Quand les non-dits deviennent plus bruyants que les mots
Septembre 2024. Sophie, DRH d’une grande école de commerce réputée, reçoit le quatrième arrêt maladie en deux mois émanant de l’équipe administrative du campus principal. Officiellement : stress, fatigue. Officieusement, lors d’un entretien de départ avec une collaboratrice qui démissionne, les mots tombent enfin : « Je ne peux plus travailler dans cette ambiance. Personne ne dit rien, mais tout le monde sait. Et Laurent… enfin, vous voyez. »
Laurent, 52 ans, directeur de l’établissement depuis huit ans. Sur le papier, c’est l’homme de la situation : ancien alumni devenu entrepreneur, il a un réseau exceptionnel auprès des entreprises locales, multiplie les partenariats, décroche des financements. Les étudiants l’adorent pour sa disponibilité et son engagement. Le conseil d’administration le trouve « sympathique et dévoué ». Mais dans les couloirs, c’est une autre histoire.
L’équipe de quinze personnes (chefs de projets pédagogiques, enseignants permanents et administratifs) fonctionne en silos étanches. Les tensions entre le service pédagogique et l’administration sont palpables. On ne se parle plus qu’en réunion formelle, et encore, à minima. Des clans se sont formés. Les décisions se prennent dans des apartés. L’information circule mal, parfois de façon délibérément retenue. Et au centre de ce système fracturé, Laurent navigue à vue, évitant les conflits, multipliant les promesses contradictoires, jouant les uns contre les autres sans en avoir vraiment conscience.
Pire encore, depuis quelques mois, des rumeurs insistantes circulent. Des collègues évoquent à mots couverts des déjeuners où Laurent aurait trop bu. Des étudiantes auraient confié à des enseignantes que le directeur avait eu « des propos déplacés » lors d’événements festifs. Une collaboratrice administrative a mentionné à sa collègue qu’il lui avait fait un commentaire sur sa tenue « qui l’avait mise très mal à l’aise ». Rien d’officiel. Aucune plainte formelle. Mais une atmosphère délétère où chacun sait, où personne ne dit, où la défiance s’installe.
Les signaux d’alerte que les RH ne peuvent plus ignorer
Pour Sophie, les signaux se sont accumulés progressivement :
Les indicateurs quantitatifs :
- Quatre arrêts maladie en deux mois, toujours liés au stress
- Deux démissions en six mois, inhabituel dans un établissement stable
- Une augmentation des demandes de mobilité interne
- Des retards répétés dans les projets pourtant prioritaires
- Un absentéisme en hausse constante depuis un an
Les signaux qualitatifs :
- Des allusions vagues lors des entretiens annuels : « L’ambiance n’est plus ce qu’elle était »
- Des collaborateurs qui demandent à parler « en off » puis se rétractent
- Des tensions visibles en réunion, des silences pesants
- Une enseignante qui évoque « des choses qui se disent » sans vouloir en dire plus
- Une étudiante qui a mentionné à son tutrice « un problème avec le directeur » avant de minimiser
Les dynamiques observables :
- Laurent qui gère les conflits en isolant les protagonistes plutôt qu’en clarifiant
- Des décisions qui changent selon l’interlocuteur
- Une équipe qui contourne de plus en plus la direction pour s’adresser directement aux RH
- Un management par WhatsApp à des heures indues
- Des promesses non tenues qui créent de la frustration
Sophie a d’abord tenté les approches classiques : entretiens individuels avec Laurent pour lui faire des retours, team building organisé en fin d’année universitaire, mise en place d’outils de communication (réunions hebdomadaires, tableaux de bord partagés). Rien n’y fait. Les tensions persistent. L’atmosphère se dégrade. Et surtout, personne ne nomme vraiment ce qui se joue.
Ce qui se joue vraiment : au-delà des symptômes apparents
Quand on creuse cette situation, plusieurs couches de complexité apparaissent.
