Voici la synthèse d’une mission de coaching, dont le but est d’aider un manager à se sortir d’un cercle vicieux, qui l’épuise.
Vous pourrez lire le contenu des séances et les exercices proposés pour sortir la personne de la spirale infernale. Des ce cas précis, le coaching est presque du tutorat ou du mentorat, parce que la personne est sous l’eau et ne parvient plus à se prendre en charge. Le coach l’aide en prescrivant des exercices, ce qui n’est normalement pas le cas, les séances se déroulant plutôt sous forme conversationnelle avec des questions puissantes pour aider le client à réaliser des prises de conscience par lui-même.
A Retenir
- Le coaching adopte une approche conversationnelle favorisant les prises de conscience autonomes plutôt que le tutorat.
- Le processus alterne diagnostic, limites d’urgence et cartographie de l’énergie pour prioriser l’action.
- Le cas de Sophie montre l’importance de déléguer et de poser des limites pour récupérer énergie et bien-être.
- L’utilisation d’outils pratiques (MBI, matrice Eisenhower, cohérence cardiaque) accélère la reprise et les résultats mesurables.
- Le plan de maintien inclut délégation progressive, routines de récupération et soutien familial pour éviter les rechutes.
Portrait de la situation initiale
Profil du client
Sophie, 42 ans, responsable supply chain d’une entreprise de distribution, manage une équipe de 12 personnes. Elle arrive au premier rendez-vous visiblement épuisée, les traits tirés, avec un discours rapide et décousu, et la conduit progressivement à la dépression.
Causes objectives liées au travail
- Surcharge structurelle : restructuration récente ayant réduit l’équipe de 15 à 12 personnes sans diminution des objectifs
- Disruptions constantes : ruptures de stock récurrentes, retards fournisseurs, pression clients
- Hyperconnexion : emails jusqu’à 22h, sollicitations constantes sur Teams, réunions qui s’enchaînent sans pause
- Responsabilité élargie : gestion simultanée de 3 projets stratégiques en plus de l’opérationnel
- Management toxique indirect : direction qui fixe des objectifs contradictoires (réduction des coûts + amélioration du service)
- Manque de reconnaissance : les succès passent inaperçus, seuls les problèmes sont relevés
Causes liées à la vie privée
- Charge familiale : deux enfants (8 et 11 ans), organisation logistique complexe
- Parent âgé malade : mère diagnostiquée Alzheimer il y a 6 mois, nécessitant coordination médicale
- Conjoint en mobilité professionnelle : absent 3 jours par semaine, charge domestique déséquilibrée
- Isolement social : abandon progressif des activités personnelles (sport, amies) faute de temps
- Culpabilité parentale : impression de « ne jamais être là » pour ses enfants
Causes liées au fonctionnement psychique
- Perfectionnisme pathologique : « Si je ne le fais pas moi-même, ce ne sera pas bien fait »
- Syndrome du sauveur : difficulté à refuser, besoin d’être indispensable
- Hyper-responsabilisation : se sent responsable du bien-être de toute l’équipe
- Difficulté à déléguer : manque de confiance, peur de surcharger les autres
- Pensées automatiques négatives : « Je ne suis pas assez compétente », « Je vais décevoir tout le monde »
- Alexithymie légère : difficulté à identifier et nommer ses émotions
- Rumination mentale : impossibilité de « débrancher », pensées professionnelles envahissantes
Les 8 séances du coaching
SÉANCE 1 : Poser le cadre et établir le diagnostic
Objectifs :
- Créer l’alliance thérapeutique
- Évaluer le niveau de burn-out
- Identifier les signaux d’alarme
Déroulé :
Le coach commence par une écoute active sans jugement. Sophie pleure dès les premières minutes : « Je n’en peux plus, je suis complètement débordée, je dors mal, je m’énerve sur mes enfants… »
Exercice 1 : Le questionnaire MBI (Maslach Burnout Inventory) Sophie remplit le questionnaire standardisé qui révèle :
- Épuisement émotionnel : 42/54 (zone rouge)
- Dépersonnalisation : 18/30 (zone orange)
- Accomplissement personnel : 22/48 (zone rouge)
Exercice 2 : La roue de la vie professionnelle Sophie évalue de 1 à 10 sa satisfaction dans 8 domaines :
- Charge de travail : 2/10
- Autonomie : 4/10
- Relations collègues : 6/10
- Reconnaissance : 2/10
- Sens du travail : 5/10
- Équilibre vie pro/perso : 1/10
- Développement compétences : 3/10
- Conditions matérielles : 5/10
Exercice 3 : Le relevé des symptômes physiques
Le coach fait lister tous les signaux corporels à sa cliente :
- Tensions cervicales permanentes
- Maux de tête 3-4 fois/semaine
- Troubles digestifs
- Réveils nocturnes vers 3h du matin
- Palpitations cardiaques
- Prise de poids de 6 kg en 6 mois
Effets éprouvés : « Pour la première fois depuis des mois, quelqu’un m’écoute vraiment. Mettre des mots sur ce que je vis, c’est déjà un soulagement. Je réalise que c’est grave, que je ne peux plus continuer comme ça. »
Prescription :
- Consultation médicale sous 48h (arrêt de travail possible)
- Tenir un journal des émotions (3 lignes/jour)
- Commencer à noter les heures réelles de travail
SÉANCE 2 : Comprendre les mécanismes et poser des limites d’urgence
Objectifs :
- Psychoéducation sur le burn-out
- Identifier les croyances limitantes
- Mettre en place des micro-limites immédiates
Déroulé :
Sophie arrive avec 3 jours d’arrêt maladie prescrits par son médecin. Elle se sent coupable : « J’ai l’impression d’abandonner mon équipe. »
Exercice 1 : La métaphore du verre d’eau Le coach explique : « Tenir un verre d’eau une minute, c’est facile. Le tenir une heure, le bras fait mal. Le tenir toute une journée sans jamais le poser ? Impossible. Ce n’est pas le poids du verre qui est le problème, c’est la durée. Vous ne posez jamais votre verre. »
