- Qu’est-ce qu’un manager inspirant ?
- Comment être porteur d’une vision inspirante pour mobiliser son équipe ?
- Comment embarquer son équipe, en lui donnant du souffle, l’envie de se dépasser au bénéfice d’une cause plus grande que la somme des intérêts individuels ?
- Peut-on se contenter de « piloter l’activité », sans transmettre de passion ?
- La passion de la technique ou l’excitation de relever des challenges toujours plus complexes et sans cesse renouvelés (comme autant d’épreuves dans un jeu) peut-elle suffire à tenir sur la distance la dynamique d’une équipe ?
Cet article commencera par proposer une vision des enjeux de notre contexte planétaire actuel, avant de répondre à ces questions plus directement. Parce que pour « inspirer » les autres, encore faut-il déjà être inspiré soi-même. Et puis : de quelle inspiration parlons-nous ? Celle de faire toujours plus avec toujours moins de moyens commence à être un peu usée, et ne semble plus très bien fonctionner (si tant est qu’elle ait jamais été motivante pour quiconque…).
Si vous cherchez des réponses managériales faciles, rendez-vous tout de suite à la fin de cet article, mais mieux encore : lisez-en plutôt un autre, car celui-ci ne répondra à cela qu’en périphérie, après avoir mis au centre, ce qui selon moi devrait être vraiment au coeur de la question de la motivation et de l’inspiration managériale aujourd’hui.
Les temps changent
Comment développer les 4 piliers du leadership ?
- Comment être un référent technique doublé d’une personne ressource, qui offre un regard super positif sur tout ce qui concerne l’entreprise et ses projets, les collaborateurs et leur développement ?
- Comment cultiver une vision systémique qui irrigue la réflexion et influence positivement les décisions ?
- Comment être un manager inspirant, qui fait preuve d’une vision et sait penser la nouveauté en rupture ?
- Comment stimuler la responsabilité et les défis qui font grandir ?
Ces questions, il est légitime que les managers se les posent.
En effet, manager une équipe n’est certainement pas une tâche facile, surtout sur le long terme. Faire quelques coups d’éclat, en mobilisant sur des enjeux à court terme est une stratégie qui ne fonctionne qu’à court terme. Passées quelques années, la vieille rengaine finit par être usée et lasser les collaborateurs les plus en quête de sens profond. Ce sont à mon avis les plus intéressants.
Exemples de challenges soi-disant « captivants »
- Dans le cadre d’une fusion, il faut recomposer les équipes ; OK, cela va nous prendre 3-4 ans, avec des jeux politiques internes, des tensions interpersonnelles à aplanir, des process à optimiser et unifier. Et après, on fait quoi ?
- Une situation économique difficile amène des changements dans les pratiques, on réduit les coûts, on limite les déplacements, on encourage le travail à distance, on cesse d’augmenter les salaires, on ne recrute plus de talents à l’extérieur, on ne remplace plus les départs, on demande de « faire plus avec moins », etc… Bon, pas très gratifiant, mais en tous cas, cela crée une certaine rupture avec des périodes plus fastes. Mais il se trouve que depuis un bon nombre d’années, toutes les entreprises sont plus ou moins tout le temps dans cette situation. Donc pour motiver les gens : « mauvaise pioche ! »
- Suite à des décisions politiques et stratégiques un groupe décide d’engager ses filiales dans une démarche de croissance, impliquant de grandes transformations : re-positionnement sur le marché, changements d’offres, nouvelles technologies, nouveaux outils, nouvelle posture dans plusieurs métiers, nouveaux rythmes, nouveaux indicateurs, et bientôt nouveaux modes de management, nouveaux modèles de réussite (qui ne sont rien d’autres que nouvelles croyances à propos de la réussite), etc… Là, oui, ça va marcher un temps. a condition que le leader incarne bien sa vision, soit exemplaire lui-même des efforts qu’il demande à tout le monde et sache maintenir un focus à la fois très serré sur les transformations à délivrer, et le sens de tout cela.
