Dans cet article, nous allons une fois de plus illustrer comment le processus parallèle apporte des indications précieuses au coach pour ajuster son coaching. Au travers du récit raccourci d’un cas de supervision, nous verrons comment le processus parallèle joue également à l’intérieur de la relation coach/superviseur et comment le superviseur s’en sert pour éclairer le coach sur le cas de son client…
A Retenir
- Le processus parallèle montre comment les interactions client-coach reflètent l’environnement du client.
- Un coach et superviseur peuvent explorer les ressentis pour éclairer le diagnostic client.
- Le manque d’espace ressenti dans la relation coach/superviseur touche aussi le système client.
- Observer le processus parallèle aide à poser un diagnostic et ajuster le coaching proposé.
- Un coach doit être sensible au transfert client tout en gardant un recul nécessaire.
Qu’est-ce qu’un processus parallèle ?
Un processus parallèle est le processus relationnel entre le client et son coach, qui est en quelque sorte parallèle avec ce qui se joue entre le client et son environnement. On parle aussi de reflets systémiques, d’échos systémiques ou de transfert énergétique.
Pour tenter de le dire simplement : un élément du système client, que ce dernier cherche à changer, s’illustre au sein même de sa relation avec son coach, comme si quelque chose de son propre environnement était en quelque sorte « transféré » au sein même du coaching.
Voir à ce propos quelques uns des articles que nous avons déjà publiés :
Le cas de supervision
1- Un client demande à un consultant-coach en qui il a toute confiance : une formation management pour ses encadrants, animée en mode coaching.
2- Investiguant sur les besoins spécifiques des encadrants au travers de quelques entretiens individuels, le consultant/formateur/coach découvre :
- qu’il y a bien un besoin de formation de management (deux axes : besoin de plus de relation et de reconnaissance, et besoin de plus de structure et de cohérence, pour offrir plus de lisibilité aux collaborateurs)
- et que le problème vient du haut, parce que la direction bicéphale est elle-même peu lisible et parfois divergente dans ses orientations, entre celles que donnent le président et celles relayées par son DG. La Direction donne peu de feed-back positif, et un fort turnover s’est installé dans les équipes depuis quelques années.
En outre, le coach ressent que les espaces et les places de chacun ne sont pas complètement claires dans le système client.
3- Le coach formule à son superviseur une demande de retour sur la pertinence de son diagnostic et de sa proposition au client, que le superviseur perçoit de prime abord comme un peu « ambivalente et contradictoire » (cette demande de feed-back et de vérification a l’air de supposer que le superviseur serait un expert, une sorte de « grand autre » supposé savoir et pouvoir corriger la copie du coach…
Alors même que ce coach est lui-même mature dans la vie et ne nourrit a priori pas ce genre d’attentes vis-à-vis du superviseur, qu’il dit d’ailleurs avoir justement choisi pour sa liberté de ton et sa capacité à l’aider à assouplir certaines méthodes plus rigides apprises en formation de coaching et dans lesquelles il ne trouve pas bien son compte).
Le processus parallèle au sein de la supervision
Commençant par explorer la demande du coach et la relation qu’il instaure avec sa formulation (le point 3 de la liste précédente), le superviseur ressent tout de suite en lui-même :
- un manque d’espace liée à une certaine fébrilité du coach,
- et l’imprécision de sa demande, un peu comme s’il y avait deux demandes, ou plutôt un besoin et une demande non convergente. La demande de feed-back de la part du superviseur sur le contenu d’un diagnostic et d’une offre, et un besoin d’ajustement de sa posture et de clarifier ses propres enjeux de coach dans la relation au client.
Sans en faire état tout de suite, le superviseur laisse l’entretien s’engager comme le propose le coach, qui aussitôt entame un descriptif de où il en est, ce qu’il a fait, ce qu’il a compris, et de l’embarras qu’il ressent face à plusieurs éléments contradictoires chez son client (peu importe lesquels pour le moment)…

On voit tout de suite ici, que le manque d’espace et la place de chacun au sein de la relation coach/superviseur sont tout de suite mis en scène, et que les ressentis internes du superviseur lui donnent de précieuses indications sur ce qui se joue en parallèle dans la relation du coach avec son client…
Et donc par voie de conséquence : sur ce qui se joue au sein du système client que le coach a mission d’accompagner. Il y aune sorte de cascade de reflets systémiques (ou du processus parallèle) :
grâce à la supervision !
