérieure à faire bouger le cadre de ses questions : il reste sur des questions exploratoires sans oser confronter.
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Dynamiques systémiques : L’ambivalence du client (entre désir et peur du changement) résonne avec une prudence ou un confort du coach à rester dans « l’exploration douce ».
6. Leadership et place dans la hiérarchie
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Contexte client : Un cadre récemment promu se sent mal à l’aise dans son nouveau rôle de leader, notamment face à ses anciens collègues devenus subordonnés.
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Écho chez le coach : Le coach, qui lui-même a récemment changé de posture (par exemple : passage du salariat à l’indépendance), ressent une gêne à endosser pleinement son rôle d’autorité bienveillante dans la relation de coaching : il hésite à poser un cadre clair ou à challenger avec fermeté.
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Dynamiques systémiques : La difficulté du client à habiter sa nouvelle place résonne avec celle du coach dans son propre système professionnel.
7. Innovation et peur de l’échec
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Contexte client : Une entrepreneuse souhaite lancer une nouvelle offre innovante, mais verbalise beaucoup de peurs liées à l’échec, au regard des autres et à l’investissement financier.
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Écho chez le coach : Le coach, de son côté, repousse depuis plusieurs mois le lancement d’une nouvelle proposition dans son activité (par exemple : une nouvelle offre de formation), sans trop savoir pourquoi.
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Dynamiques systémiques : Les peurs de prise de risque du client activent en miroir une prudence ou des freins similaires chez le coach — les deux stagnent chacun à leur manière.
8. Vision stratégique et dispersion
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Contexte client : Un directeur général travaille sur une vision stratégique mais se disperse entre plusieurs projets parallèles, sans réussir à prioriser.
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Écho chez le coach : Au fil des séances, le coach se surprend à multiplier les angles de questionnement, à explorer plusieurs pistes sans recentrer l’échange — comme s’il suivait la dispersion du client.
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Dynamiques systémiques : La dispersion du client contamine la structuration du coaching, au point de brouiller la clarté du processus d’accompagnement.
À noter : Ces exemples montrent bien que les résonances systémiques ne relèvent pas de la psychologie individuelle, mais d’un champ relationnel élargi, où le coach entre temporairement dans le système de son client. C’est en cela d’ailleurs, qu’on dit parfois qu’un coach ne peut pas rester « neutre »…
Dans chacun de ces cas, la supervision systémique permet de prendre conscience de ces résonances, d’en comprendre l’origine et de retrouver une posture libérée de ces influences invisibles.
L’instant présent, comme lien systémique…
L’autre point commun possible entre deux situations sans rapport logique apparent entre elles, est que je suis celui qui fait l’expérience de ces deux choses, simultanément, dans l’instant présent. C’est un peu comme quand la physique quantique nous parle de domaine non localisé, sorte de quatrième dimension, dans laquelle tout est imbriqué, tout est en relation directe et instantanée avec le reste. Ainsi, d’après ses experts, il n’y a pas de séparation absolue, de phénomène purement local. Et la réalité que nous observons n’est en fait que l’un des nombreux possibles existant à l’état de potentialité … L’ensemble du Réel est un système dont les options ou les parties sont en échos systémiques les unes par rapport aux autres.
Transferts systémiques
Le transfert en psychanalyse désigne un processus au cours duquel des sentiments ou des désirs inconscients se trouvent reportés sur une autre personne que les premiers objets investis dans l’histoire d’un sujet,le plus souvent les parents. La cure psychanalytique est le lieu privilégié du transfert sur la personne de l’analyste. Le transfert, loin de concerner seulement la psychanalyse, intéresse une multitude d’autres thérapies. Mais, en y regardant de plus près, il y a même transfert (échos systémiques) dans n’importe quel type de relation humaine, à l’école, au travail, en amour, en amitié…
Plusieurs types de résonances systémiques
Toutefois, on s’aperçoit que si les notions de transfert et de contre-transfert existent dans certaines thérapies, elles recouvrent des réalités bien différentes… Carl Gustav Jung a reconnu en partie l’importance capitale du transfert mais, pour la discipline qu’il a lui-même créé, la psychologie analytique. Cependant, il envisage celui-ci de manière significativement différente de celle de la psychanalyse sur au moins deux points :
- Pour Jung, le transfert n’est pas un phénomène pathologique qu’il s’agirait de réduire par l’analyse, mais d’un phénomène naturel dans la relation entre deux êtres humains, phénomène qui résulte du déploiement des dynamiques archétypiques entre deux personnes.