Exercice 2 : Le modèle des 3P de burn-out (Maslach) Le coach dessine le triangle :
- Pression (surcharge, urgences) → ce qu’on vous demande
- Pouvoir (autonomie, moyens) → ce que vous pouvez faire
- Plaisir (sens, reconnaissance) → ce que vous recevez
Constat : pression maximale, pouvoir minimal, plaisir quasi-nul = équation du burn-out
Exercice 3 : Identification des croyances toxiques Sophie liste ses pensées automatiques :
- « Je dois être disponible 24/7 »
- « Dire non, c’est être incompétente »
- « Si je délègue, c’est que je suis faible »
- « Je dois être parfaite pour être respectée »
- « Les besoins des autres passent avant les miens »
Le coach les challenge une par une avec la méthode socratique : « Quelles preuves avez-vous que dire non = incompétence ? Conseilleriez-vous cela à votre meilleure amie ? »
Exercice 4 : Les 3 limites non-négociables Ensemble, ils établissent 3 règles d’urgence :
- Pas d’emails après 19h30 (message d’absence programmé)
- Pause déjeuner de 30 min minimum (sortir du bureau)
- Un soir par semaine « sanctuarisé » avec les enfants (téléphone éteint)
Effets éprouvés : « C’est fou, je réalise que mes croyances me détruisent. Personne ne m’a jamais dit que je devais être disponible 24/7, c’est moi qui me l’impose. Les limites me font peur, mais aussi me soulagent. Le simple fait de programmer mon absence email me donne l’impression de reprendre un peu de contrôle. »
SÉANCE 3 : Cartographier l’énergie et prioriser
Objectifs :
- Identifier les voleurs d’énergie
- Distinguer urgent/important
- Apprendre à dire non de façon constructive
Déroulé :
Sophie a respecté ses 3 limites avec difficulté mais satisfaction. Elle rapporte une anecdote : « J’ai fermé mon ordinateur à 19h30 mardi. Le monde ne s’est pas écroulé. »
Exercice 1 : L’inventaire énergétique Le coach fait créer deux colonnes :
Ce qui me donne de l’énergie (+) :
- Coacher mon équipe
- Résoudre des problèmes complexes
- Moments de reconnaissance
- Discussions stratégiques
- Innovation/amélioration processus
Ce qui me vide (-) :
- Réunions sans ordre du jour
- Emails bavards
- Gérer les conflits interpersonnels
- Reporting administratif
- Interruptions constantes
- Manager qui change d’avis
Exercice 2 : La matrice d’Eisenhower appliquée Sophie liste toutes ses tâches de la semaine et les classe :
- Urgent + Important (25% du temps max) : crises vraies, deadlines clients
- Important + Non urgent (50% du temps minimum) : stratégie, développement équipe, anticipation
- Urgent + Non important (15% max) : sollicitations des autres, la plupart des emails
- Ni urgent ni important (à éliminer) : certaines réunions, perfectionnisme inutile
Révélation : Sophie passe 70% de son temps dans les quadrants 1 et 3 (urgences), presque rien en quadrant 2 (stratégie).
Exercice 3 : Les techniques de refus assertif Jeux de rôle pour apprendre à dire non :
Technique 1 – Le disque rayé : « Je comprends que ce soit important, cependant je ne peux pas le prendre en charge actuellement. »
Technique 2 – Le oui conditionnel : « Oui, je peux faire cela, mais alors il faudra déprogrammer X. Que préférez-vous ? »
Technique 3 – La proposition alternative : « Je ne peux pas, mais voici ce que je peux faire / voici qui pourrait vous aider. »
Exercice 4 : Le time-boxing de la semaine Sophie bloque dans son agenda :
- 3 créneaux de 2h « focus profond » (pas de réunions, pas d’emails)
- 1h quotidienne « traitement emails » (2 fois/jour max)
- 2h hebdo « réflexion stratégique »
Effets éprouvés : « Je vois noir sur blanc où part mon énergie. C’est impressionnant. J’ai dit non 2 fois cette semaine, mon cœur battait fort, mais… rien de dramatique ne s’est passé. Les gens ont compris. Je commence à comprendre que l’urgent n’est pas toujours important. »
SÉANCE 4 : Déléguer et développer la confiance
Objectifs :
- Travailler sur la peur de déléguer
- Identifier les compétences de l’équipe
- Créer un plan de délégation progressif
Déroulé :
Sophie reconnaît : « Je sais que je dois déléguer, mais j’ai toujours peur que ce soit mal fait, ou que je surcharge mes collaborateurs. »
Exercice 1 : L’iceberg des peurs Le coach fait explorer ce qui se cache sous « peur de déléguer » :
- Surface : « Ça sera mal fait »
- Sous-jacent : « Je vais perdre le contrôle »
- Plus profond : « On va découvrir que je ne suis pas indispensable »
- Noyau : « Je ne vaux que par mon utilité »
Prise de conscience émotionnelle forte.
Exercice 2 : La cartographie des talents Sophie liste ses 12 collaborateurs avec leurs forces :
- Marc : analytique, rigueur données
- Léa : relationnelle, gestion conflits
- Thomas : innovant, process improvement
- Julie : organisée, gestion projets
- etc.
Révélation : « Mon équipe est ultra compétente ! C’est moi qui les empêche de grandir. »
Exercice 3 : La matrice de délégation Pour chaque tâche récurrente, Sophie évalue :
- Axe vertical : Seulement moi / Peut être fait par d’autres
- Axe horizontal : Tâche stratégique / Tâche opérationnelle
À déléguer en priorité : opérationnel que d’autres peuvent faire À déléguer progressivement : stratégique que d’autres peuvent apprendre À conserver : stratégique que seule elle peut faire (pour l’instant)
Liste des délégations à mettre en œuvre :
- Reporting hebdomadaire → Marc
- Animation réunion fournisseurs → Léa
- Optimisation planning logistique → Thomas
- Suivi projet ERP → Julie
Exercice 4 : Le script de délégation efficace Le coach enseigne la méthode SMART pour déléguer :
- Contexte : pourquoi c’est important
- Objectif : résultat attendu (pas méthode)
- Ressources : ce dont la personne dispose
- Échéances : quand et points d’étape
- Confiance : « Je suis convaincue que tu peux le faire »
Jeu de rôle : Sophie s’entraîne à déléguer le reporting à Marc.