Le processus parallèle en coaching…
Ceci est très vite confirmé, quand le coach dit : « ce qui m’agace avec ce client, c’est que… » et plus tard » ce qui me gène dans leur dispositif de management, c’est… », puis encore « il y a deux demandes contradictoires de la part du DG et du Président… et cela me gène ».
En effet, on voit là trois processus parallèles :
- 1er processus : le DG et le Président ont peut-être du mal à trouver chacun leur place au sein de leur binôme
- 2ème processus : le coach ne sait pas très bien quelle position tenir (quelle place lui revient) entre une demande de formation et un besoin détecté de clarification des orientations transmises sur le terrain par la direction, qui lui semble être le véritable appui sur lequel faire levier pour créer de la valeur pour son client (mieux qu’une formation, que les encadrants n’auront pas le temps de suivre dans ce cas précis, parce qu’ils sont en sous effectifs et débordés). Le coach ne sait pas bien quel espace investir et jusqu’où il peut se permettre de challenger la demande de son client.
- 3ème processus : on remarque également que le coach se sent « gêné », et « agacé », comme s’il prenait une place qui n’a pas à être la sienne (pourquoi être « agacé » par une demande divergente d’un client : après tout le client a bien le droit d’être un peu confus, cela n’a pas de raison de jeter le coach dans une confusion qui devrait l’agacer. De même, le peu d’espace que le client laisse à ses encadrants qui manquent de reconnaissance et d’autonomie, n’a pas de raison de « gêner » le coach, que cela ne regarde pas directement…). C’est comme si le coach prenait sur lui-même une part du symptôme du client.
On le voit, la thématique de peiner à pas trouver sa place dans un espace trop exigu est transférée du système client au système client/coach. Interrogé sur ce point, le coach reconnaît être très sensible à ces questions, avoir travaillé dans sa propre vie sur ces questions. Il est donc sans doute bien « placé » pour traiter avec le client de cette question de place.
Le client l’a bien choisi, même s’il ne sait pas encore à quel point. On peut également imaginer que le coach s’est adressé sans le soupçonner à un superviseur attentif à cette thématique. Comme quoi, la synchronicité fait bien les choses…
Comment utiliser le processus parallèle ?
Le superviseur propose au coach d’observer la situation dans laquelle il se trouve et les ressentis qu’il dit éprouver, quelque peu décalés par rapport à sa position de coach, qui pourrait être plus « neutre ».
Explorant alors ses ressentis de gêne et d’agacement liés au manque d’espace, le coach voit alors bien les liens avec ce que vit son client et également comment son client s’y prend pour lui faire vivre ce processus parallèle. Le coach a suffisamment de sensibilité et d’engagement pour sentir les symptômes du client. C’est un point fort de son coaching.
En revanche, il lui manque encore un peu de recul pour voir que ce qu’il ressent est transféré par le système client et fait justement partie du cœur du sujet à coacher.
Un coach a besoin de trouver sa place dans les deux positions :
- au coeur du sujet pour ressentir le transfert projeté par le client
- en retrait pour ne pas réagir au premier degré aux émotions transférées, et offrir un miroir propre justement sur ce point à son client
En fait, l’axe principal du diagnostic et de l’offre d’accompagnement est précisément là, à cette place là, presque à l’endroit même du corps où le coach ressent une gène et un agacement à propos du manque d’espace.
Voir cela clairement donne au coach des clés pour ajuster sa posture, poser son diagnostic et formuler son offre d’accompagnement au client. Il décide ainsi de proposer au binôme Pdt/DG :
- de travailler sur leurs espaces respectifs (leurs territoires) et comment chacun peut y prendre toute sa place (créer se la valeur pour le système)
- de réfléchir à l’opportunité pour eux deux de s’entourer d’un Comité de Direction ou d’un noyau de pilotage, ou à défaut d’un comité de management, qui leur apporterait à la fois plus d’écoute du terrain à travers ces encadrants dont ils se rapprocheraient, et une courroie de transmission et d’entraînement plus puissante, pour embarquer tout leur encadrement avec eux.