Premier niveau : un management défaillant. Laurent n’a jamais été formé au management. Excellent dans son métier d’origine, il reproduit ce qu’il a vu faire, évite les confrontations, cherche à être aimé plutôt qu’à être clair. Il confond disponibilité et leadership, proximité et professionnalisme. Son besoin de reconnaissance le pousse à des comportements inappropriés qu’il ne mesure pas comme tels.
Deuxième niveau : un système qui s’auto-entretient. Face à l’absence de cadre clair, l’équipe s’est organisée en clans. Certains profitent du flou pour avancer leurs agendas. D’autres se retirent et ne font que le minimum. Les non-dits se multiplient parce que personne ne sait plus à qui parler, ni comment. Les rumeurs remplacent le dialogue direct.
Troisième niveau : une institution qui protège. L’école a besoin du réseau de Laurent, de ses résultats en termes de partenariats. Le conseil d’administration ne veut pas voir les problèmes. Les RH sont coincées entre la nécessité d’agir et la crainte de déstabiliser une figure visible de l’établissement.
Quatrième niveau : des comportements potentiellement graves. Les allusions à l’alcool, les propos déplacés, les gestes inappropriés ne peuvent pas être balayés sous le tapis. Même sans plainte formelle, ils créent un climat de travail dégradé et exposent l’établissement à des risques juridiques et réputationnels considérables.
Cinquième niveau : un collectif en souffrance. Derrière les symptômes (arrêts, démissions, tensions), il y a une équipe qui a perdu ses repères, qui ne sait plus à quoi se référer, qui oscille entre peur, colère, résignation. Une équipe qui a besoin de retrouver un cadre sain pour fonctionner.
Les risques à laisser pourrir la situation
Sophie le sait : attendre ne fera qu’aggraver les choses. Les risques sont multiples et s’accumulent.
Risques humains :
- Dégradation de la santé mentale des collaborateurs (burn-out, anxiété chronique)
- Perte de sens et désengagement profond
- Rupture de la cohésion d’équipe irréversible
- Impact sur les étudiants qui ressentent le malaise ambiant
Risques opérationnels :
- Baisse de la qualité pédagogique et administrative
- Erreurs dans la gestion des dossiers étudiants
- Incapacité à mener les projets de développement
- Fuite des talents vers d’autres établissements
Risques juridiques :
- Exposition à des plaintes pour harcèlement moral ou sexuel
- Responsabilité de l’employeur pour non-protection de la santé des salariés
- Contentieux prud’homaux liés aux démissions ou arrêts prolongés
Risques réputationnels :
- Témoignages d’étudiants ou d’anciens collaborateurs sur les réseaux sociaux
- Impact sur les classements et l’attractivité de l’école
- Perte de confiance des entreprises partenaires
- Difficulté à recruter de nouveaux talents
Et surtout, plus le temps passe, plus les rôles se figent. Laurent devient « le problème qu’on ne peut pas résoudre ». L’équipe devient « toxique et ingérable ». La situation semble sans issue. La tentation du statu quo ou de la solution radicale (licencier Laurent) s’impose, alors qu’aucune des deux n’est satisfaisante.
« On a tout essayé » : le moment où faire appel à un tiers devient indispensable
C’est lors d’un comité de direction que la décision se prend. Sophie présente la situation au DG : « On a tout essayé. Les entretiens individuels, les outils, les formations. Rien ne change. On est face à quelque chose qui nous dépasse. Si on n’agit pas maintenant de façon différente, on va droit dans le mur. »
Faire appel à un coach d’équipe devient nécessaire quand :
- Les solutions RH classiques ont échoué à modifier durablement la situation
- Les enjeux dépassent la simple compétence managériale (comportements inappropriés, système dysfonctionnel)
- L’équipe et le dirigeant sont enfermés dans des rôles figés
- Les RH elles-mêmes sont aspirées dans le système et ne peuvent plus avoir le recul nécessaire
- Il faut un cadre externe pour que la parole puisse se libérer sans danger
- La complexité nécessite une lecture systémique que personne en interne ne peut apporter
- L’urgence et l’importance des enjeux appellent une intervention structurée et professionnelle
Ce n’est pas renoncer. C’est au contraire reconnaître qu’une situation complexe nécessite une expertise spécifique. Comme on ferait appel à un expert-comptable pour un audit financier complexe, on fait appel à un coach pour démêler un nœud relationnel et organisationnel.
