Comment se passer d’outils de coaching et créer l’effet coaching à l’état pur, au coeur même de la relation, dans l’instant présent, directement… Coacher sans besoin d’outils de coaching : Coacher « à mains nues » ! J’adore cette expression, qui n’est pas de moi (il paraît qu’elle serait de Reine-Marie Halbout, m’ a confié récemment une de ses connaissances). Je l’ai entendu d’une autre personne aussi, dans une conversation récemment. Elle me fait sourire, parce qu’elle m’évoque quelque chose de rude, qui serait authentique, par opposition à une manière de coacher qui le serait moins, en ayant recours à des artifices comme des outils de coaching divers (tests, jeux, mises en situation, diagnostics, etc…). Un peu comme s’il pouvait exister une graduation entre plusieurs niveaux de coaching : le coaching « ceinture noire » (celui des champions qui n’ont pas besoin d’intermédiaires ni d’outils), et le coaching des « bricoleurs », qui amoindriraient la portée de leur impact, tout en cherchant à l’augmenter en vain par des outils qui ne serviraient finalement qu’à les rassurer de leurs doutes intimes… Ce n’est pas loin d’être ce que je pense, en fait ! Mais nous allons tenter de préciser notre pensée et de nuancer cette position, en nous amusant avec tout cela, qui ne sont que des mots et des concepts… « Coacher à mains nues », cela me fait penser à :

Quelle arrogance, si on va par là ! Et quelle aimable plaisanterie… Et pourtant, je vais tenter d’en dire encore quelques mots, pour partager avec vous ce que m’évoque de positif cette image, somme toute sympathique, si on fait abstraction de la prétention qui pourrait la sous-tendre ! Pour ma part, je n’utilise quasiment pas d’outils de coaching, ou très rarement, et je donnerai quelques exemples de ce qu’ils peuvent apporter ponctuellement, sans nuire à la « pureté » du coaching des origines (celui qu’on pratiquait sans doute « à mains nues » au fond des cavernes primitives 🙂

coacher à mains nues

Coacher : Des mains pour accueillir ce qui est présent, et travailler avec

Coacher sans artifice, coacher sans outils de coaching…

… directement « entre mon coeur et ton coeur », comme pourraient le dire des pratiquants du zen (« I shin den Shin »). Coacher s’inscrit toujours dans le moment présent, en accueillant ce qui est, sans jugement et sans bavardage intérieur, depuis une écoute profonde de soi, de l’autre et de l’environnement. Une écoute flottante, sans objet, une ouverture presque sans intention, une disponibilité intérieure offerte, afin de laisser émerger ce qui peut être partagé en cet instant. Alain Cardon insiste volontiers sur la force du silence en coaching dans la pratique du coaching. Et il a raison. mais ce silence n’est pas à prendre à la lettre :

L’effet coaching procède justement de cette ouverture, qui fait miroir et sert de catalyseur à la conscience du client, en train de se regarder penser, pour mieux se préparer à agir.

outils de coaching : le miroir

La métaphore du miroir
pour se voir

Des outils de coaching parfois utiles

Les outils de coaching peuvent être nécessaires parfois, pour coacher plus vite ou plus loin… ou tout simplement parce qu’ils donnent confiance au client ou au coach. Quel mal y a-t-il à cela ? Un test 360 ou un diagnostic des préférences cérébrales comme le MBTI peuvent parfois être une introduction qui fait gagner beaucoup de temps dans un coaching. Ces outils de coaching indiquent des pistes que le client peut choisir de poursuivre pour se développer et modifier sa situation professionnelle. Grâce à cela il avancera vers ses objectifs et cela contribuera au coaching en catalysant son démarrage. C’est parfois très intéressant. Une mise en situation peut également provoquer des prises de conscience, si par exemple le client joue quelques mesures d’une situation de management sur laquelle il est en train de travailler. Le coach pourrait l’inviter à changer de place dans la pièce pour visualiser la relation qu’il entretient avec l’interlocuteur, à qui il faisait mine de parler dans le jeu de rôle précédent. Il pourrait par exemple venir s’asseoir à la place du coach, pour ressentir ce qu’il ressentirait lui-même,  si quelqu’un lui disait à lui ce qu’il vient de dire. De tels jeux, très simples et conduits avec bienveillance, développent une meilleure empathie, et suffisent parfois à provoquer un changement salutaire… Ce ne sont là que deux simples exemples d’outils de coaching qui aident le client à se coacher. Il y en a beaucoup d’autres :