- travailler sur les espaces de chacun au sein de ce comité, et comment redonner autonomie, appuis et reconnaissance à tout leur encadrement, avant même de les former à des pratiques de management
En une petite heure de conversation de coaching au téléphone entre le coach et le superviseur, le diagnostic et le dispositif d’accompagnement se sont éclaircis, tout simplement en explorant et en exploitant le processus parallèle, transmis d’un bout à l’autre de la chaine depuis le client du coach jusqu’au superviseur. Voyant cela clairement, il suffit au superviseur et au coach, de clarifier leurs propres espaces en chacun d’eux et entre eux, pour que se dégage une lucidité du coach l’aidant à sortir de la confusion.
Si on allait plus loin, on pourrait même supposer, que le client commence à amorcer un processus de prise de conscience et de dégagement, de son côté, au moment même où le coach amorce la résolution de ce point pour lui-même pendant sa supervision.
C’est ce que nous avons déjà abordé autrement dans cet article : « technique de coaching : incarner le comportement cible » et cet autre sur « les niveaux de coaching » qui vient le nuancer…
« Vous ne trouvez pas qu’on fait tout de même un beau métier, avec des mots compliqués comme « processus parallèle », « synchronicité », « transfert », « échos systémiques »… on se sent important quand on emploie des gros mots come ça, non ? » 🙂
Cas de supervision de coaching : le client attend que le coach lui donne des solutions ou le prenne en charge.
Le client refuse d’être autonome dans sa réflexion et son action, mettant le coach dans une position de « conseiller » inadéquate.
C’est une situation hélas encore assez fréquente (malgré que les gens comprennent à peu près que le coaching n’est pas du conseil), et délicate pour un coach systémique ! L’essence du coaching est de favoriser l’autonomie du client, pas de lui fournir des solutions toutes faites. Face à un client qui attend d’être pris en charge, le coach doit faire preuve de fermeté bienveillante et de pédagogie.
Voici plusieurs pistes qu’un coach systémique peut explorer :
Reposer le cadre du coaching
Dès les premières séances, il est crucial de reclarifier le contrat de coaching. Le coach peut expliquer ce qu’est le coaching et ce qu’il n’est pas. Il peut insister sur le fait que son rôle est de poser des questions, de créer un espace de réflexion et de soutenir le coaché dans la recherche de SES propres solutions. Cela dit, si cette option est simple et vient spontanément à l’esprit, ce n’est pas la solution la plus élégante
Voici tout de même quelques formulations possibles :
- « Mon rôle n’est pas de vous dire quoi faire, mais de vous aider à découvrir ce qui est le mieux pour vous. »
- « Si je vous donnais des solutions, elles ne seraient pas les vôtres et ne seraient peut-être pas adaptées à votre réalité. Mon objectif est de vous outiller pour que vous trouviez vos propres chemins. »
- « Le coaching est un partenariat où je vous accompagne dans votre exploration, mais la réflexion et l’action viennent de vous. »
Explorer la demande de solution
Plutôt que de rejeter directement la demande de solution, le coach peut l’utiliser comme une porte d’entrée.
Quelques questions systémiques :
- « Qu’est-ce qui vous fait penser que je pourrais avoir la solution à votre place ? »
- « Si je vous donnais une solution, qu’est-ce que cela changerait pour vous ? »
- « Qu’est-ce qui vous empêche de trouver cette solution par vous-même en ce moment ? »
- « Dans quelle situation passée avez-vous trouvé une solution par vous-même, et qu’avez-vous fait alors ? »
- « Qui, dans votre système (famille, équipe, organisation), a déjà essayé de vous donner des solutions, et quel a été le résultat ? »
Ces questions peuvent aider le client à prendre conscience de ses propres schémas de dépendance et à comprendre l’intérêt de l’autonomie.
Mettre en lumière les bénéfices de l’autonomie
Le coach peut aider le coaché à voir les avantages à long terme de sa propre réflexion et action, par opposition à la dépendance.
Exemples :
- « Imaginez que vous ayez trouvé cette solution par vous-même. Qu’est-ce que cela vous apporterait en termes de confiance, de satisfaction ? »
- « Quel serait l’impact sur votre sentiment de puissance et de compétence si vous parveniez à surmonter ce défi par vos propres moyens ? »
- « Comment cela influencerait-il la perception que les autres ont de vous si vous deveniez plus autonome dans vos prises de décision ? »
Utiliser des outils et des techniques systémiques
- La posture basse : Le coach peut accentuer sa posture basse pour ne pas alimenter l’attente du conseil. Il montre qu’il n’est pas l’expert de la situation du coaché, mais un facilitateur.
