Dans cet article, j’aimerais partager avec vous une réflexion d’ordre global sur le chemin pour s’individualiser, c’est-à-dire le cheminement personnel qui nous conduit à devenir des « individus » à part entière… Je ne dis pas que la vision exposée ci-après soit absolue : ce n’est que le partage d’un point de vue, celui que me confèrent ma propre expérience et ma propre réflexion.
A Retenir
- Le chemin vers l’individualisation implique une introspection sur son identité profonde.
- La spiritualité peut être trouvée tant en Orient qu’en Occident sans appartenir à des écoles.
- La quête de soi commence souvent par la question fondamentale : « Qui suis-je ? ».
- La libération personnelle passe par la reconnaissance et la transcendance de l’ego.
- L’expérience de la vie individuelle comporte des étapes symboliques et structurantes.
Point de vue
Je suis né en Occident, mais j’ai tout d’abord été attiré puissamment par l’Orient (qui ne m’a plus quitté depuis, au travers du yoga, de la méditation, etc…), mais en bon Gaulois, tel Obélix, je suis également tombé très jeune dans la potion Occidentale…
Ainsi, après un une première incursion en culture exotique : je me suis senti pleinement chez moi, dans la Tradition métaphysique et alchimique Occidentale. Et depuis j’y suis pour toujours (mais loin de toute école d’appartenance, que je respecte, mais que je laisse à ceux que cela tente d’appartenir à quelque chose). Et je fus fort étonné, rassuré et fier, de me rendre compte que cette partie du monde, pourtant si polluée et si profane, était encore, elle aussi, animée de la flamme éternelle, la même qui m’avait tant attiré en Orient. Sous l’injustice et le chaos de l’absurde, la présence rassurante de l’esprit est donc partout.
Pas besoin de chercher midi à 14 heures
En Occident pas moins qu’en Orient, n’en déplaise aux fantasmes qui font qu’on cherche toujours dans le pré d’à-côté si l’herbe n’y serait pas plus verte… Sous le manteau sucré de la religion, notre culture est infestée de spiritualité crue. Depuis les Celtes, qui ont baptisé les lieu-dits en fonction de leur nature occulte, jusqu’aux bâtisseurs de cathédrales, qui ont gravé leur connaissance métaphysique jusque dans la pierre des églises, au nez et à la barbe des prélats qui « n’en pouvaient mais », notre culture est sous-tendue, imprégnée, canalisée, par des courants fulgurants, tenus aux grands carrefours de l’histoire par des êtres formidables et discrets, à toutes les époques, et dans toutes les civilisations.
A chacun de retrouver par soi-même ces petits cailloux blancs laissés sur le chemin (peut-être par le petit poucet ?)… Personnellement, je n’appartiens à aucune école, à aucune secte. Je suis un être en cours d’individuation comme tout le monde, et aussi un être libre par essence, comme vous.
(Mais ceci est facile à dire : ce qu’il faut c’est reconnaître cette liberté fondamentale de l’être, concrètement en soi-même, non seulement par sa tête, mais aussi par son coeur et jusque dans ses tripes. Et ça, cela prend un peu de temps, du moins en ce qui me concerne. Quoi qu’en disent certains tenants de la « non-dualité », il me semble que le chemin pour s’individualiser s’inscrit dans une certaine durée. Si vous cheminez déjà depuis quelques temps, vous comprendrez par votre vécu ce que je dis-là. Et sinon, si vous croyez que c’est instantané, attendez donc quelques minutes encore, et voyez donc par vous-même si un miracle s’opère dans l’intervalle… 🙂 Mais n’attendez quand même pas trop longtemps, parce ce que ce qu’il faut c’est s’empoigner pour progresser.
« Les Flambeaux ne s’arrachent pas à la Nuit, sans que l’Homme ne Combatte lui-même… » – Jacques Breyer
L’appel du Sentier
Alors, tout en découvrant en moi peu à peu cette liberté, intrinsèque à ce que je suis, j’assume ce Sentier qui m’a suscité, qui est mon parcours et mon conditionnement tout à la fois, et qui me sert de tremplin, pour sauter justement par-delà mes conditionnements divers (culturels, familiaux, personnels). Je vais donc vous parler à partir de la symbolique occidentale qui m’a formé, laquelle n’est qu’un doigt qui pointe vers la lune. S’il vous plaît, ne regardez pas le doigt, mais plutôt dans la direction vers laquelle il pointe…
Pas une question de « croyance »
Si, malgré d’éventuelles allergies bien compréhensibles envers les religions, il vous prenait de vouloir soulever un coin du voile, nous pourrions peut-être nous rejoindre, amicalement, dans une réflexion libre, par-dessus les querelles de clochers entre :
- les croyants (dont certains ne se posent aucune question : dommage pour eux !)