Effets éprouvés : « C’est bouleversant de réaliser que mon besoin de contrôle vient de ma peur de ne pas valoir. Je comprends que je n’aide pas mon équipe en faisant tout. J’ai délégué le reporting cette semaine : Marc était ravi, il l’a fait différemment de moi mais c’était bien ! Je me sens à la fois soulagée et un peu triste (de quoi ?). »
SÉANCE 5 : Reconnecter avec le corps et les émotions
Objectifs :
- Identifier les signaux corporels précoces
- Apprendre des techniques de régulation émotionnelle
- Créer des rituels de récupération
Déroulé :
Sophie rapporte une anecdote révélatrice : « Mardi, j’ai eu une réunion tendue. Je ne me suis rendu compte que 2h après que j’avais mal au ventre depuis le début. Je ne sens plus rien sur le moment. »
Exercice 1 : Le body-scan guidé Le coach guide une exploration corporelle de 15 minutes : « Fermez les yeux. Portez attention à vos pieds… vos jambes… votre ventre… votre poitrine… vos épaules… votre nuage… votre visage… »
Sophie découvre :
- Mâchoires serrées en permanence
- Respiration superficielle (thoracique uniquement)
- Tensions dans les trapèzes « comme un étau »
- Sensation de poids sur la poitrine
Exercice 2 : La roue des émotions (Plutchik) Le coach présente la palette émotionnelle complète. Sophie constate qu’elle n’utilise que 4-5 mots : « stressée », « fatiguée », « énervée », « inquiète ».
Travail sur la granularité émotionnelle :
- Au-delà de « stressée » : anxieuse ? submergée ? tendue ? impatiente ?
- Au-delà de « fatiguée » : épuisée ? vidée ? lourde ? découragée ?
Exercice 3 : Le journal émotions-besoins Nouvelle structure pour le journal quotidien :
Situation → Émotion → Besoin → Action possible
Exemple de Sophie :
- Situation : Mon boss change les priorités encore
- Émotion : Frustrée et impuissante
- Besoin : Stabilité et reconnaissance
- Action : Demander RDV pour clarifier les attentes
Exercice 4 : La cohérence cardiaque (3-6-5) Le coach enseigne la respiration anti-stress :
- 3 fois par jour
- 6 respirations/minute (5 sec inspire, 5 sec expire)
- Pendant 5 minutes
Application sur smartphone installée ensemble. Pratique immédiate : Sophie sent un apaisement rapide.
Exercice 5 : Les rituels de micro-récupération Création d’un menu de pauses de 5 minutes :
- Respiration cohérence cardiaque
- Étirements debout
- Marche extérieure (faire le tour du bâtiment)
- Écoute d’une musique ressourçante
- Regarder par la fenêtre (détente visuelle)
Engagement : 3 micro-pauses par jour minimum.
Effets éprouvés : « Je redécouvre que j’ai un corps ! C’est dingue comme j’étais déconnectée. La cohérence cardiaque, je pensais que c’était du pipeau, mais ça marche vraiment, je me sens plus calme. Les micro-pauses, c’est dur de les tenir, j’ai l’impression de ‘perdre du temps’, mais après je suis plus efficace. Mon corps me parle, je commence à l’écouter. »
SÉANCE 6 : Restructurer la vie personnelle et familiale
Objectifs :
- Sortir de l’isolement
- Redistribuer la charge mentale domestique
- Recréer des espaces de plaisir
Déroulé :
Sophie arrive plus détendue physiquement mais émotionnellement fragile : « J’ai réalisé que j’ai complètement abandonné qui j’étais avant. Je ne vois plus mes amies, je ne fais plus de sport, je ne lis plus. Je suis juste une machine à travailler et à gérer. »
Exercice 1 : L’archéologie de soi Le coach demande : « Qui étiez-vous avant ? Qu’est-ce qui vous faisait vibrer ? »
Sophie se souvient :
- Couraient 2 fois/semaine
- Jouait du piano
- Lisait des romans
- Sortait avec ses amies une fois/mois
- Allait au cinéma
- Jardinait le week-end
« J’ai tout arrêté progressivement. Je me disais ‘plus tard, quand j’aurai le temps’. Mais ce moment n’arrive jamais. »
Exercice 2 : La cartographie de la charge mentale Le coach fait lister TOUT ce dont Sophie s’occupe :
Professionnel (déjà identifié)
Domestique :
- Courses (liste, achat)
- Repas (menu, préparation)
- Linge (tri, lavage, pliage, rangement)
- Ménage
- Organisation maison
- Paperasse administrative
Parental :
- Devoirs enfants
- Rendez-vous médicaux
- Activités extra-scolaires (inscription, coordination)
- Anniversaires copains (cadeaux, organisation)
- Vêtements enfants (taille, achat, tri)
Familial élargi :
- Coordination soins mère
- Rendez-vous médicaux mère
- Coordination avec la fratrie
- Gestion administrative parent
Visualisation : c’est écrasant. « Je porte tout ça toute seule. »
Exercice 3 : La conversation cruciale avec le conjoint Préparation d’une discussion avec son mari :
Le coach entraîne Sophie à utiliser la Communication Non Violente (CNV) :
- Observation : « Ces 6 derniers mois, tu es absent 3 jours/semaine et quand tu es là, tu ne prends pas en charge [liste concrète] »
- Sentiment : « Je me sens épuisée et seule »
- Besoin : « J’ai besoin de soutien et d’équité »
- Demande : « Je propose qu’on répartisse clairement les tâches et que tu prennes en charge X, Y, Z »
Exercice 4 : Le plan de réactivation du plaisir Sophie choisit 3 actions à remettre en place progressivement :
- Cette semaine : reprendre la course 1x/semaine (samedi matin, mari garde les enfants)
- D’ici 2 semaines : appeler sa meilleure amie et programmer un café
- D’ici 1 mois : ressortir le piano, 15 min 2x/semaine
Exercice 5 : Délégation/externalisation domestique Brainstorming solutions :
- Courses : drive ou livraison
- Ménage : femme de ménage 2x/mois (négocier budget familial)
- Repas : batch cooking dimanche ou utiliser des box repas
- Linge : mari prend en charge le sien + les enfants
- Mère : réunion fratrie pour répartir la charge (tour de rôle rendez-vous médicaux)
Effets éprouvés : « J’ai pleuré pendant presque toute la séance. Je réalise que je me suis oubliée complètement. Et que je n’ai jamais vraiment demandé d’aide à mon mari, je pensais qu’il ‘devait voir’. J’ai eu la discussion avec lui ce week-end, c’était difficile mais constructif. Il ne se rendait pas compte. On a établi une vraie répartition. J’ai repris la course samedi, j’ai pleuré de joie en courant. Je retrouve des petits bouts de moi. »
SÉANCE 7 : Affronter les conversations difficiles au travail
Objectifs :
- Préparer la reprise du travail (après les 3 jours d’arrêt prolongés à 10 jours)
- S’affirmer face à la hiérarchie
- Négocier des conditions soutenables
Déroulé :
Sophie retourne au travail dans 5 jours. L’anxiété remonte : « Et si je replonge ? Et si rien ne change ? »
Exercice 1 : Le scénario catastrophe → scénario réaliste Le coach utilise la technique de décatastrophisation :
Peur : « Tout va recommencer comme avant, je vais recraquer »
Questions socratiques :
- Qu’est-ce qui a changé en vous ?