- Les métaphores : Utiliser des métaphores sur l’apprentissage, la croissance, l’exploration peut aider le coaché à comprendre le processus de manière plus imagée.
- L’observation des interactions : Le coach peut observer comment cette tendance à la dépendance se manifeste dans d’autres relations du coaché (avec sa hiérarchie, ses collègues, sa famille) et le lui faire remarquer. « Est-ce que cette dynamique se retrouve ailleurs dans votre vie ? »
- Le travail sur les croyances limitantes : Souvent, cette attente de solutions cache des croyances comme « je ne suis pas capable », « je n’ai pas les ressources », « quelqu’un d’autre sait mieux que moi ». Le coach peut explorer ces croyances.
- Le questionnement circulaire : « Si [une personne X du système] était là, que vous conseillerait-elle ? » ou « Comment [une personne Y du système] décrirait-elle votre capacité à trouver des solutions ? » Cela peut aider le coaché à prendre du recul et à envisager d’autres perspectives.
Gérer la frustration et les limites
Il est possible que le coaché exprime de la frustration. Le coach doit l’accueillir sans céder : « Je comprends que cela puisse être frustrant de ne pas recevoir de réponse directe. C’est justement dans cette frustration que réside souvent le potentiel de trouver des solutions plus profondes et durables. »
Si, malgré tous les efforts, le coaché persiste à refuser toute autonomie et que le coaching ne peut plus avancer dans le cadre défini, le coach doit être prêt à revoir les objectifs du coaching, voire à proposer une orientation vers d’autres formes d’accompagnement (conseil, mentorat, thérapie) si cela semble plus adapté aux besoins réels du coaché. C’est une question d’intégrité professionnelle.
En résumé, le coach systémique navigue entre empathie et clarté, visant toujours à responsabiliser le coaché pour qu’il devienne l’acteur principal de son changement.
Etude de cas pratique de coaching
Voici le récit d’une séance de supervision illustrant un cas classique de dynamique d’écho systémique entre un coach et son client. Cette mise en situation est fictive, mais inspirée de cas réels rencontrés en supervision (et largement décrits dans la littérature en coaching professionnel – cf. François Delivré, Le métier de coach, ou Vincent Lenhardt, Coaching pour un changement).
Contexte
Coach supervisé : Camille, coach en entreprise depuis 5 ans Client : Manager intermédiaire dans une grande entreprise industrielle Thème du coaching : Développer l’autonomie et la posture de leadership Cadre : 4e séance de coaching sur un total prévu de 8 Problème exposé en supervision : « Mon client ne s’engage pas. Il arrive les mains dans les poches, il attend que je trouve les solutions. J’ai l’impression de faire tout le boulot à sa place. »
Déroulement de la séance de supervision
Superviseur : « Camille, tu dis que ton client ‘attend que tu fasses le boulot’. Qu’est-ce que ça te fait ressentir, toi ? »
Camille : « Une sorte de lassitude, presque un agacement. Je me prépare, je réfléchis, je propose des pistes… Et lui, il subit. J’ai l’impression que s’il progresse, c’est parce que je le pousse. »
Superviseur : « Et si tu arrêtais de pousser ? »
Silence. Camille fronce les sourcils. On sent qu’une pièce vient de bouger dans le puzzle.
Superviseur : « Quel serait le risque pour toi, à cesser de porter le coaching sur tes épaules ? »
Camille : « J’aurais l’impression de ne pas faire mon travail. Ou pire, de l’abandonner. Et puis, il pourrait dire que le coaching ne sert à rien. »
Superviseur : « Donc… tu as internalisé l’idée que ‘un bon coach = un coach qui porte’. Tu reconnais cette croyance ? Elle t’appartient ? »
Camille : « Oui… Je crois que je rejoue des trucs de mon passé. Dans ma famille, il fallait que je prenne en charge les autres. Je croyais avoir dépassé ça… »
Superviseur : « Tu vois le lien systémique ? Ton client attend qu’on fasse pour lui, et toi, tu accours pour combler ce vide. Tu valides son évitement par ta surimplication. Résultat : il ne développe pas son autonomie, et toi, tu t’épuises. »
Camille (soupire) : « C’est exactement ça. »
Travail réflexif et pistes concrètes
Le superviseur invite Camille à explorer les bénéfices secondaires pour elle de rester dans cette posture de « sauveuse » : contrôle de la situation, valorisation personnelle, éviter l’inconfort du vide…
Puis il propose un exercice simple :
« À la prochaine séance, dis-lui en ouverture : « J’ai décidé de moins faire à votre place. Je vais vous laisser un espace pour initier, formuler, prendre en main. Comment souhaitez-vous commencer ? » Et observe. »
Camille note cela, un peu nerveuse mais curieuse.