Ce que le coach d’équipe va faire en priorité
L’intervention commence par un cadrage précis. Le coach rencontre Sophie et le DG pour comprendre la demande, les enjeux, les limites de l’intervention. Plusieurs points sont clarifiés d’emblée :
Établir un diagnostic partagé : Le coach va d’abord écouter. Entretiens individuels confidentiels avec chaque membre de l’équipe, avec Laurent, avec les RH, parfois avec quelques étudiants volontaires. L’objectif n’est pas de recueillir des preuves ou de constituer un dossier, mais de comprendre ce que chacun vit, perçoit, ressent. De cartographier les dynamiques à l’œuvre. De faire émerger ce qui se dit dans les couloirs mais jamais en réunion.
Créer un cadre de sécurité psychologique : Pour que la parole puisse se libérer, il faut un cadre clair. Le coach pose les règles : confidentialité (ce qui est dit en individuel reste confidentiel, sauf signalement d’un danger), non-jugement, écoute respectueuse. Il explique son rôle, ce qu’il peut faire et ce qu’il ne fera pas. Il garantit que personne ne sera exposé ou sanctionné pour avoir parlé.
Nommer ce qui ne se dit pas : Lors d’une première séance collective, après les entretiens individuels, le coach restitue ce qu’il a entendu. Pas les détails nominatifs, mais les grandes dynamiques : « J’ai entendu une équipe en souffrance. J’ai entendu une peur de parler. J’ai entendu des choses graves qui sont sues mais pas dites. J’ai entendu un besoin de clarté sur ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. »
C’est souvent le moment le plus fort. Quelqu’un a enfin mis des mots sur ce que tout le monde ressentait. L’éléphant dans la pièce est nommé. Le soulagement est palpable, même si l’inconfort est grand.
Distinguer les niveaux d’intervention : Le coach identifie rapidement qu’il y a deux chantiers parallèles :
- Un chantier disciplinaire : les comportements potentiellement graves de Laurent (alcool, propos déplacés) relèvent de la responsabilité de l’employeur. Ce n’est pas le rôle du coach de les traiter directement. Il pourrait alerter les RH et le DG sur la nécessité d’une enquête interne ou d’un accompagnement spécifique pour Laurent. éventuellement, il stimulera la réflexion de Laurent sur ces comportements, si le sujet vient dans la conversation, ou même le confronter s’il est censé officiellement connaître ces éléments. Il pourra alors proposer à son client des questions qui l’éclairent sur les mécanismes, les conséquences, les comportements alternatifs…
- Un chantier collectif : les dynamiques d’équipe, les non-dits, les clans, le manque de cadre peuvent être travaillés en coaching d’équipe.
Cette distinction est cruciale. On ne peut pas « coacher » une équipe si des comportements graves ne sont pas traités par ailleurs. Le coach le dit clairement.
Travailler sur le cadre et les règles du jeu : Avec l’équipe, le coach va d’abord travailler sur « ce qui fait équipe« . Quelles sont les valeurs communes ? Qu’est-ce qui est acceptable et qu’est-ce qui ne l’est pas dans les relations professionnelles ? Comment on se parle ? Comment on prend les décisions ? Comment on gère les désaccords ?
Ces questions peuvent sembler basiques, mais dans une équipe en crise, rien n’est évident. Reconstruire un socle commun, c’est recréer les conditions de la confiance.