- et les incroyants (dont certains se questionnent ardemment : bravo !).
Parce que la question n’est pas du tout de « croire »…Laissons cela à ceux qui s’en contentent et osons plutôt expérimenter ET « réfléchir », par nous-même, chacun pour soi, et ce : depuis le tout premier instant de la naissance…
C'est beaucoup plus simple que vous ne l'imaginez. Quelques séances de coaching peuvent vous aider à vous recentrer, à y voir clair et à prendre quelques décisions salutaires. Ne restez pas seul(e) avec votre difficulté. Voyez courageusement comment la résoudre, ou comment vivre avec !
Voir l'offre de coachingUne erreur nécessaire
D’abord, on naît seul, on émerge seul du ventre de notre maman. Mais la conscience ordinaire, qui fera qu’on se prendra pour « moi », est encore embryonnaire, parce que justement à ce moment-là : « moi » n’est pas encore construit. Mais très vite, les relations avec les autres nous renvoient une image qui pointe vers l’intérieur, là d’où part notre regard, et il nous semble que ce retour d’image serait peut-être : ce que je suis. Ainsi se construit peu à peu une représentation mentale de « moi », notre « personnalité », un « moi » complètement conceptuel, sans aucune réalité. Mais ce « moi » devient tout de même actif et opérant, avec le début de la croyance, qui est le début de l’erreur : je crois que je suis « moi », même si c’est évidemment faux.
Pourquoi est-ce faux ?
Pour quelle raison ne serais-je pas ce « moi » ? Tout simplement parce que j »étais avant l’apparition progressive de ce moi, qui est apparu plus tard, construit de toutes pièces (rapportées). « Je » suis avant ce « moi » et au-delà de ce « moi » : Je suis, c’est évident. Peu à peu, se construit une agrégation d’images mentales, au gré des expériences, et cette somme de bouts disparates, serait « moi », comme un manteau sensé me désigner, alors qu’il ne fait que m’habiller, tandis que je suis forcément toujours nu en-dessous, à jamais (et heureusement : depuis « toujours ») Mais rassurons-nous, cette illusion de se prendre pour notre « moi » n’est pas si grave, même si elle est chargée de conséquences lourdes en termes de souffrances…
Une erreur inévitable
C’est une erreur qu’on ne peut pas ne pas commettre. C’est une souffrance qu’on ne peut pas ne pas rencontrer. Et ce qu’il faut c’est la vivre et la traverser, pour la reconnaître, la démasquer, et s’émanciper de son emprise… 100% des gagnants ont joué ! On ne peut pas espérer gagner au jeu de l’accès à sa propre vérité, sans même prendre un ticket pour démasquer l’illusion.
Pour la démasquer, en soi, pour soi et par soi-même, il faut d’abord la rencontrer, c’est-à-dire la vivre, et y croire à cette illusion, sans même savoir que c’en est une (sinon, évidemment, on n’y croirait pas et on ne la vivrait pas)…Il n’y a là aucune « injustice Divine » ni aucune faute coupable de l’homme.
La question, qui vous creuse jusqu’au trognon…

La question qui vous creuse : « Qui suis-je ? »
Elle nous mène tout droit à l’affirmation radieuse : « Je suis ! »
Alors, vous voici lancé dans la vie, en pleine illusion des sens, identifié à votre ego, quand survient la première incision possible : se poser La Question ou pas (Et puis aussi : insister ou abandonner tout de suite). Quelle question ? Devinez, gros malins !
Mille questions bien sûr, et finalement une seule sous-jacente à toutes : « Que suis-je ? » C’est peut-être en partie lié au destin, c’est certainement aussi une question de libre arbitre… : Toujours est-il que certains se laissent inciser par la question et d’autres s’en détournent.