- Un investissement industriel important, la négociation d’un gros contrat, implique une extension de l’appareil industriel (rachats, extensions, renouvellement du parc machine, etc…) ; Là, les techniciens se régalent. et de manière générale, dès qu’il y a expansion, ouvertures de sites, apports de nouvelles technologies, les enfants s’amusent bien…
Capter l’attention des personnes dociles
Ces quelques exemples, très banaux somme toute, montrent bien qu’il y a là de quoi « intéresser » des esprits humains pendant quelques années. Du moins s’ils ne prennent pas trop de hauteur, et foncent la tête baissée dans l’action, se prenant littéralement au jeu, comme dans une partie endiablée d’un jeu de société où des adolescents jouent toute la nuit en oubliant le temps qui passe.
Un peu comme quand vous faîtes jouer un chat avec un petit truc attaché à un bout de laine, ou que vous lancez une bout de bois à un chien sur une plage pour qu’il le ramène cent fois de suite, tout fier de lui. Autant le chat, le chien que même l’enfant peuvent jouer pendant des heures, sans se poser la question du sens.
Et pendant des générations et des générations, il faut admettre que le monde du business a fonctionné ainsi : on donnait « du pain et des jeux pour le peuple » afin de l’occuper. Et cela marchait plutôt bien. Mais heureusement, quelque chose est enfin en train de changer !
La quête de sens devient centrale
Seulement voilà, et c’est heureux, de plus en plus de gens, des jeunes notamment, ne carburent plus à cette drogue-là. Ils ne mangent plus de ce pain là : « Bourrer dans le tunnel » en ne pensant qu’au court terme, quand la planète se meurt sous le poids de nos pollutions, ne semble plus suffire à combler leurs aspirations et leurs idéaux, contrairement à leurs aînés, à qui cela a semblé assez bien convenir, finalement :-).
Dorénavant, la situation est rendue tellement loin dans l’irréversible, que jeunes et moins jeunes, tous s’interrogent davantage qu’avant sur le sens profond de tout cela. Bien sûr, on voit bien qu’il y a du sens à agrandir une usine : produire plus et mieux. Mais pourquoi ? Pour rester compétitifs, pour payer les salaires, etc… Mais pourquoi ?
Avec ainsi seulement quelques « pourquoi » fort à propos, on arrive vite à ne plus trouver de réponses tellement convaincantes. Les réponses invoquées ne vont plus suffire pour mobiliser les humains, porteurs d’une certaine conscience et donc capables d’un peu de recul et de réflexivité. Il était temps. Espérons que ce ne soit pas déjà trop tard.
Le cercle vicieux des conditionnements collectifs
Certains deviennent militants (ou même activistes), mais sans aller jusque là, la plupart se pose enfin des questions qui n’effleuraient même pas les générations précédentes.
C’en était d’ailleurs incompréhensible : comment autant de gens pouvaient-ils être tellement endormis (pour ne pas dire : partiellement « abrutis ») pour se laisser aussi facilement fasciner par un peu de pression et quelques espoirs de médailles personnelles (gagner un peu plus d’argent, acquérir un statut social, avoir un peu plus de pouvoir,…) ?
Avec juste un peu de recul, cela paraît quand même tellement dérisoire et misérable !
Pour la plupart, se sentir vibrer dans l’existence à travers l’expérience de l’intensité, paraissait suffire à les faire rester dans le rang : métro-boulot-dodo. Et c’est ainsi, que comme un seul homme (si on peut dire qu’il y ait là une véritable dignité humaine), tous les peuples sont rentrés dans la course à la production, comme dans un immense jeu vidéo, sans se soucier de conscience, de respect, de bonheur, de partage ou d »équilibre.
Seul compte le très court terme du petit pas, qui vient immédiatement après : survivre, prendre, exploiter, vaincre, faire la guerre à la nature, tout salir, et ensuite s’en aller pour aller salir un peu plus loin, etc…
Ah les belles valeurs (dites masculines) !