Superviseur : « Tu peux aussi utiliser des outils comme la grille de responsabilité (Lenhardt) ou le triangle dramatique de Karpman, pour mettre en lumière les rôles en jeu. Et surtout, fais confiance au processus. »
Conclusion
Cette séance permet à Camille de prendre conscience de la co-dépendance implicite qui s’est installée. En supervision, elle fait un pas de côté pour reprendre une posture de neutralité active : ni sauveuse, ni contrôlante, mais facilitatrice de l’autonomisation.
Questionnement de coach pour responsabiliser
Voici un modèle de questionnement que le coach peut utiliser dès les premières séances pour détecter des dynamiques systémiques de déresponsabilisation – c’est-à-dire lorsque le client tend à « attendre du coach » plutôt qu’à s’engager activement.
Ce modèle est structuré en 5 phases, avec des exemples de formulations concrètes et leur fonction systémique.
1. Exploration du rapport au changement Objectif : Détecter si le client se sent auteur ou spectateur de sa propre évolution.
Exemples de questions :
- Qu’est-ce qui vous amène aujourd’hui en coaching ?
- Que souhaitez-vous vraiment changer ? Pour vous ? Pour les autres ?
- Qui est à l’origine de la demande ?
- Sur une échelle de 1 à 10, à combien estimez-vous votre responsabilité dans ce que vous vivez aujourd’hui ?
Ce que cela révèle : Si le client parle surtout des autres ou minimise sa responsabilité, cela peut indiquer une posture de spectateur ou de victime.
2. Clarification de la posture attendue du coach Objectif : Identifier les attentes implicites ou projections sur le coach.
Exemples de questions :
- Qu’attendez-vous concrètement de moi dans ce processus ?
- Si le coaching se passait idéalement pour vous, que ferais-je ? Que dirais-je ?
- Et si je ne vous apportais pas de solution, que se passerait-il pour vous ?
Ce que cela révèle : Des attentes fortes en matière de solutions ou de pilotage peuvent signaler une posture de dépendance.
3. Évaluation du niveau d’autonomie actuelle Objectif : Explorer les ressources et initiatives passées du client.
Exemples de questions :
- Quels sont les moyens que vous avez déjà mis en œuvre pour avancer ?
- Quand vous avez réussi à faire bouger les choses, que vous êtes-vous apporté à vous-même ?
- Qu’est-ce qui dépend uniquement de vous aujourd’hui ?
Ce que cela révèle : Un client qui peine à identifier ses leviers ou ses expériences réussies peut manifester une tendance à l’attente ou à la passivité.
4. Positionnement sur l’engagement personnel Objectif : Poser les bases d’un contrat de coresponsabilité.
Exemples de questions :
- Qu’êtes-vous prêt à mettre en place entre deux séances ?
- Comment souhaitez-vous utiliser ce temps de coaching ?
- Qu’est-ce qui pourrait faire que ce coaching échoue ? Quel rôle y joueriez-vous ?
Ce que cela révèle : Permet de mettre en lumière l’engagement réel du client et sa capacité à se saisir du processus.
5. Travail sur les échos systémiques (pour le coach) Objectif : Observer ce que le coach ressent comme symptôme du système du client.
Questions d’auto-observation pour le coach :
- Qu’est-ce que je ressens face à ce client ?
- Suis-je tenté d’en faire trop ?
- Est-ce que je compense son inaction ?
- Quelle dynamique relationnelle s’installe malgré moi ? Sauveur, moteur, parent ?
Ce que cela révèle : Le coach devient un miroir actif du système du client, ce qui peut l’amener à réajuster sa posture pour éviter toute collusion.