Prendre contact avec votre prochain superviseur

Il paraît que c'est toujours "maintenant" le meilleur moment pour se mettre en chemin vers l'excellence ! Prenez donc contact par téléphone. En une demi-heure, nous verrons ensemble quelle valeur devrait créer pour vous un dispositif de supervision, pour vous aider à progresser dans votre art du coaching. Faire décoller votre business, créer votre prochain client, optimiser vos séances, la supervision va vous faire cranter en avant d'une manière significative.

Notre premier échange en mode supervision ?

Pas besoin d’outils de coaching pour bien coacher

De quoi avons-nous besoin pour coacher ? De rien d’autre que soi en miroir face au client, tous deux disposés à s’accompagner dans la réflexion du client en train d’avancer vers ses objectifs. L’effet coaching va survenir d’une manière mystérieuse, aux détours de l’alchimie secrète de la relation, lorsque le client va vivre un déclic, un déblocage, une ouverture, une prise de conscience, un afflux de détermination nouvelle… Les outils n’y peuvent rien, cela se produit naturellement, comme l’amitié ou l’empathie, quand deux sensibilités se rencontrent et font comme un arc électrique. Quelque chose se connecte qui favorise l’insight en coaching et ouvre de nouvelles perspectives au client. Il y a dans la relation de coaching, une sorte de coaching spontané, comme si quelque chose se mettait à coacher sans votre intervention directe, sans qu’on n’y puisse pas grand chose, et qui ne repose pas sur des outils. Même le silence, s’il venait à être utilisé comme un outil, serait impuissant à provoquer l’effet coaching. Ce dernier vient, indépendamment qu’il y ait des outils ou non, du silence ou des mots, il vient de la rencontre profonde et fraîche, qui crée la connexion…(voir : coaching efficace)

Compétence inconsciente

En Coaching, il vous est peut-être ainsi arrivé de ne plus savoir, de ne plus savoir quoi faire, après avoir tout essayé : votre client ne débouche pas, et vous vous enlisez avec… Et là, obligé que vous êtes de lâcher prise, vous arrêtez enfin d’essayer de « faire du bon Coaching »… Alors, dans cet état d’abandon et d’acceptation du fait de se sentir dépassé, si pourtant on continue d’accompagner, en n’essayant plus de faire quoi que ce soit, il peut se produire un étrange phénomène de coaching spontané : cela se met à Coacher à travers vous, sans que vous ne dirigiez plus rien. Vous sentez que le client approfondit sa réflexion, et… que vous n’y êtes pour rien. Mais vous êtes là, à ses côtés, pleinement disponible, tranquille, parfaitement enraciné dans votre rôle de coach. Il semble que votre client soit en train de réussir son Coaching…tout seul, presque malgré vous ! (les anciens chinois appelaient cela le Wu-wei, le « non agir » – Lire à ce sujet le « Traité de l’efficacité » de François Jullien). On dirait que ça marche, comme par miracle… On peut s’interroger sur la nature de cet état, que des artistes par exemple, ont pu décrire, quand ils étaient pris par l’inspiration (de même que des champions sportifs se surpassant aux Jeux Olympiques, ou des guerriers en situation de danger extrême)… Ce phénomène est bien connu. la psychologie positive a nommé cet état « le Flow », les sportifs appellent cela « entrer dans la zone ».