- Quelles limites avez-vous désormais ?
- Quelles compétences avez-vous développées ?
- Quel soutien avez-vous maintenant ?
Scénario réaliste : « Il y aura des moments difficiles, mais j’ai des outils. J’ai appris à dire non, à déléguer, à faire des pauses. Je ne suis plus seule (coaching, mari impliqué, médecin référent). Si je sens que ça re-dérape, je peux demander de l’aide plus tôt. »
Exercice 2 : La préparation du RDV avec le manager Sophie doit rencontrer son boss pour la reprise. Le coach structure la discussion :
1. Reconnaissance du problème (sans culpabilité) : « Ces derniers mois, j’ai été en surcharge importante, ce qui a impacté ma santé. J’ai pris du recul pour comprendre et agir. »
2. Clarification de la situation : « Depuis la restructuration, l’équipe a perdu 20% de ses effectifs mais conservé 100% des objectifs. Mathématiquement, c’est insoutenable. »
3. Ce qui ne peut plus continuer :
- Objectifs contradictoires
- Disponibilité 24/7 implicite
- Réunions sans ordre du jour
- Changements de priorités sans concertation
4. Ce dont j’ai besoin pour continuer :
- Clarification des priorités (3 maximum simultanées)
- Autonomie sur l’organisation de mon équipe
- Respect des horaires (pas d’emails après 19h)
- Un point hebdo structuré de 30 min
- Envisager un recrutement sur le poste de coordinateur logistique
5. Ce que je peux proposer :
- Délégations mises en place (gains d’efficacité)
- Optimisation de processus
- Engagement sur les priorités claires
Jeu de rôle intense : Sophie joue son boss (parfois imprévisible), le coach joue Sophie. Puis inversion. Plusieurs itérations.
Exercice 3 : La gestion des interruptions Techniques concrètes pour protéger son temps :
- Message d’absence personnalisé : « En réunion/concentration jusqu’à Xh, je réponds après / pour urgence vraie : appeler »
- Créneaux « portes ouvertes » : 2x 1h/jour pour questions équipe
- Technique du « pas maintenant, mais quand » : « Je ne peux pas maintenant, je peux te consacrer 15 min à 15h, ça te va ? »
Exercice 4 : Les indicateurs d’alerte personnalisés Sophie crée son « tableau de bord » personnel pour détecter précocement la re-dégradation :
Indicateurs physiques :
- Mal de tête >2x/semaine
- Réveils nocturnes >3x/semaine
- Tensions cervicales permanentes
Indicateurs émotionnels :
- Irritabilité inhabituelle
- Envie de pleurer fréquente
- Perte de plaisir dans ce qui en donne habituellement
Indicateurs comportementaux :
- Emails après 20h
- Zapper les pauses
- Annuler des sorties/activités perso
Seuil d’alerte : Si 3+ indicateurs présents pendant 1 semaine → demander de l’aide (coach, médecin, RH)
Effets éprouvés : « Je suis encore anxieuse mais je me sens armée. Le jeu de rôle m’a vraiment aidée, j’ai pu anticiper les objections de mon boss. Je sais ce que je vais dire, j’ai préparé mes arguments avec des faits. Je ne me sens plus victime, je reprends le pouvoir. Les indicateurs d’alerte, c’est comme un GPS, je saurai si je dévie de la route. »
SÉANCE 8 : Bilan, consolidation et plan de maintien
Objectifs :
- Mesurer le chemin parcouru
- Consolider les acquis
- Anticiper les rechutes et créer un plan de maintien
Déroulé :
Sophie arrive souriante : « Je ne vous aurais pas cru il y a 8 semaines, mais je vais vraiment mieux. » Elle a repris le travail depuis 3 semaines.
Exercice 1 : Les 3 roues comparatives
Roue de vie professionnelle (refaite) :
- Charge de travail : 2/10 → 6/10 (+4)
- Autonomie : 4/10 → 7/10 (+3)
- Relations collègues : 6/10 → 8/10 (+2)
- Reconnaissance : 2/10 → 5/10 (+3)
- Sens du travail : 5/10 → 7/10 (+2)
- Équilibre vie pro/perso : 1/10 → 6/10 (+5)
- Développement compétences : 3/10 → 7/10 (+4)
- Conditions matérielles : 5/10 → 6/10 (+1)
Questionnaire MBI (refait) :
- Épuisement émotionnel : 42/54 → 24/54 (zone orange → verte)
- Dépersonnalisation : 18/30 → 10/30 (amélioration nette)
- Accomplissement personnel : 22/48 → 38/48 (zone rouge → verte)
Indicateurs physiques :
- Tensions cervicales : quotidiennes → occasionnelles
- Maux de tête : 3-4x/semaine → 1x toutes les 2 semaines
- Troubles digestifs : largement réduits
- Réveils nocturnes : presque quotidiens → rares
- Palpitations : disparues
- Poids : stabilisé (2 kg perdus)
- Énergie générale : très améliôrée
Exercice 2 : L’inventaire des victoires Le coach fait lister tous les changements concrets :
Au travail :
- 4 tâches stratégiques déléguées avec succès
- Réunion mensuelle réussie avec le boss (RDV récurrent obtenu)
- Recrutement d’un coordinateur validé (arrivée dans 2 mois)
- Emails après 19h30 : 2-3/semaine max (vs 15-20 avant)
- 3 créneaux focus tenus chaque semaine
- Dit « non » ou « pas maintenant » 5-6 fois/semaine sans culpabilité
- Équipe plus autonome et satisfaite (feedback informel positif)
À la maison :
- Répartition des tâches avec conjoint effective (ajustements en cours)
- Course 1x/semaine respectée (7 semaines sur 8)
- Piano 2x/semaine (redécouverte du plaisir)
- 2 sorties avec amies réalisées
- Temps de qualité avec enfants (1 soirée/semaine sans téléphone)
- Mère : fratrie s’organise mieux (tour de rôle rendez-vous médicaux)
- Femme de ménage 2x/mois (soulagement immense)
En moi :
- Reconnexion au corps (body-scan quotidien)
- Cohérence cardiaque maintenue (2x/jour minimum)
- Identification émotionnelle plus fine
- Capacité à poser des limites sans culpabilité excessive
- Acceptation de l’imperfection
- « Je ne suis pas ma performance »
Exercice 3 : La lettre à soi-même Le coach demande à Sophie d’écrire une lettre à « la Sophie d’il y a 8 semaines » :
« Chère Sophie épuisée,
Je sais que tu souffres. Je sais que tu penses que tu n’y arriveras pas, que c’est sans issue. Je veux te dire que tu vas t’en sortir.