Formulation de contrat explicite possible Je suis là pour vous accompagner dans vos réflexions et décisions, mais l’engagement, les actions et les choix vous appartiennent. Est-ce un fonctionnement qui vous convient ?
Exemples similaires dans la littérature de coaching
- Étude ICF 2022 : 47% des coachs déclarent que le principal défi en coaching est de « faire en sorte que le client prenne sa part active du processus ».
- Vincent Lenhardt (2006) : « Le coach ne réussit pas quand il fait à la place de l’autre, mais quand il apprend à ne pas le faire, même si c’est tentant. »
La supervision : une hygiène professionnelle et une pratique de maturation intérieure
La supervision est une hygiène professionnelle, mais aussi une pratique de maturation intérieure. Elle vous aide à rester au clair, au juste, au vivant. Pas pour devenir un « meilleur coach », mais pour rester pleinement vous-même… dans l’acte de coacher.
Au-delà des bénéfices immédiats, la supervision cultive chez le coach une capacité d’auto-observation et de régulation qui enrichit progressivement sa pratique. Elle développe ce que l’on pourrait appeler « l’intelligence de la posture » : cette capacité fine à sentir ce qui se joue dans la relation et à ajuster sa présence en conséquence.
Un coach supervisé développe également une meilleure tolérance à l’incertitude et aux situations complexes. Il apprend à naviguer dans l’ambiguïté sans perdre ses repères, qualité essentielle dans un métier où les enjeux humains sont toujours multiples et nuancés.
Si vous êtes coach et que vous ressentez le besoin d’un espace pour déposer, clarifier ou approfondir, la supervision systémique est peut-être votre prochain pas.
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Questions clés
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Qu’est-ce qu’un processus parallèle en coaching ?
Le processus parallèle en coaching désigne la répétition ou la reproduction de dynamiques relationnelles entre le client et son environnement au sein de la relation entre le client et son coach.
Cela peut se manifester à travers des échos systémiques ou des reflets projetés dans la relation coach-client.
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Comment le processus parallèle se manifeste-t-il dans la supervision ?
Dans la supervision, le processus parallèle émerge à travers les interactions entre le coach et le superviseur.
Les sentiments, les réactions émotionnelles et les schémas de pensée du coach reflètent ceux de son client, fournissant des indications précieuses sur la dynamique de la relation coach-client.
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Quels sont les éléments du processus parallèle mis en évidence dans la supervision ?
Les éléments du processus parallèle identifiés dans la supervision incluent :
- le manque d’espace ressenti par le coach ;
- son sentiment d’imprécision dans sa demande de feedback ;
- les similitudes entre les difficultés rencontrées par le client ;
- les réactions émotionnelles du coach.
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Comment le coach utilise-t-il le processus parallèle pour ajuster son approche ?
Le coach utilise le processus parallèle en examinant attentivement ses propres réactions émotionnelles et en les associant aux défis rencontrés par le client. Cela lui permet de mieux comprendre la dynamique sous-jacente et d’adapter son accompagnement en conséquence.
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Quels sont les conseils du superviseur pour exploiter le processus parallèle ?
Le superviseur encourage le coach à explorer ses ressentis émotionnels et à les considérer comme des indices sur les dynamiques du client. Il suggère également de maintenir une posture neutre tout en étant sensible aux émotions du client pour favoriser un coaching efficace.
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Comment le processus parallèle contribue-t-il à l’évolution du coaching ?
Le processus parallèle enrichit la compréhension des interactions humaines et des systèmes relationnels. En identifiant les parallèles entre les expériences du coach et celles de son client, il permet d’améliorer l’efficacité des interventions et de favoriser la croissance professionnelle du coach.
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Quelle est l’importance de la clarté des rôles dans la relation coach-client ?
La clarté des rôles est essentielle pour établir des frontières claires entre le coach et le client. Cela permet au coach de maintenir une posture professionnelle tout en étant empathique, facilitant ainsi un accompagnement efficace et respectueux.
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Comment le processus parallèle peut-il être un outil puissant en supervision ?
Le processus parallèle permet au superviseur d’identifier les schémas répétitifs et les dynamiques inconscientes qui influencent la relation coach-client. En explorant ces parallèles, le superviseur peut fournir des conseils spécifiques pour aider le coach à améliorer ses compétences et son efficacité.