Dans le coaching spontané, il y a quelque chose d’impersonnel qui se met en place, dès lors qu’on accepte d’être dépassé. C’est comme si la Force se témoignait enfin quand on accepte de reconnaître notre fragilité (voir à ce sujet : vulnérabilité et force intérieure)… Pour ceux que ceci fascine, il y a peu de littérature qui parle de cet état second, de ces mini transes dans lesquelles vous restez pourtant parfaitement éveillé et conscient de tout. Il faut peut-être aller creuser du côté de témoignages de personnes engagées dans la spiritualité (lire à ce sujet : « après l’extase, la lessive » de Jack Kornfield), ou des recherches scientifiques sur les états modifiés de la conscience. Les chamanes provoquent parfois de tels états par des plantes (dont les drogues ne sont paraît-il que de pâles reflets de synthèse), mais nous parlons, nous, d’un état qui s’obtient sans aucune substance, sans violence, et sans choc en retour (et donc heureusement sans effets secondaires désagréables ou préjudiciables). Cela se vit juste par la concentration et le désir intense d’être là, accompagnant un client avec sincérité, au sein d’un relâchement profond de la volonté

Libérez la puissance de votre coaching !

Dans notre formation au coaching de l’énergie, nous travaillons de près cette question de l’état de présence en coaching. Le coaching de l’énergie est une approche de la relation, originale, centrée et puissante. Les coachs de tous horizons pourront y trouver de l’inspiration, et un miroir pour réfléchir à leur propre pratique. Dans ce livre, nous partageons avec vous la synthèse de notre propre expérience de vingt ans de pratique quotidienne du coaching.

1- Bien u-delà des outils du coaching, c’est surtout votre qualité de Présence à l’instant présent, votre enracinement dans l’instant présent (donc forcément dans votre propre corps, par voie de conséquence), qui permet puissamment l’insight du client, lequel lui ouvre des perspectives nouvelles et le fait déboucher sur les solutions qu’il souhaite mettre en oeuvre pour atteindre des résultats en rupture. (voir cet article : s’enraciner dans le présent) 2- C’est la structure de votre coaching qui permet au client de se sentir confortable et d’investir tout l’espace de son coaching, parce qu’il comprend ce à quoi vous l’invitez. En voyant bien le fil rouge, il peut en suivre les étapes, il peut même se payer le luxe de digressions, et vous pouvez vous les lui accorder parce que la structure est claire et ne vous quitte pas. Elle est donc toujours accessible, comme une rampe d’escalier, qui rassure et conforte le système. Vous retrouverez votre chemin sans problème une fois refermées les parenthèses ouvertes… 3- C’est le contrat de coaching, qui justifie et permet ce travail un peu « artificiel » qu’est le coaching (artificiel : parce que pas ordinaire, même s’il ne s’y passe rien que de très naturel au sein de la relation).

Comme vous le voyez : enracinement, structure, contrat permettent de bien poser le cadre du coaching. Nous développerons amplement ces différents points dans un prochain chapitre dédié à la l’énergie de la Terre dans notre méthode de coaching en 4 temps (voir cet article : rythmer un coaching).

Les deux outils majeurs du coaching

Les deux outils majeurs du coaching sont la posture et la respiration :

Soyez vigilants à votre posture
Soyez attentif à votre respiration.
En marchant dans la rue, en étant debout dans le métro, en conduisant, en regardant la télé, en pratiquant le coaching : tout le temps. Sentez comment cela inspire et comment cela expire en vous.
  • A l’inspire, sentez comme vous êtes inspiré (comme si une muse vous suggérait des idées nouvelles au creux de l’oreille)
  • A l’expire, vous êtes expiré et vous accompagnez ce mouvement de lâcher prise en renonçant et en laissant se dissoudre…
  • A la fin de l’expire, vous ne faites RIEN,  vous observez, vous attendez, et cela vous inspire à nouveau… Mais juste après l’expire et juste avant l’inspire, vous êtes-là, disponible, prêt à tout, sans commentaire, sans intention…
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Paul Devaux

Coach professionnel

Depuis 25 ans, Paul pratique le Coaching professionnel en entreprise, dans une approche systémique. Accrédité à la Société Française de Coaching en 2008, il est également formateur et superviseur de Coachs depuis 2010. Egalement fondateur d'une école de coaching (voir NRGY-trainig.fr).

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