Les premiers se mettent en chemin, tandis que les autres « bourrent dans le tunnel », sans conscience, et traversent les évènements-miroirs placés à tout moment sur leur chemin sans jamais s’y voir.
Accueillir la question ?
Du moins en est-il ainsi, tant qu’ils n’accueillent pas la question : « Qui suis-je ? Au delà de ce corps, de ce personnage, du contenu de mes pensées et de mes émotions, qui suis-je ? »
(Voir à ce sujet les 2 articles suivants : « Qu’est-ce que la Présence ? », « Etat de présence« ).
Et puis tôt ou tard, cette question s’impose d’elle même. Pas d’une manière philosophique ou intellectuelle, mais d’une manière expérientielle et émotionnelle. Et tout en appréciant la succession des instants crées par le cerveau (le temps psychologique), on découvre qu’en fait il n’y a qu’un seul instant : l’instant présent !
Quand tout bascule…
Et là, votre conception de la vie change, à la fois brutalement et progressivement (le temps de digérer goutte à goutte les effets de cette incision qui crée une brèche dans votre représentation mentale du monde et de vous-même).
Plus tard, vous serez même susceptible de vous arrêter en chemin un certain temps, perché dans une sorte de « paradis » d’unité, où vous êtes un peu détaché de tout (puisque vous voyez bien que tout est illusion), vous vous désengagez intérieurement et risquez de ne plus vivre finalement que comme un touriste, parce que l’enjeu précédent est éventé, et pour autant vous manquez encore de lucidité pour aller jusqu’au fond de l’expérience et entrer en contact avec l’Enjeu véritable qui était dessous le premier, auquel il fallait justement accéder…
Mais heureusement, cela ne peut pas durer !
Et peu à peu, paradoxalement, le « détachement » des histoires psychologiques vous permet de vous ré-engager, encore plus, dans l’expérience du quotidien, mais en cessant de vous prendre pour ce que vous n’êtes pas !
Autrement dit :
- 1- Vous êtes indifférencié, puis vous vous identifiez à votre ego et vous lancez dans la course, qui ne décolle pas du socle
- 2- Vous vous questionnez face au miroir de l’existence et vous découvrez un autre aspect de la réalité, qui densifie votre personne
- 3-Vous lâchez prise et accédez à un nouvel état de conscience, qui se distille jour après jour. Là, risquez de perdre votre début d’individualisation, à force de mal comprendre cette nouvelle soupe, celle selon laquelle tout est lié à tout, rien ne serait différent de rien… Alors à quoi bon ?…
- 4-Vous cessez de vous prendre pour « moi » et découvrez que « Je » suis. Certes je suis relié, mais distinct. Je suis peut-être « le même » que le grand Tout, mais d’une manière singulière… Je suis donc bel et bien un individu, responsable, et non pas uniquement déterminé. J’accède au second enjeu derrière le premier, qui fait que chacun tourne en rond en courant après sa queue, croyant avancer…
Un emprunt à la symbolique traditionnelle
Et là, vous êtes comme ce fronton du Portique, qui repose sur deux colonnes. Votre conscience (le fronton dans le symbole ci-dessus) repose sur deux points d’appui (les colonnes du Portique) :
- Colonne noire = Conscience du temps qui passe : la séparation, la personnalité, l’histoire qui se raconte dans votre tête, les pulsions qui émergent, les comportements mécaniques et compulsifs qui se manifestent en vous (auxquels vous ne laissez pas systématiquement libre cours, mais que vous voyez, sans les juger, sans les étiqueter)
- Colonne blanche = Conscience de l’instant présent, unique : votre être intimement relié à tout depuis cet endroit. C’est comme être debout dans l’eau avec le bas du corps dans la stabilité de l’eau profonde et les épaules en contact avec le mouvement des vagues à la surface. Là d’où vous êtes, vous vivez les deux plans de conscience simultanément, mais sans mélange. Les deux plans sont superposés. Tantôt c’est l’un qui prédomine et parfois c’est l’autre. Mais rien n’est un problème et vous ne vous laissez plus prendre par de nouvelles théories pour vous rassurer… parce que, dans le fond, malgré votre intérêt toujours vif pour comprendre, vous n’avez plus vraiment peur, vous êtes prêt à mourir puisque vous mourrez à chaque instant à votre mental et à votre passé. Donc plus besoin de vous rassurer avec des explications de l’après coup. Vous préférez de loin l’expérience directe, « maintenant », sans mots pour la mettre en équation.