La folle course dans le mur
A l’échelle planétaire, cette folie amène à ce qu’on connaît et déplore (mais pas encore tout le monde, apparemment) :
- extinction des espèces, épuisement des ressources
- pollution de la terre, des eaux, et des airs
- idiocratie généralisée, nivellement de la culture par le bas (globalisation et normalisation des références collectives)
- accentuation des inégalités sociales et économiques
- guerres pour les ressources, maquillées en guerres idéologiques ou en pseudo conflits ancestraux
Le monde régresse
Les quelques récentes et timides avancées sur l’acceptation de la diversité, le droit des femmes, un commerce international plus équitable, une industrialisation plus raisonnée, la protection de l’environnement semblent vouloir être officiellement bafouées par certains gouvernants de grands pays. De plus, ceci n’est même plus sournoisement pensé tout bas par les vilains, qui faisaient semblant de se réunir pour parler de la paix ou de la sauvegarde de l’environnement.
Dorénavant, ils affichent publiquement et avec cynisme et impudence leurs noires intentions. Et ils passent à l’acte, salopant tout sur leur passage, tuant et pillant sauvagement, avec le sourire affiché sur les réseaux sociaux.
Un cauchemar au pays de l’absurde
Comme dans un cauchemar, nous mettons un pied l’un devant l’autre pour traverser l’horreur.
- Encore une fois, certains s’agitent, en voulant s’opposer (et on ne peut pas leur reprocher leur conscience) à l’inéluctable lame de fond,
- tandis que d’autres continuent simplement à s’abrutir en consommant des nouvelles dramatiques ou insignifiantes, qui apparaissent toutes lissées sur leurs écrans, tout en supportant de moins en moins (évidemment) les contraintes du monde du travail.
L’absurdité de tout cela est perçue comme une souffrance qui atteint les plus éveillés et sensibles d’entre nous. En particulier, les jeunes gens intelligents, qui comprennent bien l’aberration de tout cela, et n’ont plus le goût d’y entrer pour s’y compromettre.
Les jeunes managers se sentent parfois un peu perdus. Et on les comprend, vu le monde qu’on leur laisse à gérer. Alors, allez les inspirer avec une vision de l’entreprise en croissance, qui fait du greenwashing tout en poursuivant sa chute libre dans l’incohérence à tous les niveaux !
Que peuvent faire les jeunes managers, qui se posent des questions ?
Donner leur démission et faire le tour du monde pendant 6 mois ?
Certains, de plus en plus nombreux, le font (au grand étonnement de leurs patrons et parents). Ils n’ont pas tort, si cela leur sert à prendre conscience et à revenir plus fort et plus résolu à ne pas se laisser prendre par le système.
Mais, à leur retour, il faudra bien faire comme l’ont fait en leur temps nos aînés « révolutionnaires » des années 68 : comme leurs prédécesseurs, ils ont eu des enfants, et ont fini par se prendre au jeu du « rat race », ne serait-ce que pour nourrir et élever leur progéniture. Aujourd’hui ils doivent faire face courageusement à leurs divers cancers et leurs Alzheimers, provoqués par nos modes de vie civilisés…
Tant que les individus ne se remettent pas en question eux-mêmes d’abord, rien ne change véritablement. On ne fait que s’enfoncer davantage dans la crise.
Aucune génération n’est tellement plus maline qu’une autre. Chacune a ses propres défis à relever. Et selon la « criticité » des époques, des vocations se réveillent pour trouver des éléments de réponses… aux conséquences de nos actes collectifs.
Nécessité fait loi
Et à propos de réponses, en attendant qu’on les trouve, il faut bien continuer à « faire tourner la boutique ». Le management des équipes n’est donc pas un faux problème, ni une question secondaire.
Je crois au contraire qu’elle est au coeur des solutions. Comme on l’a évoqué dans une conférence aux assises du Coaching d’équipe :
- L’organisation est trop complexe et lourde pour pouvoir bouger.
- Et l’individu est trop petit pour entraîner de réelles transformations sur le collectif, par son seul changement personnel.
Du coup, l’équipe, maillon intermédiaire entre l’individu et le système, pourrait être une réponse, à la portée de chacun, un peu comme une cellule familiale serait l’unité de base d’une société, comme le suggérait Lao Tseu dans le Tao te king..
Difficulté à recruter, fidéliser et mobiliser les équipes
Cela ne surprendra personne qu’il soit de plus en plus difficile de « croire » encore à l’entreprise et l’importance de ses enjeux. On a de moins en moins envie de s’intéresser au devenir des projets, qui nous font tous courir à notre perte, même si on ne sait pas comment faire autrement pour l’instant.