- Ensuite Jung ne considère pas que le transfert puisse être simplement appréhendé comme étant un mouvement à sens unique, de l’analysant vers l’analyste, mais bien plutôt comme un mouvement à double sens, qui implique tout autant la personnalité de l’analyste que celle de son patient. Ainsi la distinction freudienne entre transfert et contre-transfert n’a pas, dans la pensée jungienne, la même place que dans la pensée freudienne. Les jungiens réserveront ce terme à ce qui, de l’analyste, participe aux résistances, c’est-à-dire à la façon dont l’analyste fait inconsciemment obstacle à la poursuite du processus analytique
Pour Carl Rogers, créateur de l’Approche Centrée sur la Personne, où l’on ne parle plus de patient mais de « client » et où l’écoute du thérapeute se doit d’être « empathique », le transfert est envisagé comme un « type de relation de dépendance prégnante et persistante qui n’a pas tendance à se développer ». Voir à ce propos notre article : « Coaché ou client ?« ) « Liquider son transfert », c’est être enfin délivré de certaines répétitions, ou être libéré de l’illusion qu’un autre sait, choisit ou existe à notre place. Subsiste alors une question à laquelle il reste à chacun une vie entière pour réfléchir : peut-il y avoir un amour sans transfert ?
Qu’est-ce que le coaching systémique ?
- d’une personne (s’il s’agit d’un coaching individuel),
- d’une équipe, ou d’une organisation (s’il s’agit d’un coaching d’équipe ou d’organisation).
Si le coaching s’adresse à l’ensemble du système client, (coach inclus, qui reconnaît son interdépendance avec le client, et utilise les échos systémiques qui ne manquent pas de se produire entre les enjeux du client face à sa situation et les transferts inconscients dans sa relation avec le coach), alors on parlera d’un coaching systémique.
En revanche, si le coaching se contente d’agir isolément sur un levier au sein du système client (ou même sur plusieurs leviers, mais pris indépendamment les uns des autres), on dira qu’il est incrémental, puisqu’il ne fait avancer le client que d’un cran à la fois (avec le risque que d’autres éléments du système viennent en résistance du pas en avant, s’opposent au changement et empêchent le progrès désiré).
Quelle meilleure position d’influence ?
Celui qui ose envisager la réalité comme faisant partie d’un tout unifié, peut trouver un moyen d’influencer n’importe quel système, même apparemment très distant, à partir de son action dans l’instant présent. Et donc a fortiori son équipe qui est toute proche !
Prenons là encore un exemple pour illustrer ce deuxième point : Sans être toujours directement responsable des difficultés des autres, je suis forcément lié à leur situation puisque j’en suis conscient et que je fais partie du tout qui m’inclue forcément au sein de la situation globale ! J’ai dès lors une action possible sur ce système, puisque j’en suis un élément. Même quand je ne suis pas directement impliqué, cela me concerne toujours… et je peux avoir une influence, même modeste. Et qui sait : les petits ruisseaux font les grandes rivières !
Echo relationnel et coaching
Un coaching systémique s’adresse à l’ensemble du système client (coach inclus, qui reconnaît son interdépendance avec le client, et utilise les échos systémiques qui ne manquent pas de se produire entre les enjeux du client face à sa situation et les transferts inconscients dans sa relation avec le coach).
En revanche, quand le coaching se contente d’agir isolément sur un levier au sein du système client (ou même sur plusieurs leviers, mais pris indépendamment les uns des autres), on parlera plutôt d’un coaching linéaire ou incrémental, puisqu’il ne fait avancer le client que d’un cran à la fois (avec le risque que d’autres éléments du système viennent en résistance du pas en avant, s’opposent au changement et empêchent le progrès désiré).
La logique du système détermine les comportements des sous-systèmes que représentent les membres d’une équipe
Voici quelques exemples concrets qui illustrent comment la logique d’un système global influence et détermine les comportements des sous-systèmes (comme les membres d’une équipe) dans une dynamique de coaching ou de gestion. Ces exemples montrent bien que les comportements individuels ne peuvent être compris isolément, mais toujours dans le contexte global du système auquel ils appartiennent.