Dans 8 semaines, tu auras retrouvé l’énergie. Tu dormiras à nouveau. Tu riras avec tes enfants. Tu auras compris que tu as le droit de poser des limites, que tu n’as pas à être parfaite pour être respectable.
*Tu auras découvert que déléguer n’est pas un signe d’échec mais un acte de leadership. Tes collègues, ton boss, ton conjoint, tes enfants, ils ne t’aiment pas malgré tes limites, mais grâce au fait que tu es plus disponible, plus sereine, plus toi.
Regarde les chiffres : tes indicateurs sont tous passés au vert. Tu es sortie de la zone de danger professionnel et personnel. Ton corps te remercie : plus de maux de tête chroniques, plus de palpitations. Tes victoires sont concrètes : un coordinateur arrive, ton équipe est soulagée, tu cours et tu joues du piano.
N’oublie jamais ce que tu as appris :
- Ta valeur n’est pas ta productivité.
- Le « non » est la porte d’entrée du « oui » à ce qui compte vraiment.
- L’aide (conjoint, femme de ménage, fratrie) est une force, pas une faiblesse.
Accroche-toi, le chemin est là. Fais confiance à ta capacité à changer. Tu es plus forte que tu ne le crois. »
Conclusion de l’accompagnement et perspectives
Ces trois exercices de clôture (Les 3 roues comparatives, L’inventaire des victoires, La lettre à soi-même) ont permis à Sophie de visualiser de manière quantitative et qualitative l’ampleur de sa transformation en seulement deux mois d’accompagnement.
Synthèse des résultats :
- Roue de vie professionnelle : Gain moyen de +3 points par domaine, avec une amélioration spectaculaire de l’Équilibre vie pro/perso (1/10→6/10) et de la Charge de travail (2/10→6/10).
- MBI : Sortie nette de la zone de burn-out pour les trois dimensions, avec un passage de l’épuisement émotionnel de la zone orange à la zone verte, et de l’accomplissement personnel de la zone rouge à la zone verte.
- Indicateurs physiques et comportementaux : Disparition des symptômes physiques d’alerte (palpitations, maux de tête chroniques) et ancrage de nouvelles habitudes (délégation, focus time, self-care).
Les prochains pas de Sophie (Plan de maintien) :
- Consolidation des limites : Maintenir la vigilance sur les emails tardifs et les créneaux focus, surtout après l’arrivée du nouveau coordinateur.
- Pérennisation du soutien : S’assurer que les nouvelles répartitions de tâches à la maison et l’aide extérieure (femme de ménage, fratrie pour la mère) deviennent la nouvelle « norme » pour éviter l’effet yoyo.
- Vision long terme : Utiliser l’énergie retrouvée pour réfléchir à l’évolution de son rôle managérial (maintenant plus stratégique que pompier) et à ses projets personnels.
- Outils d’autonomie : Poursuivre la pratique quotidienne de la Cohérence Cardiaque et du body-scan comme outils de régulation émotionnelle.
Cet accompagnement a transformé une situation d’épuisement imminent en un nouveau leadership pour Sophie, fondé sur la gestion de l’énergie, la délégation éclairée et le respect de ses propres besoins.
Coaching professionnel : Parcours de transformation d’un manager supply en surcharge mentale
Contexte initial
Marc, 42 ans, Manager Supply Chain dans une entreprise agroalimentaire de taille moyenne (500 personnes). Marié, deux enfants de 8 et 11 ans.