La conscience du Fronton
Et, depuis ce Fronton vécu, construit dans votre essence pour de vrai à travers le chemin pour s’individualiser qui vous l’a fait expérimenter dans votre quotidien, se posent de nouveau des questions métaphysiques qui ouvrent sur une communion encore plus profonde…
Ces mêmes questions qui vous avaient tout d’abord assailli, mais dont vous n’aviez su que faire, à part croire à des réponses diverses, celles des autres surtout, plus ou moins justes.
Maintenant ce n’est plus vous qui les travaillez, ce sont elles qui vous entreprennent. et les réponses émergent d’elles-mêmes, comme aimantées par la question (et c’est d’ailleurs là l’origine véritable de la Loi d’attraction, loin des superstitions qui feraient qu’en y pensant très fort on va être enfin riche…bien misérable affaire !)
Nota : Le symbole du Portique ne doit pas être appréhendé d’une manière intellectuelle, il doit être ressenti et vécu, sinon il n’est que lettre morte. A ce propos, il est des « fraternités » dont j’ai toujours eu de bonnes raisons de ne pas souhaiter faire partie, qui sont dépositaires de par leur histoire de semblables symboles universels. Grand bien leur fasse, mais ces derniers appartiennent au patrimoine de toute l’humanité. Se les approprier d’une manière partisane serait évidemment ridicule. Tout chercheur sincère est fondamentalement libre de s’en emparer pour vibrer, et par eux s’exprimer… Si, par votre expérience, vous reconnaissez humblement être « un Fils », vous avez le droit d’utiliser les outils de la Maison-Humanité, qui sont donc les vôtres.
4 étapes du chemin pour s’individualiser
Récapitulons, il y a 4 étapes :
Socle : 1ère étape du chemin pour s’individualiser – Se laisser « creuser » par la question ?
- Si vous refusez la question (peut-être simplement parce que ce n’est pas encore l’heure pour vous, c’est tout), et tant u’il en sera ainsi vous resterez dans la conformité, dans le socle (voir le symbole du portique dessiné un peu plus haut) et, sans vous en rendre compte, vous vous priverez d’avoir la moindre pensée personnelle. D’ailleurs, vous ne pensez pas vraiment, vous êtes pensé, et vous ne faites que réagir émotionnellement en résonance avec des pensées non personnelles qui vous traversent. Rassurons-nous, les politiciens, les publicitaires et les figures d’autorité de tous ordres sont justement là pour « s’occuper de vous ». Mais il faut bien qu’ils vivent aussi. Dommage pour vous que ce soit à vos dépens ! Bon, mais on est tous obligé de passer par là, donc pas de panique, il est toujours temps de se réveiller…
- Si vous ne refusez pas la question, vous commencez à vous arracher du collectif, qui vit sans lendemain parce qu’il « refuse de se prendre la tête », tout en étant perclus d’angoisse (et c’est pour cela qu’il fuit). Vous, vous préférez vous détourner de cette fuite en avant, et vous laisser entreprendre par la question, qui vous creuse impitoyablement jusqu’à l’os. Cela fait peur ? Pas tellement, parce que vous ne savez pas à ce stade que cela va vous avaler tout cru et tout entier. Et puis, de toutes façons, vous n’avez pas le choix, vous êtes inexorablement attiré, c’est plus fort que vous…
Cette étape se situe symboliquement dans le socle brun du portique. Vous acceptez l’incision offerte par la vie, ou bien vous vous protégez et refusez de vous exposer à la morsure du questionnement. Auquel cas, vous restez dans le socle (bof!), et ça peut durer un certain temps, toute la vie parfois (mince !)…
Colonne noire : 2ème étape du chemin pour s’individualiser – S’engager, sinon on n’est rien !
Accédant à la colonne noire, vous osez vous lancer dans la vie, avec votre différence, et bon gré mal gré, vous entrez dans le « rat race » ou le « struggle for life », comme les autres, mais avec dépit.