1. La logique de la hiérarchie dans une équipe
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Contexte : Une équipe de travail se compose de plusieurs niveaux hiérarchiques : des managers, des chefs d’équipe et des employés.
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Logique du système : La structure hiérarchique sous-tend le système en place. Si un manager est extrêmement directif et centralise toutes les décisions, cette logique de contrôle va influencer le comportement des subordonnés.
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Comportements des sous-systèmes : Les employés, sous pression de cette hiérarchie, peuvent devenir dépendants des décisions du manager, se sentir inhibés dans leur capacité à innover ou à prendre des initiatives. Ils risquent également de développer un sentiment de frustration ou de démotivation.
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Illustration : Le manager dit toujours « Je vais réfléchir à cela », et les membres de l’équipe cessent de proposer des idées ou d’initier des actions par peur de dépasser son autorité ou de prendre des décisions sans validation.
2. Les dynamiques de loyauté et de sabotage inconscients
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Contexte : Une équipe est en train de subir un changement important, tel qu’une réorganisation interne ou une fusion avec une autre équipe.
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Logique du système : La résistance au changement est souvent systémique. La logique du système — qu’il soit une équipe, une organisation ou une culture d’entreprise — soutient une forme de stabilité et de conformité.
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Comportements des sous-systèmes : Certains membres de l’équipe peuvent consciemment ou inconsciemment s’opposer aux changements, voire saboter des initiatives. Ce comportement n’est pas nécessairement personnel, mais il est dicté par la logique du système qui valorise la stabilité et les anciennes méthodes de travail.
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Illustration : Un membre de l’équipe, bien qu’apparenté à un défenseur du changement, continue de répéter des discours ou d’adopter des comportements qui créent des obstacles pour la mise en place de nouvelles procédures, simplement parce que son rôle dans le système l’amène à résister au changement de manière instinctive.
3. L’effet de groupe et la pression sociale
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Contexte : Dans une équipe, un ou plusieurs membres peuvent adopter des comportements extrêmes (par exemple, prendre des décisions risquées sans consulter les autres).
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Logique du système : La logique du système peut favoriser un climat de compétition, d’impulsivité, ou au contraire, un climat de conformisme où tout le monde agit dans un même sens pour éviter les conflits ou ne pas se démarquer.
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Comportements des sous-systèmes : Les membres les plus influencés par la pression du groupe vont peut-être se conformer aux comportements risqués, ou au contraire, se retrancher dans une position d’attente passive, comme un « suiveur ».
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Illustration : Une équipe qui valorise l’innovation risque de pousser certains membres à prendre des décisions rapidement, même sans évaluer toutes les options, sous l’effet de la pression sociale. Ceux qui résistent à ce flux peuvent se sentir exclus ou démotivés.
4. L’influence de la culture organisationnelle
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Contexte : Une équipe fait partie d’une entreprise avec une culture d’entreprise axée sur la compétitivité plutôt que sur la collaboration.
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Logique du système : La culture de l’organisation définit la manière dont l’équipe interagit. Si la compétitivité est valorisée dans le système global, cela influencera directement les comportements individuels.
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Comportements des sous-systèmes : Les membres de l’équipe risquent de développer une mentalité de « gagnant-perdant », où chacun cherche à surpasser les autres plutôt qu’à collaborer. Cela peut mener à des tensions internes, des conflits d’intérêts ou des compétitions contre-productives.
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Illustration : Lorsqu’un objectif est atteint dans une équipe où la compétitivité est élevée, les membres peuvent se féliciter chacun pour leur contribution individuelle, mais plutôt que de se féliciter en équipe, certains risquent de s’attribuer seul le mérite, créant une dynamique de compétition destructrice.
5. Le leadership et les comportements réactifs
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Contexte : Un leader charismatique dirige une équipe avec une logique de leadership autoritaire, où la direction prend toutes les décisions sans consultation.
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Logique du système : Le système valorise l’efficacité et la rapidité de décision, mais ignore l’autonomie et la responsabilité des membres de l’équipe.
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Comportements des sous-systèmes : Les membres de l’équipe vont réagir de manière passive ou réactive. Ceux qui ont un fort besoin d’autonomie peuvent se rebeller ou se désengager, tandis que ceux qui se sentent moins sûrs d’eux vont suivre aveuglément, créant un manque d’innovation et de responsabilisation.