Comment dans ces conditions, où les gens sont un peu blasés (et fatigués aussi, par un mode de vie dépourvu de sens), motiver les personnels que l’on manage à y croire encore, alors qu’on n’y croit de moins en moins soi-même ?
Honnêtement, ce n’est pas évident. Et pourtant, il le faut bien.
Et en la matière, il faut revenir aux fondamentaux. Les fondamentaux de la relation entre humains. quand tout devient trop complexe, il faut se recentrer sur du simple ! Nous y reviendrons après le paragraphe suivant qui n’est qu’une parenthèse 🙂
Quel rapport avec le management des équipes ?
Alors, le contenu du début de cet article vous étonnera peut-être, parce qu’il tranche avec la promesse de son titre : « devenir un manager performant et inspirant ! » Tralalaitou… 🙂
Rassurez-vous, on va retomber sur nos pattes, et parler bientôt du management et des performances opérationnelles, si chère à nos dirigeants. Mais avant de retrouver tout ces mots mille fois entendus, je ne sais pas ce qui me prend ce matin :
- Je recule un peu devant la nécessité d’écrire un article de plus, contenant des mots clés supposés recherchés sur le net en rapport avec mon business de coach.
- Je me surprends à sortir un peu des rails des poncifs habituels sur le management et l’inspiration par la vision, et à partager modestement quelques points de vue (assez répandus et évidents eux aussi je suppose), avant de plonger sur notre sujet annoncé : la fameuse « inspiration » que doit susciter le manager visionnaire, pour embarquer ses équipes et développer de la performance. Youpi !
Un peu comme si, tandis que le bucheron frappe déjà dans l’arbre avec sa hache, les petits singes continuaient à se poser des questions légèrement dérisoires sur le management au regard de la gravité de la situation…
Tiens, juste pour rire : amusez-vous à demander à l’IA comment devenir un manager inspirant ? Vous serez affligé de lire une succession insipide de propos compassés, déjà lus partout (je ne l’ai pas fait, mais j’imagine que cela devrait plus ou moins ressembler à cela) :
- ayez une vision novatrice
- proposez quelques innovations
- donnez du sens à vos délégations
- clarifiez bien vos consignes
- soyez proches de vos collaborateurs et faîtes preuve d’empathie à leur égard, etc…
- et évidemment, les classiques dorénavant incontournables, mais affligeants tout de même :
- faîtes du sport, dormez bien en respectant les cycles de sommeil, préservez votre équilibre de vie privée/vie pro (et blablabla sur le bon petit toutou qui cultive le bien-être au travail)
- mouchez bien votre nez et dites bonjour à la dame en entrant dans la boutique, pensez à fermer l’électricité en sortant 🙂
Je ne critique pas, mais je trouve que tous les articles d’internet se ressemblent, et dispensent plus ou moins les mêmes contenus en boite de conserve, quelque soit la requête faite à Google et les sites visités.
Mais en fait, c’est vide. Je ne dis pas pour autant que le présent texte soit bon ou intéressant (et encore moins : intelligent), mais je l’écris à l’instant et je suis sincère dans mes propos. Ces lignes sortent directement des mes doigts sur le clavier (synthèse de mon coeur et de ma tête).
Nota : J’ai d’ailleurs un peu honte d’avoir moi-même ainsi publié sur ce site quelques paragraphes inspirés par la machine, quand j’avais la flemme d’écrire ce que je pense véritablement, sur des sujets de moindre intérêt pour moi. Mais le résultat ne m’a pas vraiment convaincu, même si c’est bien écrit, cohérent et pas si sot de la part d’un simple logiciel.
Mon associé, plus dégourdi que moi, m’affirme que je ne sais pas me servir de chatGPT, et que la machine bien « scripte » peut aller beaucoup plus loin pour nous stimuler que de livrer en effet des fadaises quand on ne lui soumet qu’une misérable question, sans la nourrir convenablement au préalable…
Améliorez vos compétences de management avec un coaching individuel : développement personnel, ajustement de posture, meilleure compréhension de l'environnement. Cliquez pour plus d'informations.