État initial lors de la première séance
Marc arrive au coaching sur recommandation de son médecin traitant et avec l’accord de sa DRH. Il présente des signes inquiétants :
- Troubles du sommeil depuis 6 mois (réveils nocturnes vers 3h du matin)
- Difficultés de concentration croissantes
- Irritabilité inhabituelle avec ses équipes
- Sentiment de débordement permanent
- Palpitations et tensions musculaires
- Pensées intrusives même en week-end
- Sensation de « ne jamais en faire assez »
Analyse des causes
Causes objectives liées au travail
- Surcharge structurelle
- Équipe réduite de 30% après un plan social (passée de 10 à 7 personnes)
- Périmètre élargi : reprise de la logistique export en plus des flux nationaux
- Deux départs non remplacés dans son équipe depuis 9 mois
- Contexte organisationnel tendu
- Tensions récurrentes entre les ventes (promesses aux clients) et la production (capacités limitées)
- Marc en position de « tampon » permanent
- ERP obsolète nécessitant de nombreux « contournements » manuels
- Réunions quotidiennes de crise sur les ruptures de stock
- Exigences contradictoires
- Injonction à « optimiser les coûts » ET « améliorer le service client »
- Réduction des stocks ET maintien du taux de service à 98%
- Direction demandant des reportings hebdomadaires très détaillés
- Manque de reconnaissance
- Pas d’augmentation depuis 3 ans malgré l’élargissement des responsabilités
- Commentaires uniquement sur les dysfonctionnements, jamais sur les succès
- Sentiment d’invisibilité du travail accompli
Causes liées à la vie privée
- Situation familiale exigeante
- Épouse également en charge mentale importante (enseignante en REP+)
- Mère de Marc atteinte d’Alzheimer débutant, nécessitant une coordination familiale
- Fils aîné en difficulté scolaire, suivis réguliers avec l’école
- Charge domestique déséquilibrée
- Sentiment de « ne pas être assez présent » pour sa famille
- Week-ends souvent consacrés à « rattraper » le travail
- Peu de temps pour le couple
- Isolement social
- Abandon progressif des activités personnelles (football en loisir)
- Moins de contacts avec les amis
- Difficultés à « décrocher » même en présence de ses proches
Causes liées au fonctionnement psychique
- Schémas de pensée dysfonctionnels
- Perfectionnisme : « Si je ne le fais pas moi-même, ce ne sera pas bien fait »
- Hyperresponsabilité : « Si ça échoue, ce sera de ma faute »
- Difficulté à déléguer : « Ça ira plus vite si je le fais »
- Blessures identitaires
- Estime de soi indexée sur la performance professionnelle
- Peur d’être jugé « incompétent » s’il montre ses limites
- Besoin de prouver sa valeur en « tenant » malgré tout
- Croyances limitantes héritées
- « Un homme ne se plaint pas » (héritage paternel)
- « Le travail c’est sacré, on ne lâche pas »
- « Demander de l’aide, c’est montrer sa faiblesse »
- Mécanismes de défense contre-productifs
- Déni de ses limites
- Surinvestissement compensatoire
- Difficulté à identifier et exprimer ses émotions
Parcours de coaching : 8 séances sur 6 mois
SÉANCE 1 : Accueil et diagnostic – « Poser les mots »
Objectifs :
- Créer l’alliance de coaching
- Permettre l’expression sans jugement
- Évaluer l’urgence de la situation
- Amorcer la prise de conscience
Déroulement :
Le coach accueille Marc avec bienveillance. Après avoir posé le cadre (confidentialité, rythme des séances, co-construction), il invite Marc à raconter son histoire.
Exercice 1 : La ligne de vie professionnelle Marc dessine sur une grande feuille une ligne représentant son parcours professionnel avec les hauts et les bas. Il situe où il en est aujourd’hui.
« Je suis clairement dans un creux… même le plus bas de ma carrière. Et le pire c’est que objectivement, j’ai plutôt réussi. Mais je n’en peux plus. »
Exercice 2 : L’échelle de la surcharge (0-10) Le coach propose d’évaluer plusieurs dimensions :
- Charge de travail objective : 9/10
- Charge mentale ressentie : 10/10
- Épuisement émotionnel : 8/10
- Sentiment de contrôle : 2/10
- Satisfaction professionnelle : 3/10
Exercice 3 : « Si rien ne change… » « Marc, imaginez que dans 6 mois rien n’ait changé. Où seriez-vous ? »
Marc blêmit : « À l’hôpital ou en arrêt longue durée. Ou divorcé. Je ne peux pas continuer comme ça. »
Effets éprouvés :
- Soulagement immense d’avoir pu « vider son sac » sans être jugé
- Prise de conscience de la gravité de sa situation
- Première autorisation à reconnaître sa vulnérabilité
- Sentiment d’être enfin entendu : « C’est la première fois en un an que quelqu’un me demande vraiment comment je vais »
- Mélange d’espoir (quelque chose est possible) et d’inquiétude (ampleur du travail à faire)
SÉANCE 2 : Identification des priorités – « Débroussailler »
Objectifs :
- Distinguer l’urgent de l’important
- Identifier les marges de manœuvre
- Poser un premier acte de protection
Déroulement :
Exercice 1 : L’inventaire des charges Sur des post-its de couleurs différentes, Marc liste :
- Rose : tâches professionnelles
- Jaune : responsabilités personnelles/familiales
- Vert : activités ressourçantes (très peu de post-its verts…)
Il les organise sur une matrice urgence/importance.
Constat : 80% dans « urgent », seulement 30% dans « important »
Exercice 2 : Les cercles d’influence de Covey Le coach dessine trois cercles concentriques :
- Cercle d’influence : ce que je contrôle
- Cercle de préoccupation : ce qui m’affecte mais que je ne contrôle pas
- Cercle d’indifférence : ce qui n’a pas d’impact sur moi
Marc place ses préoccupations. Découverte : 70% de son énergie va vers le cercle de préoccupation (ex : les décisions stratégiques de la direction, la vétusté de l’ERP).
Exercice 3 : « Les 3 renoncements d’urgence » « Marc, s’il fallait identifier 3 choses auxquelles vous devez renoncer cette semaine pour vous protéger, quelles seraient-elles ? »
Après réflexion :
- Renoncer à consulter mes mails après 20h
- Renoncer à travailler dimanche
- Renoncer à assister à la réunion hebdomadaire « coordination commerciale » (où je suis rarement sollicité)
Exercice 4 : La lettre de permission Le coach invite Marc à s’écrire une courte lettre commençant par : « Je m’autorise à… »
« Je m’autorise à ne pas tout réussir. Je m’autorise à déléguer même si ce n’est pas parfait. Je m’autorise à demander de l’aide. »
Effets éprouvés :
- Vision plus claire de l’ampleur du problème (visualisation des post-its)
- Sentiment de retrouver un peu de contrôle en identifiant ce qui dépend de lui
- Anxiété à l’idée de « lâcher prise » sur certaines choses, mais aussi soulagement
- Première sensation de « respiration » à l’idée des renoncements
- Étonnement : « Je n’arrive pas à remplir les post-its verts… je n’ai plus rien qui me ressource »
SÉANCE 3 : Restructuration cognitive – « Désamorcer les croyances toxiques »
Objectifs :
- Identifier les pensées automatiques négatives
- Questionner les croyances limitantes
- Développer des pensées alternatives plus aidantes
Déroulement :
Bilan depuis la dernière séance : Marc a réussi à tenir ses 3 renoncements 4 jours sur 7. C’est un début.
Exercice 1 : La chasse aux pensées automatiques Le coach demande à Marc de repérer pendant la semaine ses « pensées réflexes » dans les moments difficiles.