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Illustration : Lors de la prise de décision importante, les membres attendent que le leader prenne l’initiative sans oser proposer de nouvelles idées, se mettant en position de suiveur plutôt que d’acteurs à part entière.
Une dynamique systémique
Ces exemples montrent bien que dans un système global (qu’il s’agisse d’une organisation, d’une équipe ou d’une entreprise), la logique sous-jacente du système détermine les comportements individuels des membres. En coaching ou en supervision systémique, l’enjeu est donc de comprendre ces dynamiques invisibles et d’aider les individus à sortir des schémas réactifs, afin de permettre au système de se transformer et de s’adapter de manière plus efficace et harmonieuse.
L’enjeu du coaching systémique
Les solutions sont toujours à l’extérieur du problème, car si elles étaient à l’intérieur,le client les auraient trouvées tout seul depuis longtemps ! 🙂 Tout l’enjeu du coaching est de parvenir à ouvrir et enrichir le cadre de référence du client pour le faire sortir de l’espace problème dans lequel il s’est enfermé, à partir de sa manière d’envisager son contexte et son objectif. Or il se trouve que cette manière de poser des problèmes est dans son mental, à l’extérieur de lui-même en quelque sorte, comme l’illustre le schéma suivant :

Pour se connecter avec ses solutions intimes, qui sont au centre de son être (et à l’extérieur du problème posé par le mental), le client doit revenir au centre de lui-même. Ce retour au centre, brutal parfois, est ce que l’on appelle l’insight en coaching, la prise de conscience. Et c’est ce que l’on recherche en coaching, pour le plus grand bénéfice du client, qui trouve par lui-même et en lui-même les solutions auxquelles il aspire pour résoudre le problème dans lequel il s’est exilé tout seul ! »
Pourquoi les solutions sont toujours extérieures à l’espace problème ?
Albert Einstein a un jour affirmé :
« On ne peut pas résoudre un problème avec le même niveau de pensée qui l’a créé. »
— Albert Einstein
Cette citation résume parfaitement l’idée selon laquelle les solutions à un problème ne peuvent pas se trouver à l’intérieur de l’espace du problème lui-même.
En effet, lorsque nous sommes confrontés à une difficulté, notre perception et nos réponses initiales sont souvent limitées par le cadre mental qui a généré cette difficulté. Si nous restons à l’intérieur de ce cadre, nous ne pouvons qu’entretenir le problème, sans en sortir.
L’espace du problème : un cadre limité
Dans un système donné (qu’il s’agisse d’une équipe, d’une organisation ou d’une situation personnelle), l’espace du problème représente le cadre mental, les croyances, les comportements ou les structures qui, par leur nature même, empêchent l’émergence de solutions nouvelles. C’est une sorte de boucle dans laquelle on reproduit les mêmes schémas ou on se retrouve coincé dans des modes de pensée réactifs.
Les solutions extérieures à l’espace problème
Les solutions, par définition, ne peuvent émerger de cet espace clos où se trouve le problème. Elles nécessitent un changement de perspective, une nouvelle approche ou un nouveau cadre de pensée. Cela implique de sortir des schémas et des logiques qui ont conduit à la situation problématique. Ce changement de perspective permet alors de réorganiser les éléments du système de manière à favoriser une solution innovante et efficace.
Exemple concret
Imaginons une équipe qui fait face à un conflit constant entre ses membres à propos de la répartition des responsabilités. Si les membres continuent d’aborder le problème avec la même logique de répartition et de compétition, ils ne feront que renforcer le conflit. La solution réside non pas dans l’ajustement des rôles, mais peut-être dans la redéfinition des relations au sein de l’équipe ou dans une reformulation des objectifs collectifs.
Out of the box, challenger le cadre de référence
Comme le dit Einstein, résoudre un problème nécessite de sortir du cadre mental dans lequel il a été engendré. Les solutions viennent souvent d’une perspective extérieure, plus large et plus systémique, permettant de déconstruire les croyances et les limitations qui ont initialement créé l’impasse. En coaching ou en supervision systémique, l’accompagnement vise justement à amener le client à élargir son champ de vision, à sortir de l’espace du problème pour qu’il puisse envisager des solutions créatives et adaptées.