En savoir plusRevenons au management inspirant
On l’a dit plus haut, quels que soient par ailleurs nos doutes et nos états d’âme bien légitimes, il faut bien cependant « faire bouillir la marmite ». La manège doit bien continuer de tourner, en attendant que les choses s’arrangent peut-être… (car tout change, toujours ! Seul le changement ne change pas !).
A ce titre, il faut bien manager les équipes, car la démission et la désertion ne sont pas des options bien satisfaisantes. Et donc nous allons dire maintenant quelques mots de l’inspiration et du souffle à continuer de transmettre aux équipes opérationnelles. Mais pour une fois, je voulais tenir compte des gens intelligents que vous êtes, et camper le contexte d’incohérence globale, dans lequel ces légitimes préoccupations ont cependant toute leur place.
Je crois que l’enjeu est ailleurs !
Je pense sincèrement, que le véritable enjeu du jeu, n’est pas tant de parvenir à une quelconque performance extérieure, individuelle ou collective, que de développer sa conscience individuelle et de la faire rayonner le plus naturellement possible. Seul l’individu peut parvenir à cela. Mais il ne le peut que dans un collectif approprié, à savoir une bonne équipe, saine et performante !
Il doit bien y avoir une transformation, mais une vraie, pas une des ces innombrables démarches de changement qui ne changent finalement rien à l’Essentiel (mais qui occupent le bon peuple avec du pain et des jeux, comme on l’a dit plus haut :-)…
La révolution doit être individuelle et intérieure disait déjà Krsnamurti il y a des années. J’ai lu cet auteur en diagonale quand j’avais 15 ans la première fois, et je n’y avais pas compris grand-chose, sauf le titre qui m’a marqué à vie : « La révolution du silence ». Il sous-entend que c’est par la transformation personnelle et intérieure que les choses extérieures peuvent changer à leur tour, par résonance. Cette première évidence m’a mis sans le savoir sur la voie de la systèmie et du coaching holistique.
L’authentique spiritualité est pratique
Oui, je suis profondément d’accord avec lui, le premier enjeu est individuel et intérieur. Il est d’abord spirituel (je ne parle pas ici d’une quelconque religion !). Mais la spiritualité authentique est pratique et doit aussi s’incarner dans le quotidien. Sinon, elle n’est qu’une utopie de plus, impuissante et inutile.
Pour autant, elle ne vise pas d’autres objectifs que de se déployer sans se soucier des résultats. J’en ai parlé dans d’autres articles (par exemple : « lâcher prise sur le résultat » ou bien « la joie de travailler« ), je n’y reviendrai donc pas ici.
On a besoin de se concentrer sur l’action, dans l’instant présent, sans laisser de place aux préoccupations parasites, du moins une fois qu’on a suffisamment réfléchi avant de passer aux actes.
C’est la raison pour laquelle travailler est une bonne chose et le grand jeu de société dont nous parlions est malgré tout « un bien » et non pas simplement « un mal nécessaire ».
Aussi, allons-nous maintenant parler plus directement de management, de sens et d’inspiration (même s’il me semble que nous en parlons déjà depuis la première ligne de cet article…).
Comment être un manager inspirant ?
La première chose, je crois, est d’être authentique. Qui que vous soyez, quoi que vous disiez, en étant authentique, vous donnerez l’exemple le plus important : celui de l’authenticité. Autrement vous propagerez des fumées, des idéaux faux, des fumées chimériques, qui ne feront que participer à l’entropie du monde.
- Pour être un manager inspirant, déjà il faut se réveiller soi-même. en effet, comment inspirer quiconque, quand on est soi-même abusé par le chant des sirènes, et totalement pris dans l’illusion de la course à la croissance sans lendemain ?
- Ensuite, il n’est nul besoin de désespérer, de se lamenter ou de paniquer. Certes la situation est grave et de sombres nuages s’amoncellent au-dessus de nos têtes. Mais si on est objectif, il y a là matière à de très belles prises de conscience, qui sont justement le ressort dont on a tant besoin, pour conduire les mutations salutaires dans nos comportements et nos consommations.
