Dans cette séance de supervision d’un coach débutant, nous verrons :

Pour clarifier, nous appellerons « client » le client du coach, et « coach-client » le coach débutant qui sollicite une supervision.

A Retenir

Place du contexte et du problème en coaching

Coach-client : « Je ne m’en sors pas : parmi mes tout premiers clients, j’en ai un dont le coaching n’avance pas. Le client est submergé pas ses émotions négatives. Il ne parvient pas à envisager de bons côtés à sa situation actuelle, tant personnelle que professionnelle. Il ne parvient pas à prendre de recul ou de hauteur, comme le souhaiterait sa hiérarchie, pour se projeter et construire une trajectoire positive et gagnante…

Nous avons pourtant fait un entretien tripartite, au cours duquel nous nous étions mis d’accord sur ces objectifs, mais le client tourne en rond et je n’arrive pas à le faire sortir de ces boucles. Je voudrais voir ce qui dans ma posture n’est peut-être pas OK, ou trouver d’autres pistes que je n’ai pas encore proposées. Je propose de vous raconter un peu le contexte, pour que vous compreniez… »

Commentaire : La proposition du coach consistant à vouloir raconter le contexte pour que le superviseur comprenne est classique (et se produit également très fréquemment entre un client et un coach. C’est d’ailleurs le cas dans ce coaching, où le client, précisément, tourne en rond dans la narration de ses problèmes… sans doute pour que le coach les comprenne bien !). Deux choix s’ouvrent pour le superviseur (ou le coach) dans ce cas de figure :

Mais ce deuxième processus est inconfortable pour le mental du coach-client, parce qu’il est nouveau et en rupture avec la dynamique dans laquelle il est pris. Cependant, c’est justement ce pour quoi il consulte un superviseur. Donc, quand c’est possible, je privilégie le fait de faire l’économie de l’exposé du problème. Je préfère proposer à mon interlocuteur de se mettre à élaborer des pistes de solutions plutôt qu’à décrire l’espace qui ne contient pas de solutions….

Superviseur : « Puis-je vous proposer de procéder différemment : supposez plutôt que je connaisse déjà ce contexte spécifique (ce qui n’est pas le cas) et que vous n’ayez pas besoin de me le décrire, ou que vous veniez de finir de me le raconter, quelles pistes de solutions choisiriez-vous de commencer à explorer ? »

Coach : « D’accord… (silence)… puis il dit qu’il ne trouve pas de solution, qu’il n’a pas d’idée, qu’il tourne en rond, qu’il est coincé etc… (bref il décrit quand même l’espace problème, non pas celui du client, mais le sien)

Superviseur : « Et si vous convoquiez maintenant votre superviseur interne ? Autrement dit, je vous invite à vous décaler de votre posture mentale présente, pour prendre un pas de côté et proposer à un coach comme vous dans cette situation, une question qui pourrait l’aider à prendre du recul par rapport à la situation dans laquelle il s’enlise… »

Commentaire : Il y a probablement là un écho systémique ou transfert entre la posture dans laquelle le client met le coach et la posture dans laquelle le coach met le superviseur. Le coach s’en rend d’ailleurs compte en reconnaissant que le client le met en position de sauveur, qu’il prend peut-être trop à coeur le désir d’aider le client à s’en sortir, et son attente vis-à-vis du superviseur, qu’il l’aide à s’en sortir…

Superviseur : « Si je comprends bien, vous ne pouvez pas changer le client. Et dans la position où je me retrouve je ne peux rien non plus pour vous. Donc dans ce système à trois la seule personne qui ait un pouvoir ici c’est celle du milieu : vous ! Vous pouvez changer quelque chose, maintenant, dans la manière de poser votre équation dans cette séance de supervision. Au lieu d’attendre de moi des solutions à votre problème comme a l’air de le faire avec vous votre client, vous pouvez vous remettre en position active et prendre en mains votre séance de supervision… »

Coach-client : « Si je devais me poser une question, je dirais :

Superviseur : « Super, toutes ces pistes proposées par votre superviseur intérieur, qui décoincent le coach que j’ai en face de moi ! Laquelle vous inspire le plus, avec laquelle vous souhaitez commencer à travailler, maintenant ? »

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La question de la crédibilité du coach débutant

Coach-client : « ma crédibilité ! Je me sens challengée par cette situation dont je ne vois pas comment me sortir par le haut. Le client me raconte son problème et son mal vécu, je lui propose de regarder ce qu’il pourrait faire pour s’en sortir et il me répond qu’il ne sait pas, qu’il a déjà tout fait sans succès, et qu’il n’a pas d’autres pistes, parce que c’est plutôt aux autres de résoudre cette situation en lui accordant la reconnaissance qu’il mérite… »