Cela résonne bien avec l’idée que changer de paradigme est souvent nécessaire pour apporter un véritable changement. Cette approche de décalage de perspective est au cœur de l’approche systémique, où l’on cherche à comprendre les interactions entre les éléments plutôt que de focaliser uniquement sur le problème en lui-même.
L’approche systémique de Palo Alto en bref
L’école de Palo Alto (années 1950-1970, Californie) a posé les fondements d’une pensée systémique de la communication.
Plutôt que d’analyser les individus de manière isolée, cette approche s’intéresse aux interactions et aux relations entre les personnes, considérées comme un système.
Principes clés
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Le système prime sur l’individu
Les comportements s’expliquent par la dynamique des relations, non par les caractéristiques personnelles.
Un problème n’est pas « dans » une personne, mais entre les personnes. -
La communication est permanente
« On ne peut pas ne pas communiquer » (Paul Watzlawick). Même le silence ou l’inaction ont une valeur de message.
La communication inclut à la fois le contenu (ce qui est dit) et la relation (comment c’est dit, ce que cela implique sur le lien entre les interlocuteurs). -
Les tentatives de solution maintiennent le problème
Souvent, c’est la manière dont on tente de résoudre un problème qui l’entretient. C’est ce qu’on appelle la boucle paradoxale ou le phénomène de rétroaction.
Exemple : Plus un manager contrôle son équipe pour obtenir de l’autonomie, plus l’équipe se déresponsabilise — renforçant son besoin de contrôle.
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Le sens émerge de l’interaction
Les significations ne sont pas absolues : elles dépendent du contexte relationnel et de l’histoire des interactions.
Applications en coaching et supervision
L’approche de Palo Alto invite le coach à :
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Observer les dynamiques relationnelles et les tentatives de régulation du client dans son système
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Chercher les boucles de rétroaction qui figent une situation
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Aider le client à expérimenter des interactions différentes, plutôt que d’analyser uniquement ses causes internes
En résumé : Changer la relation change le système.
📚 Encadré historique – L’école de Palo Alto en quelques repères
L’école de Palo Alto s’est développée autour du Mental Research Institute (MRI), fondé en 1959 en Californie.
Elle a réuni des chercheurs de disciplines variées : psychologie, psychiatrie, anthropologie, linguistique et cybernétique.
Figures majeures :
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Gregory Bateson : anthropologue, initiateur de la pensée systémique et de l’approche par les contextes
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Paul Watzlawick : psychologue et théoricien de la communication (auteur de La réalité de la réalité et Comment réussir à échouer)
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Don Jackson, John Weakland, Richard Fisch : pionniers de la thérapie brève et des interventions systémiques
Leur apport majeur est d’avoir intégré la cybernétique (science des systèmes et de la régulation) à l’analyse des interactions humaines.
Ils ont influencé de nombreux domaines : communication, psychothérapie, management, coaching, médiation…
« La solution n’est pas à chercher du côté du problème, mais du côté de la relation qui le maintient. »
— Paul Watzlawick« Le plus important dans la communication, c’est ce qui n’est pas dit. »
— Gregory Bateson
Comment appliquer Palo Alto en coaching ?
Voici quelques postures et outils clés, directement inspirés de cette approche :
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Observer les interactions plus que les contenus
Plutôt que de s’attarder uniquement sur « ce que dit le client », explorer comment il interagit avec son environnement :
« Que se passe-t-il chez vos interlocuteurs quand vous faites cela ? »
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Identifier les tentatives de solution inefficaces
Repérer les comportements que le client répète, qui visent à résoudre un problème mais qui l’entretiennent.
« Qu’avez-vous déjà essayé ? Et qu’est-ce que cela produit ? »
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Explorer les boucles relationnelles
Comprendre comment les actions du client provoquent des réactions, qui en retour influencent son propre comportement.
« Comment vos actions influencent-elles la réponse de votre équipe, et comment cela vous amène-t-il à réagir à nouveau ? »
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Proposer des ruptures de schéma
Aider le client à tester des changements d’interaction, même petits, pour débloquer le système.
« Et si, au lieu d’insister encore, vous faisiez une pause ou posiez une question différente ? »
En supervision systémique, ces outils permettent d’éclairer non seulement la situation du client… mais aussi ce qui se rejoue dans la relation entre coach et client.