- Sans la naïveté de croire qu’avec notre misérable contribution de colibri, on pourrait sauver le monde, qui sombre inexorablement dans l’anéantissement comme le Titanic en plein naufrage, on doit néanmoins se maintenir chacun fidèle à son poste (sans sacrifice héroïque imbécile), en incarnant les valeurs essentielles de la vie, au lieu de lâcher l’affaire et « après moi le déluge ! ». Jusqu’à notre dernier souffle, il faut assumer notre dignité et défendre notre « humanité ». Même si c’était trop tard, il ne serait qu’encore plus nécessaire de nous rectifier, là où c’est encore possible de le faire, c’est-à-dire ici et maintenant : en nous-même et dans nos relations (nous y reviendrons plus en détail dans un instant).
- Inspirer les autres, en étant exemplaire des valeurs que l’on porte :
- On ne vise pas une croissance de X % (c’est tellement dérisoire, cela ne peut désormais passionner que des individus immatures),
- On vise l’excellence. Un point c’est tout. Actualiser notre plein potentiel, rien de plus rien de moins. C’est beaucoup plus exigent que de produire X % de quoi que ce soit, qui relève éventuellement d’une pression indue et de déséquilibres néfastes, portés aux nues comme des merveilleux accomplissements, alors qu’ils sont potentiellement nuisibles à tous.
- Cela suppose de donner le meilleur de soi-même, sans attendre de retour. On ne le fait pas pour obtenir de la reconnaissance, ou un quelconque autre avantage dérisoire. On le fait par amour de soi, par amour du métier, par amour des autres, et donc par amour de la vie. C’est ce qu’on appelle je crois « la conscience professionnelle », ou » l’art pour l’art ». Il y a là un désintéressement subtil, qui ne renonce à aucun plaisir de la vie, mai qui abdique en revanche toute prétention et toute arrogance. On se tient responsable de soi-même, en se prenant en charge, au lieu de chercher des excuses et d’attendre des autres qu’il nous portent. Et on accomplit notre devoir, par simple fidélité à notre vocation. « Ni dieu ni maître » disaient les anarchistes. Et d’un certain point de vue, je ne peux m’empêcher d’apprécier ce slogan, qui traduit le désir de liberté inhérent à notre nature essentielle.
- Se maintenir dans cet état d’esprit, généreux et désintéressé. Sans faiblesses pseudo miséricordieuses mal pensées, mais commencer par travailler sur soi-même avec lucidité et objectivité, en s’engageant avec persévérance dans la queste de libération de notre conscience. Se libérer courageusement de nos propres conditionnements, telle est la véritable clé de l’inspiration, qui nous permet de remonter à la source pure de nous-même.
- Oui, vivre, et respirer, tout simplement. Mais en conscience. Car alors, il y a de la disponibilité, de la fraternité saine, de l’inspiration et de la liberté dans nos manières d’être.
Ecologie de l’esprit
Quand on parle d’écologie, avant de penser à la sauvegarde de l’environnement (et aux démarches RSE plus ou moins contraintes, et malheureusement diversement bidons) on devrait commencer par considérer les notions d’écologie de l’esprit et d’écologie de la relation. Car c’est là que tout commence.
Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir, et il faut s’investir et « oeuvrer ». Donc, rien n’est jamais perdu, en fait. Au contraire, tout est opportunité, et il y a moyen d’apprendre de tout revers de situation.
Ce n’est que par une vision juste de notre propre nature, et une posture de saine responsabilité, que l’on cessera de vouloir remplir notre pseudo vide intérieur avec des consommations de loisirs et de biens matériels.
Pour cela, il nous faudra d’abord vivre simplement l’expérience du plein à l’intérieur de nous, le plein de la présence que nous sommes, pour nous défasciner de la peur qu’exerce l’illusion de la mort de l’esprit. Ultimement, un-e manager inspirant, sans avoir besoin d’être un-e super héros, devrait pourtant s’être affranchi-e de cette illusion, ici et maintenant dans son quotidien. Et c’est un long chemin que celui de cette libération, tant elle est radicale et sans compromission. Chacun comprendra ce qu’il voudra dans ce que je dis-là…
Découvrir expérientiellement qui on est vraiment est la grande opportunité de cette époque :
- Tous les enseignements millénaires des grandes Traditions du monde entier sont facilement disponibles ;
- L’accès à l’expérience intérieure est dorénavant grandement facilité, comme si quelque chose s’était ouvert dans le psychisme de l’humain ;
- Il n’y peut-être plus que ça à faire ;
- En tous cas, rien d’essentiel ne pourra réellement être réalisé qu’à partir de cette découverte intime (et cela n’a aucun rapport avec des stages ou les livres de développement personnel et les tests de personnalité, qui permettent de mieux se connaître).