Accompagner la régulation des tensions : Le coach va faciliter des temps de régulation où les conflits latents peuvent être abordés. Pas pour « régler ses comptes », mais pour clarifier les malentendus, exprimer les besoins, trouver des ajustements concrets. Il garantit que ces échanges restent dans un cadre constructif et respectueux.
Restaurer la circulation de l’information : Une grande part du travail porte sur la communication. Comment on partage l’information ? Comment on s’assure que tout le monde a accès aux mêmes éléments ? Comment on évite que les décisions se prennent dans l’ombre ? Le coach aide l’équipe à construire des rituels simples et efficaces.
Développer l’autonomie collective : L’objectif n’est pas que l’équipe reste dépendante du coach. C’est qu’elle apprenne à gérer elle-même ses tensions, à se parler directement, à résoudre ses problèmes. Le coach transmet progressivement des outils et des pratiques que l’équipe pourra réutiliser.
Ce que le coach d’équipe ne fera PAS
Il est tout aussi important de clarifier ce qui n’est pas de son ressort :
Le coach n’est pas un enquêteur : Il ne va pas mener une investigation pour établir des faits ou constituer un dossier disciplinaire. Si des comportements graves sont révélés (harcèlement, alcoolisme au travail), il alertera les RH, mais c’est à l’employeur de prendre ses responsabilités juridiques et disciplinaires. Le coach n’est pas là pour « coincer » Laurent.
Le coach n’est pas un thérapeute : Si Laurent a un problème d’alcool, il a besoin d’un accompagnement médical et thérapeutique, pas d’un coaching. Si des collaborateurs sont en souffrance psychologique profonde, ils doivent être orientés vers des professionnels de santé. Le coach travaille sur les dynamiques collectives, pas sur les pathologies individuelles.
Le coach n’est pas un décideur : Il ne va pas dire ce qu’il faut faire de Laurent (le maintenir, le former, le licencier). Il ne va pas trancher les conflits à la place de l’équipe. Il ne va pas imposer une organisation. Il facilite, il éclaire, il accompagne. Mais les décisions restent du ressort de la direction et des RH.
Le coach n’est pas un consultant organisationnel : Il ne va pas refondre l’organigramme, réécrire les fiches de poste, installer un nouveau logiciel de gestion. Ces questions peuvent émerger du travail de coaching, mais elles relèvent ensuite d’une expertise de conseil en organisation.
Le coach n’est pas un formateur : Il ne va pas faire un stage de trois jours sur « les fondamentaux du management » ou « la communication non violente« . Il travaille à partir du réel, de ce qui se passe ici et maintenant dans cette équipe-là. La formation peut compléter, mais elle ne remplace pas le travail en profondeur.
La différence avec un médiateur ou un consultant
Cette clarification est essentielle pour les RH qui peuvent être tentées de faire appel à différents types d’intervenants.
Le médiateur
Quand y faire appel ? Lorsqu’il y a un conflit ouvert entre deux parties identifiées (deux personnes, deux services) qui ne parviennent plus à communiquer et ont besoin d’un tiers neutre pour rétablir le dialogue.
Sa posture : Strictement neutre et impartiale, le médiateur ne prend parti pour personne. Il ne donne pas son avis sur le fond. Son rôle est de faciliter la communication et d’aider les parties à trouver elles-mêmes un accord.
Ce qu’il apporte : Un cadre sécurisé pour que chacun puisse exprimer sa position, ses besoins, ses émotions. Un processus structuré qui permet de passer du conflit à la négociation.
Ses limites : La médiation suppose des parties volontaires et de bonne foi. Elle ne traite pas les dynamiques systémiques complexes ni les problèmes managériaux structurels. Elle n’est pas adaptée si une partie est en position de pouvoir abusif. Et cela arrive même de la part des collaborateurs en position non hiérarchique, qui peuvent par exemple agiter la menace de plainte en harcèlement (même si celle-ci est abusive).