Superviseur : « Oui, un peu comme vous avec moi, en ce moment 🙂 »

Coach-client : « Oui… »

Superviseur : « Dans le fond, vous posiez la question de votre périmètre, de votre légitimité, et cela renvoie à la demande et aux objectifs du contrat : dans quelle mesure ce client est-il vraiment demandeur d’une prestation de coaching, à proprement parler ? Apparemment, d’après ce que vous décrivez, il ne souhaite pas chercher de solutions, puisqu’il dit tout de suite qu’il n’y en a pas, que la solution ne dépend pas de lui mais de la reconnaissance et des moyens qu’on ne lui accorde pas… »

Coach-client : « oui, c’est bien ça le problème depuis le début, avec ce coaching prescrit, je ne suis pas sûr que ce client veuille de ce coaching, même s’il semble me faire confiance et apprécier de parler avec moi… mais j’aimerais bien l’aider à sortir de ce bloquage pour se remettre en mouvement vers des solutions, qu’il pourrait mettre en oeuvre et qui décoinceraient la situations »

Superviseur : « Oui vous aimeriez bien, mais pas lui, apparemment. Peut-être que vous ne pouvez pas le coacher malgré lui ? Vous ne pouvez pas lui faire trouver des solutions s’il ne souhaite pas en chercher… Regardez cet homme au fond de la salle qui boit son café (la séance se déroule dans un bistro), moi aussi j’aimerais bien l’aider en coaching sur des objectifs qu’il aurait… mais je ne peux pas le faire, parce qu’il ne me demande rien ! Que se passerait-il si vous confrontiez votre client avec cette réalité qu’il n’entre pas vraiment dans SON coaching ? » Coach-client : « Je vais le faire, on verra bien…et j’espère qu’il va choisir d’y entrer dans SON coaching, et d’y prendre toute sa place… »

Gagner en acceptant de perdre ?

Superviseur : « Et si vous ne nourrissiez aucun espoir dans aucun sens, puisque en effet ce n’est pas votre coaching mais le sien (mais dont il ne veut pas encore apparemment) ? Si vous acceptiez par avance que ce coaching n’a peut-être jamais commencé et que le mieux serait de le reconnaître et d’accepter même éventuellement de le clôturer plutôt que de continuer à tourner en rond pour aucun bénéfice pour personne ? »

Coach-client : »Oui, mais quand même, je suis là pour accompagner les gens, pas pour ne pas les accompagner ! »

Superviseur : « Vous êtes là pour accompagner… des gens qui veulent travailler eux-mêmes sur des solutions, par pour tirer des boulets malgré eux vers des solutions qu’ils ne veulent ni trouver, ni mettre en oeuvre… Vous valez plus que ça et vos client aussi… »

Coach-client : « Un coach plus expérimenté que moi réussirait peut-être, alors j’aimerais trouver le moyen de progresser et de réussir »

Superviseur : « Moi, en tout cas, je ne parviendrais pas à coacher quelqu’un sans sa participation volontaire à la démarche même du coaching. Selon vous, qui est le plus coach : celui qui tente de s’agripper pour faire durer les séances avec quelqu’un qui n’y entre pas, ou celui qui reconnaît qu’il manque la demande et la motivation pour initier ce coaching ? Si ce coaching s’interrompt parce que vous cessez de le porter et de le nourrir, vous ne pourrez plus « faire du coaching » avec cette personne, c’est certain. Mais vous « serez coach » pour de vrai… »

Etre coach

Coach-client : « Je ne voulais pas en arriver là, parce que j’ai besoin de m’entraîner, parce que j’ai envie de devenir coach, parce que j’ai envie d’aider cette personne. Mais je me rends compte que j’apprendrai davantage à être coach en confrontant ce client avec sa non-demande, plutôt qu’en continuant à me laisser embarquer dans un processus qui n’avance pas… Et peut-être que s’il y a une chance de sauver ce coaching c’est en y renonçant. D’ailleurs (et j’ai bien compris qu’il ne s’agit pas de sauver le client), pourquoi même vouloir sauver ce coaching ?… »

Superviseur : « …Pour sauver le coach 🙂  ? De quoi faudrait-il le sauver ? Vous n’avez pas besoin d’être sauvée…vous n’avez rien à perdre en laissant ce client libre de ne pas entrer dans son coaching. Qu’allez-vous gagner en acceptant de perdre éventuellement ce non-coaching ? Quel coach expérimenté et puissant allez-vous devenir, en assumant votre posture de coach complètement, et en confrontant votre client avec beaucoup de gentillesse et de tact comme vous l’envisagez ?  »