Rupture de schémas (patterns)
Dans la relation de coaching, l’un des principaux défis est d’aider le client à sortir des schémas répétitifs qui maintiennent sa situation figée. Ces schémas peuvent prendre diverses formes : des modes de pensée rigides, des réactions émotionnelles prévisibles ou encore des comportements répétitifs qui, bien qu’inconscients, contribuent à perpétuer les mêmes problématiques. Comme le souligne Paul Watzlawick, « Le changement devient possible lorsque l’on cesse d’essayer de résoudre le problème de la même manière. »
Cette citation met en lumière une vérité fondamentale en coaching : le changement véritable ne peut advenir que lorsque le client est prêt à rompre avec ses anciennes façons de penser et d’agir. En coaching, il s’agit d’accompagner le client à percevoir les boucles de rétroaction qui le maintiennent dans des dynamiques inefficaces, et à l’inviter à expérimenter de nouvelles interactions. Une simple rupture de schéma — un geste différent, une question inhabituelle, un nouveau point de vue — peut suffire à déverrouiller une situation. Cela exige du coach une présence attentive et un regard systémique, capable de capter ces moments où une petite variation peut provoquer un grand changement.
Cette idée de rupture de schéma est au cœur de la supervision systémique, car elle permet de déconstruire les mécanismes invisibles qui influencent à la fois le coach et son client, ouvrant ainsi la voie à des solutions nouvelles et à un réel changement de perspective.
FAQ Échos systémiques et Coaching
Réponses aux questions fréquentes sur l'approche systémique et le coaching
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Qu’est-ce que l’approche par les échos systémiques ?
L’approche par les échos systémiques postule que tout est interconnecté. Ce qui se passe ici et maintenant a des répercussions ailleurs et vice-versa. En d’autres termes, un changement dans une partie du système peut influencer l’ensemble, permettant au coach et au client d’identifier des indices et des dynamiques cachées.
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En quoi consiste le coaching systémique ?
Le coaching systémique intervient sur l’ensemble du système client, qu’il s’agisse d’un individu, d’une équipe ou d’une organisation. Il tient compte de l’interdépendance entre les différentes composantes et s’appuie sur les échos systémiques qui se manifestent durant la séance pour favoriser une transformation globale et durable.
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Comment se manifeste la dynamique entre le coach et le client durant la séance ?
Durant la séance, les échanges entre le coach et le client reproduisent souvent des dynamiques systémiques. Par exemple, si le client est bloqué ou ressent une impuissance, le coach peut lui aussi se sentir impuissant, ou inversement, une créativité partagée peut enrichir la relation. En reconnaissant ces échos, le coach peut aider le client à envisager sa situation sous un nouveau jour.
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Pourquoi l’instant présent est-il central dans cette approche ?
L’instant présent est considéré comme un échantillon du tout, semblable à un hologramme où chaque fragment reflète l’ensemble de la réalité. En se concentrant sur le présent, le coach et le client exploitent les ressources intérieures et les interconnexions du système pour générer de nouvelles perspectives et agir sur l’ensemble de la situation.
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Quel rôle jouent le transfert et le contre-transfert dans le coaching systémique ?
Le transfert fait référence aux sentiments et désirs inconscients qui se projettent dans la relation, non seulement en psychanalyse mais aussi dans toute relation humaine. Dans le coaching systémique, ces transferts – et leur réciproque, le contre-transfert – permettent de dévoiler des dynamiques relationnelles profondes et d’agir sur l’ensemble du système en s’appuyant sur l’intuition et la présence des participants.
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Comment la présence et l’authenticité influencent-elles le coaching de l’énergie ?
Dans le coaching de l’énergie, l’authenticité et la capacité à être pleinement présent sont primordiales. Se reconnecter à ses sensations corporelles permet de sortir du cadre strictement mental et d’accéder à une dimension plus intuitive. Ce recentrage favorise l’insight chez le client, qui trouve ainsi ses propres solutions en s’appuyant sur la dynamique naturelle du corps et du système.
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Quel est l’enjeu principal du coaching systémique ?
L’enjeu est d’élargir le cadre de référence du client en le faisant sortir de l’espace problème qu’il s’est créé mentalement. Le coaching systémique vise à lui permettre de percevoir des solutions ‘out of the box’ et d’agir sur l’ensemble des dynamiques qui influencent sa situation. Pour y parvenir, on s’appuie sur l’effet interactif des échos systémiques et sur une approche holistique de la relation.