Marc partage :
- « Je ne vais pas y arriver »
- « C’est ma faute si l’équipe est débordée »
- « Je devrais être plus fort »
- « Si je demande de l’aide, on va penser que je suis incompétent »
Exercice 2 : Le tribunal des pensées (inspiré des TCC) Pour chaque pensée, le coach invite Marc à :
- Identifier les preuves POUR cette pensée
- Identifier les preuves CONTRE
- Formuler une pensée alternative plus équilibrée
Exemple avec : « C’est ma faute si l’équipe est débordée »
- Preuves POUR : Je suis le manager, je dois organiser le travail
- Preuves CONTRE : L’équipe a été réduite de 30%, le périmètre a augmenté, les outils sont obsolètes, ma hiérarchie n’a pas validé les recrutements demandés
- Pensée alternative : « Mon équipe est débordée à cause d’un contexte difficile. Je fais ce que je peux avec les moyens disponibles et ce n’est pas suffisant. Ce n’est pas ma faute personnelle. »
Exercice 3 : L’arbre généalogique des croyances « Marc, d’où viennent ces injonctions que vous vous mettez ? »
Exploration émotionnelle : Marc réalise que ces exigences envers lui-même sont en grande partie héritées de son père, ouvrier qui n’a jamais manqué un jour de travail en 40 ans de carrière.
* »Je porte son regard sur moi. Je veux qu’il soit fier, même s’il n’est plus…là. Et j’ai peur de le décevoir, même encore aujourd’hui. »
Silence. Moment clé. Le coach laisse ce temps d’émotion se déployer. C’est une bascule : Marc passe du faire au ressentir, du mental à l’émotionnel.
SÉANCE 4 : Réalignement identitaire – “Redéfinir la réussite”
Objectifs :
- Redéfinir les repères de valeur personnelle
- Séparer l’identité de la performance
- Reconnecter avec les sources de fierté et de sens
Exercice 1 : La ligne des valeurs
Le coach invite Marc à lister ses 10 valeurs principales, puis à les hiérarchiser.
Les trois premières qui émergent : fiabilité, famille, transmission.
Constat : sa vie actuelle ne respecte plus ces valeurs. Il “trahit” malgré lui ce qui compte le plus : sa famille et la transmission à ses équipes.
Exercice 2 : Le CV inversé
Plutôt que de lister ses réussites, Marc liste ce qu’il a appris de ses difficultés.
Exemples :
- “De la surcharge, j’ai appris mes limites.”
- “De mes erreurs, j’ai appris à faire confiance.”
- “De la solitude, j’ai compris la valeur du soutien.”
Prise de conscience : “Je peux être fier non pas de tenir, mais d’apprendre à lâcher.”
Effets éprouvés :
- Allègement émotionnel visible : respiration plus ample, ton plus calme
- Premiers signes de repositionnement identitaire : “Je ne suis pas que mon poste”
- Début de réconciliation avec l’idée de vulnérabilité comme compétence
SÉANCE 5 : Mise en action – “Reprendre la main”
Objectifs :
- Transformer les prises de conscience en actions concrètes
- Expérimenter de nouveaux comportements managériaux
Exercice 1 : La délégation guidée
Marc choisit deux tâches à déléguer complètement pendant 15 jours.
Résultat :
- Les livraisons sont réalisées sans incident.
- Son adjoint se montre plus impliqué.
- Marc découvre que “déléguer, c’est aussi faire confiance.”
Exercice 2 : Les micro-pauses conscientes
Le coach propose une pratique simple : 3 fois par jour, 2 minutes de respiration ou de marche sans écran.
Après deux semaines : amélioration du sommeil, -40% de tension perçue selon son propre suivi.
Exercice 3 : Le rituel de clôture de journée
Écrire chaque soir trois phrases :
- Ce que j’ai accompli aujourd’hui
- Ce que je choisis de laisser pour demain
- Ce pour quoi je me sens reconnaissant
Effets observés : baisse du sentiment de débordement, meilleure séparation vie pro/vie perso.
SÉANCE 6 : Rééquilibrage global – “Réintroduire du vert”
Objectifs :
- Réintroduire des activités ressourçantes
- Retrouver du plaisir et de la vitalité
Le coach revient sur les post-its verts du début. Marc en rajoute trois :
- Reprendre le footing du dimanche matin
- Dîner en tête-à-tête avec sa femme une fois par semaine
- Passer un week-end sans ordinateur
Résultat après un mois :
- Amélioration du sommeil (+1h30 par nuit en moyenne selon son suivi)
- Plus grande disponibilité émotionnelle à la maison
- Feedback positif de ses collaborateurs (“Tu es plus à l’écoute”)
SÉANCE 7 : Consolidation – “Ancrer les nouveaux réflexes”
Marc construit avec le coach son plan de prévention du surmenage, avec trois volets :
- Signal d’alerte personnel : irritabilité, sommeil perturbé, tension dans les épaules.
- Actions de recentrage immédiat : pause respiration, partage avec un pair, marche.
- Routines hebdomadaires : sport, soirée sans écran, moment de gratitude.
Il partage ce plan avec sa DRH et son équipe. Geste fort : il devient modèle de régulation plutôt que victime de la surcharge.
SÉANCE 8 : Bilan – “Du contrôle à la conscience”
Évolution mesurable (autoévaluations comparées à la séance 1) :
| Dimension | Avant | Après |
|---|---|---|
| Charge mentale ressentie | 10/10 | 6/10 |
| Épuisement émotionnel | 8/10 | 4/10 |
| Sentiment de contrôle | 2/10 | 7/10 |
| Satisfaction professionnelle | 3/10 | 7/10 |
Marc conclut :
“Je ne suis plus dans la survie. Je commence à vivre à nouveau. J’ai compris que la performance durable passe par la lucidité et non par la résistance.”
Enseignements clés du cas Marc
La charge mentale managériale est un enjeu stratégique.
→ Selon l’ANACT (2024), près de 45% des cadres français déclarent “penser au travail la nuit ou le week-end”.
La surcharge n’est pas qu’une question de volume, mais de sens et de contrôle perçu.
→ Étude Harvard Business Review (2023) : 68% des managers en surcharge ne manquent pas de temps, mais de clarté sur leurs priorités.
Le coaching permet de déplacer le centre de gravité : du faire au être.
→ En 6 mois, Marc est passé de la contrainte à la conscience, du perfectionnisme à la responsabilité partagée.
Les micro-changements valent plus qu’un grand virage.
→ 3 renoncements + 3 rituels = une transformation durable.