Précisions que l’engagement dont nous parlons n’a rien à voir avec le fait de s’adonner à un métier, sa famille, sa commune, une association quelconque. Il s’agit de l’engagement dans une démarche de conscientisation, dont vous comprenez que c’est face au dragon du quotidien horizontal qu’elle se joue, mieux que dans des séminaires ou des ateliers divers.
Vous observez les autres foncer, sans se poser de questions, vers leur propre mort, qui ne les interroge pas plus que ça, et qu’ils s’arrangent pour ignorer, semblant faire comme si ils étaient éternels (ils le sont peut-être, mais pas comme ils l’imaginent).
Vous n’en revenez pas de constater cette immense absurdie de tout un monde qui va droit dans le mur (et auquel vous ne pouvez pas ne pas participer) ! Et, tout en jouant le jeu le moins mal possible (parce que vous n’êtes pas cablé pour croire à ce jeu) vous êtes désolé que les autres ne vous comprennent pas, et vous rejettent plus ou moins au passage, parce que vous n’êtes pas dans le moule.
Si vous avez du coeur, cela vous blesse probablement, et vous avez aussi de la peine pour eux, que vous aimez. Comment faire autrement : ce sont votre famille et vos amis ! Vous n’en avez pas d’autres. Et pourtant il va falloir les « laisser un peu derrière vous » puisque d’une certaine manière, c’est eux qui vous tournent le dos en refusant de se mettre en chemin pour et par eux mêmes, comme vous le faites.
Mais comment leur en vouloir ? Ils font ce qu’ils peuvent, tout comme vous. Evidemment ils ne vous comprennent pas, et vous jugeraient même volontiers si vous leur laissiez une prise pour le faire. Vous êtes donc obligé de vous protéger, même de vos proches. Vous êtes donc finalement seul dans la vie (comme l’oisillon chassé du nid, et c’est bien ainsi pour apprendre à voler… voir à ce propos notre article : « avoir peur de la solitude« ).
Donc, même s’il se peut que vous soyez bien entouré (ceci n’est qu’une question de déterminisme), vous êtes fondamentalement seul face à la grande Question (et cela, c’est un choix qui est vôtre)… C’est un choix courageux et solitaire, qu’il vous faut assumer en secret, pour ne pas déranger autrui qui ne veut pas chercher à comprendre,, et c’est son droit.
Colonne blanche : 3ème étape du chemin pour s’individualiser – s’arracher encore…
Deux cas de figure se présentent alors :
- soit vous vous prenez au jeu, et finissez par y « perdre votre âme » comme tout le monde, fasciné par la recherche de gloire ordinaire (argent, sexe, vanité). Et vous devenez comme les autres, pris dans le système. Mais vous avez en plus la coquetterie de vous croire « plus malin », parce que vous, en plus, « vous faites de la spiritualité »… En fait, vous avez un ego plus grand, c’est tout, à cause duquel vous êtes finalement encore plus malheureux que les autres : pitoyable résultat !
- soit vous jouez le jeu, mais parvenez à en sortir vivant, entier, intègre (mais essoufflé tout de même, et peut-être de justesse…). Autrement dit, vous accédez en vainqueur à la conscience de l’instant présent, tout en ayant les deux pieds sur terre parce que vous avez été au feu. Alors, parfois, vous entendez au loin des naïfs, fraîchement « convertis », répéter en choeur ce que les nouveaux grands prêtres à la mode leur ont enseigné, mais leurs « chansons » ne vous intéressent pas tellement, parce que vous vivez l’expérience directe qu’ils racontent de « l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours »… Vous, de temps en temps : vous voyez l’ours directement. Et vous vous la fermez ! Et puis, cet « ours » (pour continuer de filer la métaphore), de plus en plus, vous le sentirez présent tout le temps, en arrière plan de la conscience. Et progressivement, vous commencerez à l’ouvrir, discrètement… Pas pour vous vanter évidemment (de quoi, mon Dieu ?), mais pour partager, pour le plaisir d’exprimer. Et peu importe que d’autres apprécient ou non. C’est dit pour être dit, cela se doit, un point c’est tout… Vous ne serez ni le premier ni le dernier à le faire. Et c’est bien ainsi.