Dans le cas de l’école : Un médiateur pourrait intervenir sur un conflit spécifique entre deux enseignants ou entre le service administratif et le service pédagogique. Mais il ne pourrait pas traiter le problème d’ensemble : les comportements de Laurent, le système de non-dits, la culture de l’établissement.
Le consultant/mentor
Quand y faire appel ? Lorsqu’il y a un besoin d’expertise technique, d’apport de méthodes, de transmission de bonnes pratiques. Ou lorsqu’un dirigeant a besoin d’un regard extérieur expérimenté pour l’aider à prendre du recul sur ses décisions stratégiques.
Sa posture : Expert qui apporte son savoir, son expérience, ses outils. Il peut donner des conseils, recommander des solutions, transmettre des méthodologies éprouvées ailleurs.
Ce qu’il apporte : Des benchmarks, des analyses comparatives, des plans d’action structurés, des formations sur mesure. Le mentor apporte en plus un soutien personnalisé au dirigeant basé sur son vécu.
Ses limites : Le consultant n’est pas formé au travail sur les dynamiques relationnelles et émotionnelles. Il ne travaille pas sur l’inconscient collectif de l’équipe. Il peut diagnostiquer les dysfonctionnements organisationnels mais pas nécessairement les résoudre s’ils sont profondément ancrés dans les relations.
Dans le cas de l’école : Un consultant pourrait aider à restructurer l’organisation, à mettre en place de nouveaux process, à former Laurent aux fondamentaux du management. Mais il ne pourrait pas traiter la perte de confiance, les non-dits, la souffrance collective.
Le coach d’équipe
Sa spécificité : Il travaille sur la dimension humaine et systémique. Il accompagne le groupe à prendre conscience de ses dynamiques, à identifier ses ressources, à expérimenter de nouvelles façons de fonctionner ensemble.
Sa posture : Facilitateur bienveillant mais exigeant. Il ne donne pas de solutions toutes faites, mais pose les questions qui permettent à l’équipe de trouver ses propres réponses. Il renvoie à chacun sa part de responsabilité dans le système.
Ce qu’il apporte : Une lecture systémique qui permet de sortir des logiques de bouc émissaire. Un espace de parole sécurisé où dire ce qui ne se dit pas. Une méthode pour réguler les tensions et reconstruire la confiance. Un accompagnement dans la durée pour ancrer les changements.
Ses limites : Il ne remplace pas les décisions de gestion (sanctions, réorganisation, formation). Il ne traite pas les pathologies individuelles. Il ne peut travailler efficacement que si les comportements graves sont traités par ailleurs en coordination avec son intervention.
Dans le cas de l’école : Le coach d’équipe est pertinent pour accompagner cette équipe à sortir du déni collectif, à nommer ce qui se joue, à reconstruire un fonctionnement sain. Mais il doit être accompagné d’actions RH fermes sur les comportements de Laurent. Les RH et le coach doivent travailler de concert, eux-me^mes comme une équipe.
Ce qui s’est passé concrètement dans cette école
L’intervention s’est déroulée sur six mois, avec une phase intensive les trois premiers mois.