FAQ — Coaching d’un manager épuisé : cas pratique et outils
Questions fréquentes sur la mission de coaching (diagnostic, séances, outils, résultats et plan de maintien)
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Quel était l’objectif de cette mission de coaching ?
L’objectif était d’aider un manager en situation d’épuisement (Sophie) à sortir d’un cercle vicieux professionnel et personnel : redétecter un risque de burn-out, stabiliser la santé, restaurer l’énergie et transformer son management par la délégation et la gestion de l’énergie.
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Qui est Sophie et quelle était sa situation initiale ?
Sophie, 42 ans, responsable supply chain d’une équipe de 12 personnes, arrivait très fatiguée avec des signes cliniques (sommeil perturbé, maux de tête, palpitations) et un stress chronique lié à une surcharge de travail, des responsabilités élargies, une hyperconnexion et une charge familiale élevée.
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Quelles causes ont été identifiées comme principales du problème ?
- Causes professionnelles : surcharge structurelle après restructuration, interruptions constantes, objectifs contradictoires, manque de reconnaissance.
- Causes personnelles : charge familiale importante, parent malade, conjoint souvent absent, isolement social.
- Fonctionnement psychique : perfectionnisme, syndrome du sauveur, difficulté à déléguer, pensées automatiques négatives, alexithymie légère et ruminations.
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Comment le coach a-t-il évalué le niveau de burn-out ?
Par le Maslach Burnout Inventory (MBI) en séance 1. Bilan initial : épuisement émotionnel élevé (42/54, zone rouge), dépersonnalisation intermédiaire (18/30), accomplissement personnel bas (22/48). Ces mesures ont servi de référence pour suivre la progression.
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Quelle différence entre coaching conversationnel et tutorat/mentorat observée dans ce cas ?
Le coaching conversationnel vise à déclencher des prises de conscience via des questions puissantes. Dans ce cas précis, le coach a aussi prescrit des exercices (quasi-tutorat) parce que la cliente était trop « sous l’eau » pour s’auto-organiser. C’était donc un mélange adapté aux besoins immédiats.
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Quels outils et méthodes ont été utilisés durant les séances ?
- MBI (Maslach Burnout Inventory)
- Roue de la vie professionnelle
- Cartographie énergie / inventaire des voleurs d’énergie
- Matrice d’Eisenhower et time-boxing
- Méthodes de délégation SMART et jeux de rôle
- Body-scan, cohérence cardiaque (3-6-5) et micro-pauses
- Journal émotions–besoins et plan de maintien avec indicateurs d’alerte
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Quelles prescriptions d’urgence ont été posées dès les premières séances ?
- Consulter un médecin sous 48h (arrêt de travail possible).
- Tenir un journal émotionnel court (3 lignes/jour).
- Commencer à noter les heures réelles de travail.
- Trois limites non négociables : pas d’emails après 19h30, pause déjeuner de 30 min minimum, un soir par semaine sanctuarisé sans téléphone.
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Comment la délégation a-t-elle été travaillée concrètement ?
Par une démarche progressive : exploration des peurs (iceberg), cartographie des talents de l’équipe, matrice de délégation (qui peut faire quoi), scripts SMART pour transmettre responsabilités et jeux de rôle (ex. reporting confié à Marc). Résultat : plusieurs tâches opérationnelles et stratégiques déléguées avec succès.
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Quelles techniques ont aidé Sophie à se reconnecter à son corps et réguler ses émotions ?
- Body-scan guidé quotidien pour repérer les tensions.
- Cohérence cardiaque (3 fois/jour, 6 respirations/minute pendant 5 minutes).
- Journal émotions→besoins→action pour augmenter la granularité émotionnelle.
- Rituels de micro-récupération (3 pauses de 5 minutes/jour : étirements, marche, respiration, musique).
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Comment Sophie a-t-elle préparé la reprise et les conversations difficiles au travail ?
Par des exercices de décatastrophisation, la préparation d’un script structuré pour rencontrer son manager (constat factuel, besoins, demandes concrètes) et des jeux de rôle pour anticiper les objections. Elle a aussi défini des indicateurs d’alerte personnels et des règles pour protéger son temps (message d’absence, créneaux portes ouvertes, technique « pas maintenant mais quand »).
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Quels indicateurs d’alerte ont été définis pour éviter la rechute ?
- Indicateurs physiques : maux de tête >2x/semaine, réveils nocturnes >3x/semaine, tensions cervicales permanentes.
- Indicateurs émotionnels : irritabilité inhabituelle, envie de pleurer fréquente, perte de plaisir.
- Indicateurs comportementaux : emails après 20h, suppression des pauses, annulation d’activités personnelles.
- Seuil d’alerte : 3+ indicateurs présents pendant une semaine → demander aide (coach, médecin, RH).
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Quels résultats concrets ont été observés après 8 séances ?
- Amélioration MBI : épuisement émotionnel 42→24, accomplissement personnel 22→38.
- Roue de vie professionnelle : gains moyens de +3 points/domaines (équilibre pro/perso 1→6).
- Réduction nette des symptômes physiques et stabilisation du poids.
- Délégations mises en place, recrue validée, routines de self-care ancrées, qualité de vie retrouvée.
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Quel est le plan de maintien recommandé pour pérenniser les acquis ?
- Consolider les limites (horaires emails, créneaux focus).
- Pérenniser le soutien domestique et familial (répartition durable, aide extérieure).
- Maintenir la pratique quotidienne de cohérence cardiaque et body-scan.
- Utiliser l’énergie retrouvée pour passer à un rôle managérial plus stratégique et anticiper recrutements/ressources.
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Combien de temps faut-il généralement pour observer une amélioration similaire ?
Dans ce cas, la transformation notable est survenue en 8 semaines avec un accompagnement structuré et des exercices quotidiens. La durée varie selon la gravité, l’engagement du client et le soutien médical ou organisationnel, mais des améliorations peuvent apparaître dès 2 à 6 semaines pour des actions ciblées (limites, délégation, régulation corporelle).
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À qui s’adresse ce type d’accompagnement ?
Aux managers et cadres confrontés à une surcharge durable, à des signes d’épuisement professionnel ou à un déséquilibre pro/perso, qui souhaitent retrouver régulation émotionnelle, efficience et un leadership fondé sur la gestion de l’énergie plutôt que sur le contrôle permanent.