Coach débutant (qui décidément commence vraiment à devenir coach, notamment avec cette nouvelle prise de conscience) : « Ce premier coaching m’aura de toutes façons beaucoup appris, qu’il se poursuive ou non. …Et il m’apprendra peut-être encore plus s’il s’interrompt. …J’accepte cette possibilité, et je comprends que ce coaching ne pourra réussir que si moi, je commence par lâcher prise… De toutes façons, j‘ai déjà gagné quand j’accepte que le client refuse. Des clients j’en trouverai d’autres, ou plutôt : d’autres me trouveront. »

Superviseur : « Oui, beaucoup, beaucoup d’autres, et probablement d’autant plus que vous serez disponible et sans attente, en effet… »

Comment Débloquer un Coaching qui N’avance Pas ?

Il arrive parfois qu’une dynamique de coaching stagne. Le coaché semble tourner en rond, les objectifs ne progressent plus, ou une résistance insidieuse s’installe. Face à un coaching qui n’avance pas, il est essentiel pour le coach de ne pas rester passif, mais d’adopter des stratégies proactives et bienveillantes pour relancer le processus. Plusieurs techniques et approches peuvent être mobilisées pour identifier la source du blocage et aider le coaché à retrouver son élan.

I. Identifier la Source du Blocage

Avant d’appliquer une technique, il est crucial de comprendre d’où vient la stagnation. Le blocage peut venir du coaché, du coach, de la relation entre eux, ou du contexte.

A. Du Côté du Coacheé :

B. Du Côté du Coach :

C. De la Relation Coach-Coacheé :

II. Techniques pour Relancer la Dynamique

Une fois les pistes de blocage identifiées, le coach peut déployer différentes techniques. L’approche doit toujours être menée avec bienveillance, respect et une communication ouverte.

A. Revitaliser les Objectifs :

  1. Réalignement des objectifs (SMARTer) :
    • Technique : Reprendre le contrat de coaching. Demander au coaché si les objectifs sont toujours pertinents, inspirants, et si la vision de succès est claire. Utiliser la méthode SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste, Temporellement défini) pour affiner ou reformuler l’objectif.
    • Application : « Revenons à votre objectif principal. Est-il toujours ce qui vous motive le plus ? Et si nous le rendions encore plus précis et mesurable ? À quoi sa réussite ressemblerait-elle concrètement pour vous ? »
  2. Visualisation du succès/échec :
    • Technique : Inviter le coaché à se projeter de manière très sensorielle dans l’atteinte de son objectif. Inversement, lui faire visualiser les conséquences de ne pas agir.
    • Application : « Décrivez-moi en détail ce que vous verrez, entendrez, ressentirez quand cet objectif sera atteint. Quelles seraient les implications pour vous de ne pas y arriver ? »

B. Confronter la Résistance et les Croyances Limitantes :

  1. Exploration des bénéfices secondaires du blocage :
    • Technique : Aider le coaché à prendre conscience de ce qu’il « gagne » inconsciemment à ne pas avancer.
    • Application : « Si cette situation ne change pas, quel est l’avantage caché pour vous ? Qu’est-ce que cela vous permet d’éviter, ou de maintenir ? »
  2. Questionnement des croyances limitantes :
    • Technique : Identifier la croyance et la remettre en question. « Est-ce que c’est toujours vrai ? Qui dit ça ? Et si ce n’était pas vrai ? Quelle serait la croyance opposée ? »
    • Application : Si le coaché dit « Je ne suis pas assez bon », le coach pourrait demander : « Sur quoi vous basez-vous pour affirmer cela ? Y a-t-il eu des moments où vous vous êtes senti ‘assez bon’ ? Qu’est-ce qui se passerait si vous pensiez l’inverse ? »
  3. La « chaise vide » (PNL/Gestalt) :
    • Technique : Utiliser une chaise vide pour représenter le blocage, la peur, ou une personne impliquée. Le coaché dialogue avec cette représentation.
    • Application : « Imaginez que votre peur de l’échec est assise sur cette chaise. Qu’aimeriez-vous lui dire ? Et si elle pouvait vous répondre ? »