- L’écologie, quand elle part du prémisse que le vivant n’est que matière, et que tout est séparé du Tout, ne fait que de propager des mauvais choix, à partir de ces bases fausses (par exemple, on s’aperçoit que les pseudo solutions des énergies renouvelables sont souvent pires que les énergies fossiles, en termes de pollution.)
Ecologie de la relation
Ce qui est vraiment inspirant, ce n’est pas tant d’être un manager qui croit à une vision ambitieuse d’un projet d’équipe, toujours plus ou moins contraint et tristement matérialiste seulement. Cela y contribue, mais c’est assez faible, et ne parviendra au final à enthousiasmer que des gens à courte vue.
Ce dont le monde a vraiment besoin, et en particulier les jeunes gens qui cherchent un sens à leur vie professionnelle, c’est d’êtres libres, qui oeuvrent au quotidien à l’amélioration de tout, dans le respect de tous. Des êtes qui ont compris l’importance de l’humain et de la relation au coeur de l’action.
Depuis toujours, la relation (pour ne pas dire : « l’amour ») est à la fois le moyen et la finalité de la vie. Mais il est grand temps qu’on en prenne conscience collectivement. Ce ne doit plus être l’apanage de rares « initiés », incompris des foules, et la plupart du temps inconnus. Dorénavant, tous peuvent accéder à cet état de conscience et au rayonnement positif qui en découle, lequel pourrait naturellement irriguer les relations de travail, les rendant fluides et tellement plus efficaces.
L’efficacité ne servirait plus à produire plus (c’est sans fin et absurde en plus d’inutile), mais à se libérer de la disponibilité, pour encore mieux incarner la qualité de présence en toute situation.
Inspirer ses collègues au travail, c’est d’abord les aider à s’éveiller, en prenant conscience des jeux dérisoires auquel chacun occupe la plupart de son temps. Courir après son ombre, voilà ce que chacun fait. Voici ce dont on aime se repaître, en le regardant mis en scène sous toutes les coutures à travers les fictions et les jeux de nos petits écrans, et en en parlant dans les conversations stériles.
Alors, évidemment, il ne s’agit pas que les managers se mettent à inciter leurs collègues à la recherche spirituelle : ce n’est pas leur mission. Mais leur propre recherche, doit les imprégner au point qu’elle émane d’eux, à travers un sens aigu de la justice, un goût prononcé pour la réussite et la créativité, un engagement exemplaire dans des relations authentiques avec chacun, un sens de la co-responsabilité à toute épreuve, une paix intérieure inspirante, etc…
Pas de discours, pas de tentatives de convaincre (et encore moins de séduire ou d’influencer) :
- chacun est trop respectable, pour qu’on tente d’avoir la moindre emprise
- on a soi-même bien trop à faire sur soi-même, pour ne pas perdre son temps à vouloir convaincre autrui de l’extérieur. Si les collègues doivent évoluer, ce sera depuis un élan personnel, et en vivant davantage en contact avec leur être profond (pas en écoutant des influenceurs, et surtout pas des fanatiques, évangélisateurs de tous ordres, désormais définitivement dépassés)
Un manager inspirant devrait pouvoir donner l’exemple de sa maturité, en accompagnant chacun de ses N-1 à se développer dans sa propre nature, en étant soi-même, profondément.
Alors, les relations seront simples et directes, et non plus politiques et soumises. Pas de séduction, ni de recherche d’emprise, mais un respect inconditionnel d’autrui dans sa nature et dans sa liberté intrinsèque.
Allez, demandons donc maintenant à Chat GPT ce qu’il a à dire de cette « liberté » qui lui échappera toujours. Autant demander à la matrice de big brother, si elle est favorable à la libération ultime de son emprise…
Manager inspirant selon internet
Si on regarde sur le net vite fait comme je viens de le faire, voici ce qu’on trouve :
- Les leaders inspirants motivent leurs pairs à atteindre des objectifs ambitieux par leurs paroles et leurs actes
- Les leaders inspirants veillent à être à l’écoute des membres de leur équipe et font preuve d’empathie (tiens : je vous l’avait dit 🙂 Celui-là on n’y échappe pas !). Ils privilégient le bien-être, tout en responsabilisant les collaborateurs et en leur montrant à quel point leur contribution est essentielle au succès de l’organisation.