Phase 1 – Diagnostic et cadrage (1 mois) :
- Entretiens individuels confidentiels avec les quinze membres de l’équipe et Laurent
- Restitution à l’équipe du diagnostic systémique (sans citer de noms)
- Clarification des responsabilités : le coach accompagne l’équipe, les RH traitent les aspects disciplinaires concernant Laurent
Décision RH parallèle : Suite aux éléments remontés, la direction a pris plusieurs décisions :
- Mise en place d’un accompagnement individuel pour Laurent avec un psychologue du travail
- Signature d’un protocole clair sur les comportements attendus
- Avertissement formel sur les propos déplacés avec engagement de suivi
- Proposition d’un bilan de santé et accompagnement si problème d’alcool confirmé
- Formation managériale obligatoire
Phase 2 – Travail collectif (2 mois) :
- Séances collectives bimensuelles pour reconstruire le cadre commun
- Travail sur les valeurs de l’équipe et les règles du jeu
- Régulation des tensions entre pédagogique et administratif
- Mise en place de rituels d’équipe (réunion hebdomadaire structurée, espace de régulation mensuel)
- Clarification des rôles et responsabilités de chacun
Phase 3 – Consolidation (3 mois) :
- Séances mensuelles pour ancrer les nouvelles pratiques
- Accompagnement de Laurent dans sa posture managériale (en lien avec son accompagnement individuel)
- Développement de l’autonomie de l’équipe dans la gestion de ses tensions
- Bilan collectif sur le chemin parcouru et les points de vigilance
Résultats observés après six mois :
- Aucun nouvel arrêt maladie lié au climat de travail
- Stabilisation de l’équipe (aucune démission)
- Amélioration visible de la communication (l’information circule mieux)
- Capacité de l’équipe à traiter directement les désaccords plutôt que de laisser pourrir
- Laurent plus cadrant et respectueux des limites professionnelles (sous surveillance RH)
- Un climat encore fragile mais en voie de reconstruction
Ce qui n’a pas été « résolu » :
- La relation entre Laurent et l’équipe reste un point d’attention, les mauvais plis (le silence soumis des uns, les indiscrétions de l’autre) pouvant vite revenir malgré les bonnes volontés réelles
- Certaines personnes restent méfiantes et ne lui pardonneront pas
- La question de la succession de Laurent à moyen terme reste posée
- L’école a conscience qu’elle a failli dans sa responsabilité employeur et doit rester attentive
Ce que cette histoire nous enseigne
Ce cas illustre plusieurs réalités importantes sur le coaching d’équipe en situation de crise :
Le coaching n’est pas une solution miracle : Il ne peut pas réparer des années de dysfonctionnement en quelques séances. Il ne peut pas transformer quelqu’un qui ne veut pas changer. Il ne peut pas gommer les blessures profondes instantanément.
Le coaching nécessite un engagement de la direction : Si l’école n’avait pas pris de décisions fermes concernant Laurent, le coaching d’équipe aurait été vain. On ne peut pas demander à une équipe de se reconstruire si les comportements problématiques continuent en parallèle.
Le coaching révèle les responsabilités de chacun : L’équipe a aussi dû regarder sa part : comment elle a laissé s’installer les clans, comment elle a entretenu les rumeurs plutôt que de parler franchement, comment elle a parfois profité du flou pour avancer ses intérêts. Personne n’est seulement victime ou coupable.
Le coaching prend du temps : Six mois peuvent sembler longs, mais c’est le temps nécessaire pour que de nouveaux réflexes s’installent, que la confiance se reconstruise progressivement, que l’équipe expérimente et ajuste.
Le coaching ne résout pas tout : Certaines relations resteront abîmées. Certaines personnes partiront peut-être quand même. Et c’est normal. L’objectif n’est pas que tout le monde s’aime, mais que l’équipe puisse fonctionner professionnellement dans le respect de chacun.
Le coaching protège l’institution : En traitant sérieusement la situation plutôt qu’en la niant, l’école a protégé sa réputation, évité des risques juridiques, et surtout, protégé ses collaborateurs et ses étudiants. C’est un investissement dans la santé de l’organisation.
Faire appel à un coach d’équipe, ce n’est pas avouer un échec. C’est reconnaître qu’une situation dépasse les solutions habituelles et nécessite une expertise spécifique. C’est prendre au sérieux la souffrance d’une équipe et se donner les moyens de la traiter avec professionnalisme. C’est aussi un signal fort envoyé à toute l’organisation : les comportements inappropriés ne sont pas tolérés, et quand les choses vont mal, on ne laisse pas pourrir.
Chaque situation est unique, mais toutes partagent un point commun : plus tôt on agit, moins les dégâts sont profonds. Quand vous vous dites « on a tout essayé », c’est souvent le moment de faire appel à quelqu’un qui n’a pas encore essayé.
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