C. Changer la Perspective et le Cadre :

  1. Recadrage (Reframing) :
    • Technique : Proposer une nouvelle interprétation de la situation ou du problème, qui ouvre de nouvelles possibilités.
    • Application : Au lieu de « Je suis submergé par les tâches », recadrer en « Comment puis-je prioriser mes actions pour regagner le contrôle de mon temps ? »
  2. « Faire comme si… » (As If) :
    • Technique : Demander au coaché de se comporter comme s’il avait déjà atteint son objectif ou surmonté son blocage.
    • Application : « Si vous étiez déjà le manager confiant que vous aspirez à être, comment réagiriez-vous à cette situation demain ? »
  3. Explorer les niveaux logiques (Dilts) :
    • Technique : Remonter ou descendre les niveaux (environnement, comportements, capacités, valeurs/croyances, identité, mission) pour identifier où se situe le blocage et où l’action serait la plus pertinente.
    • Application : Si le blocage est au niveau comportemental (« Je n’arrive pas à passer ce coup de fil »), monter aux capacités (« Quelles compétences me manquent ? »), puis aux valeurs (« Qu’est-ce qui est important pour moi en faisant cet appel ? »), ou même à l’identité (« Quel genre de personne suis-je quand j’agis ainsi ? »).

D. Renforcer la Relation et l’Engagement :

  1. Feedback et Confrontation Bienveillante :
    • Technique : Partager l’observation de la stagnation, sans jugement, et inviter le coaché à réagir.
    • Application : « Je remarque que nos dernières séances ont moins progressé que d’habitude. Qu’est-ce qui se passe pour vous en ce moment ? Qu’est-ce que vous percevez de mon côté ? »
  2. Réévaluer le contrat de coaching :
    • Technique : Discuter ouvertement de la pertinence de poursuivre le coaching si le blocage persiste ou si les objectifs ont changé radicalement.
    • Application : « Est-ce que ce coaching est toujours le bon format pour vous en ce moment ? Avons-nous besoin de réajuster nos objectifs ou la fréquence de nos séances ? »
  3. L’humour et la légèreté :
    • Technique : Parfois, un peu d’humour bien placé peut désamorcer la tension et aider le coaché à prendre du recul sur son blocage.
    • Application : « On dirait que votre ‘mur’ est particulièrement tenace aujourd’hui ! Et si on essayait de le contourner par le côté inattendu ? »

E. Utiliser des Outils Créatifs et Énergétiques :

  1. Dessin ou collage :
    • Technique : Demander au coaché de dessiner ou de représenter son blocage, sa situation idéale, ou les ressources dont il a besoin.
    • Application : « Représentez-moi ce blocage. Comment il se manifeste visuellement ? Qu’est-ce qu’on peut ajouter ou retirer pour le faire évoluer ? »
  2. Mouvements physiques ou ancrages :
    • Technique : Utiliser le corps pour exprimer le blocage ou ancrer un état ressource.
    • Application : « Si ce blocage avait une forme physique, quelle serait-elle ? Et comment le corps se sentirait-il si ce blocage était levé ? »

III. Quand le Blocage Persiste : Le Rôle de la Supervision et les Limites du Coaching

Si malgré ces techniques, le coaching reste bloqué, il est impératif pour le coach de ne pas s’acharner seul.

A. La Supervision : Un Outil Indispensable :

B. Reconnaître les Limites du Coaching :

Débloquer un coaching demande de la flexibilité, de la créativité, de la patience et une écoute aiguisée. C’est un test pour le coach, une opportunité de croissance pour le coaché, et un rappel constant que l’accompagnement humain est une danse subtile, où l’adaptation et la remise en question sont les clés du mouvement. En adoptant une posture proactive et en s’appuyant sur les principes éthiques et les outils de sa profession, le coach peut aider son coaché à traverser ces périodes de stagnation et à retrouver le chemin de son développement.

Nota à propos de la notion de bénéfices secondaires

Qui dit bloquage, dit contradictions : une force voudrait avancer et une autre pas. Du coup, chacune poursuit une intention avec des bénéfices à la clé, parfois contradictoires. Il est donc intéressant de bien comprendre ce qui pousse un être humain à poursuivre malgré lui une intention contradictoire avec ses objectifs : il vise sans le savoir des bénéfices secondaires (ou intentions inconscientes), qui parfois prennent le pas sur les bénéfices premiers recherchés consciemment.

La notion de bénéfices secondaires est un concept fondamental en psychologie, particulièrement présent en psychanalyse et dans les approches cognitivo-comportementales. Elle désigne les avantages, souvent inconscients, qu’une personne retire d’une situation difficile, d’un symptôme, d’une maladie, ou d’un comportement problématique.

En d’autres termes, même si une situation est objectivement désagréable ou souffrante, elle peut paradoxalement apporter des gains à la personne qui la vit, ce qui peut rendre difficile le changement ou la guérison.