- Les bons managers sont confiants, donnent des directives claires, délèguent les problèmes (et non les tâches), favorisent une communication ouverte, investissent du temps dans le développement des personnes, fournissent des commentaires constructifs, donnent du crédit à l’équipe et définissent leur propre style de gestion.
- Les personnes inspirantes sont celles qui se fixent un objectif et mettent tout en œuvre pour l’atteindre. Atteindre ses objectifs exige beaucoup d’autodiscipline et de dévouement. Ceux qui adoptent cette qualité peuvent l’utiliser pour motiver leur entourage.
- Quels sont les grands leaders inspirants ?
- Mark Zuckerberg : CEO de Facebook. …
- Marissa Mayer : CEO de Yahoo. …
- Jack Welch: CEO de General Electric. …
- Bill Gates : fondateur de Microsoft. …
- Steve Jobs : CEO d’Apple. …
- Jeff Bezos: CEO et fondateur d’Amazon.
Se renouveler et de changer de regard ?
Quel ennui ! Pendant qu’on y est, pourquoi ne pas ajouter à cette morne liste, le nom des chefs d’état, qui sont également des gens de pouvoir qui inspirent beaucoup de monde (comme Hitler en son temps) !
Personnellement, malgré leur réussite évidente et leurs probables grandes qualités de manager, ces gens-là ne m’inspirent pas du tout ! Leur propension à vouloir faire de grandes choses me paraît juste mal orientée. Ce n’est donc pas là une grande preuve d’intelligence, malgré leur mental probablement performant. Je trouverais probablement plus inspirant (mais je ne les connais pas bien non plus) :
- Nelson Mendela
- Leah Namugerwa
- Aurélien Barreau
- Ou divers personnalités vraiment engagées au service de notre planète. C’est pour moi l’ultime priorité, de préserver la vie dans une approche d’unité et de biodiversité, plutôt que de s’occuper de business, de sport ou de cinéma par exemple. Mais je reconnais qu’il faut bien vivre de notre art, celui de notre vocation dans la vie. Si j’étais boulanger, je ne pourrai probablement pas faire de grandes conférences (et d’ailleurs, je ne suis moi-même que coach et je ne fais pas de grandes conférences non plus). Donc je ne dis pas qu’on ne devrait pas faire de musique ou de cinéma. Bien au contraire, tous les métiers sont importants, mais je veux dire qu’il y a pour tous une priorité vitale dorénavant, c’est de s’éveiller activement, et de préserver la nature, en modifiant d’abord nos propres comportements et consommations (ce dont je suis loin d’être exemplaire).
Coaching de manager
Bien sûr, sans aller forcément aussi loin que ce dont je parle dans cet article, nous pouvons toujours nous mettre en chemin vers cet idéal, en devenant plus aligné, plus juste, plus authentique dans nos relations.
Le coaching de manager peut aider celles et ceux qui sont prêts à faire le lien entre leur idéal et leur quotidien en entreprise. C’est précisément à cette intersection que se joue pour eux leur « mission ».
Je crois sincèrement pouvoir vous aider si vous êtes dans ce cas-là. Je crois avoir été dans ce cas de figure moi-même quand j’avais entre 15 et 35 ans (et un peu toute ma vie, en fait), et avoir trouvé modestement mes propres réponses dans la pratique du coaching.
Il ne s’agit évidemment pas de partager mes réponses, qui ne sont valables pour moi, mais de vous aider à trouver les vôtres ! J’ai été formé et super entraîné pour cela. Tous les coachs ne le sont pas forcément et ne partagent pas forcément cette vocation.
Quand ils vous auront écouté, bien embarrassés, et vous auront suggéré de faire plus de sport pour cultiver votre bien-être au travail, vous ne serez guère plus avancés, et aurez perdu votre temps.
Je me tiens à votre disposition. Contact.