Origine et distinction avec le bénéfice primaire

À l’origine, le concept de bénéfice secondaire vient de la psychanalyse. Il est souvent distingué du bénéfice primaire, qui est le gain direct et souvent inconscient que le symptôme lui-même procure en réduisant une anxiété ou un conflit interne. Par exemple, une phobie peut permettre de déplacer une peur plus profonde sur un objet inoffensif (bénéfice primaire).

Le bénéfice secondaire, quant à lui, est un gain postérieur et additionnel qui découle des conséquences du symptôme ou de la situation.

Comment se manifestent les bénéfices secondaires ?

Les bénéfices secondaires peuvent prendre diverses formes, souvent subtiles et inconscientes :

L’impact sur le comportement

Les bénéfices secondaires jouent un rôle crucial dans le maintien des comportements problématiques ou des symptômes. Tant que la personne retire, même inconsciemment, des avantages de sa situation, elle peut éprouver une résistance au changement, même si elle exprime consciemment le désir de s’en sortir.

Le cerveau enregistre que le comportement (ou le symptôme) est suivi de conséquences « agréables » (même si indirectes), ce qui peut renforcer ce comportement. Ce n’est pas un acte de manipulation volontaire, mais un mécanisme psychologique complexe.

Exemples concrets :

Comprendre pour avancer

Identifier les bénéfices secondaires est une étape essentielle dans le processus de changement ou de guérison. Cela permet de comprendre les motivations (souvent inconscientes) qui peuvent freiner une personne. L’objectif n’est pas de juger, mais de prendre conscience de ces avantages cachés afin de pouvoir les satisfaire d’une manière plus saine et constructive, sans avoir à maintenir le problème d’origine. C’est un aspect fondamental de nombreuses thérapies.

FAQ sur la séance de supervision pour coach débutant

Réponses aux questions clés sur la dynamique, les enjeux et les prises de conscience en coaching

  • Quel est l’objectif principal de cette séance de supervision ?

    L’objectif est d’aider le coach débutant à identifier les blocages et les ambivalences qui l’empêchent de faire avancer son coaching avec ses premiers clients, afin de lui permettre de prendre du recul et d’adopter une posture plus active et solution-orientée.

  • Pourquoi le coach débutant peut-il se retrouver dans une posture d’ambivalence ?

    Le coach peut se retrouver tiraillé entre l’envie d’expliquer en détail le contexte du problème et la nécessité d’explorer immédiatement des pistes de solution. Cette ambivalence reflète souvent un blocage interne, où le désir d’aider se confronte à la difficulté de sortir de la description du problème.

  • Quelle différence y a-t-il entre écouter un exposé du contexte et proposer des pistes de solutions ?

    Ecouter un exposé du contexte peut enfermer le coach dans l’espace du problème, sans apporter de perspectives concrètes. En revanche, proposer des pistes de solutions invite le coach à sortir de cette boucle et à adopter une posture proactive, favorisant ainsi la recherche de réponses immédiates et l’évolution de la séance.

  • Comment le superviseur aide-t-il le coach à changer de posture lors de la séance ?

    Le superviseur propose au coach de se détourner de la narration trop détaillée du problème et d’invoquer son ‘superviseur intérieur’. Cette démarche encourage le coach à prendre un pas de recul, à explorer ses propres blocages, et à identifier des questions qui peuvent l’aider à retrouver une posture active et solution-orientée.

  • En quoi la question de la crédibilité du coach débutant intervient-elle dans ce processus ?

    La crédibilité du coach débutant est remise en question lorsqu’il se retrouve à devoir sauver une situation sans que le client ne souhaite réellement s’engager dans le coaching. Interroger sa propre légitimité permet au coach de reconnaître ses limites et d’adopter une approche plus réaliste, en se concentrant sur l’autonomie du client et sur un coaching basé sur une véritable demande d’engagement.

  • Pourquoi est-il parfois important d’accepter de perdre un coaching ?

    Accepter que le coaching puisse ne pas aboutir, notamment lorsque le client ne souhaite pas véritablement s’engager, permet au coach de se libérer de l’obligation de tout sauver. Cette acceptation ouvre la voie à un apprentissage personnel, enrichissant l’expérience du coach et renforçant sa capacité à accompagner ultérieurement des clients motivés et désireux de travailler sur eux-mêmes.

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Paul Devaux

Coach professionnel

Depuis 25 ans, Paul pratique le Coaching professionnel en entreprise, dans une approche systémique. Accrédité à la Société Française de Coaching en 2008, il est également formateur et superviseur de Coachs depuis 2010. Egalement fondateur d'une école de coaching (voir NRGY-trainig.fr).

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