Début de Fronton : C’est là que ça commence vraiment…
Vous quittez le bien-être mièvre, vaguement dépressif, où vous étiez peut-être en train de vous engluer : dans la « pleine conscience » (pas tout-à-fait pleine, monseigneur ?) …finalement un peu à côté de vos pompes, tandis que la vie passe, sans vous, qui étiez un peu « perché sur les cimes », dans un petit monde préservé, bien à vous, une bulle d’harmonie personnelle, où le contact avec autrui devait être « filtré » pour ne pas vous exposer aux secousses d’un miroir trop « polluant »…
Vous ne le faisiez pas exprès, et il le fallait bien pour vous concentrer et vous extraire, c’était une étape à vivre sur le chemin pour s’individualiser. Là encore, aucun sentiment de culpabilité, aucun reproche, juste vivre et voir…
Et là vous retrouvez les questions métaphysiques, qui vous avaient tout d’abord servi de tremplin, mais que vous aviez dû partiellement abandonner pour vivre pleinement l’épreuve face au dragon, ce grand tamis du collectif, cette forge où telle une épée, sur l’enclume de Vulcain vous avez tout d’abord été martelé, sans égard pour votre petite « personne »… Ces questions métaphysiques ne sont plus intellectuelles pour vous.
Dorénavant, vous les vivez, et les réponses parfois s’imposent, qui émergent du fond de la conscience impersonnelle, et s’expriment d’une manière individualisée à travers votre prisme individuel. Se pourrait-il, dans cet état, que certaines expériences naturelles et simples vous soient enfin accessibles, où la réalité dépasse la fiction, et où rien n’a la même forme que ce dont vous aviez vaguement nourri le fantasme, à l’écoute des récits d’autrui ? « Savoir-Vouloir-oser-Se taire » nous suggère le sphinx antique… Parce qu’au-delà de tout secret enfantin qui ne retient que les nigauds, c’est à chacun de vivre sa propre expérience quand il arrive là. C’est tout.
Rien de rigide, mais un ordre structurant
Dans ce texte, le chemin pour s’individualiser semble être mis en équation avec 3 étapes, 3 opportunités, et tout bien dans l’ordre. Mais ce n’est bien sûr qu’un effet de présentation symbolique, qui décrit les choses de l’extérieur. En fait, quand on les vit de l’intérieur, on vit un peu tous ces états à la fois, avec des allers et retours entre les différentes options, et nous l’avons déjà dit cela dure quelques années…
N’y voyez aucune rigidité : Il n’y a pas de rejet, pas de jugement. La vie est fondamentalement « inclusive », et c’est toujours « maintenant » le bon moment pour se mettre en chemin. Mais la vie est tout de même structurée, organisée, sinon il n’y aurait rien (Or, ce que nous constatons, c’est qu’il y a bien « quelque chose »… Ne serait-ce que nous-même pour nous poser cette question !).
Alors, trêve de faux débats, on va dire dans l’après coup, que des grandes étapes semblent se dégager, qui permettent de se repérer dans ce qu’on vit. Voilà, ce n’est pas une grosse affaire… Vivons tout cela avec légèreté, ce n’en sera probablement pas plus désagréable.
Un ami sur le Sentier…
FAQ sur le chemin pour s’individualiser
Réponses aux interrogations sur la quête personnelle, la spiritualité et la construction de soi
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Qu’est-ce que le chemin pour s’individualiser ?
C’est un parcours personnel qui nous conduit à devenir un ‘individu’ à part entière, en se détachant des conditionnements collectifs et en se posant des questions existentielles sur qui nous sommes vraiment, au-delà des filtres imposés par la culture ou la personnalité.
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Comment l’auteur perçoit-il l’influence de l’Orient et de l’Occident dans sa quête spirituelle ?
L’auteur explique qu’il a été profondément attiré par l’Orient (via le yoga, la méditation, etc.) tout en se retrouvant dans la Tradition métaphysique occidentale. Cette double influence lui permet de voir que la spiritualité se manifeste dans les deux cultures, même dans un environnement apparemment profane.
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Pourquoi la question 'Qui suis-je ?' est-elle si centrale dans cet article ?
Car elle remet en cause l’identification à un ‘moi’ construit socialement et mentalement. Cette question ouvre la voie à une exploration profonde de notre être, en nous invitant à dépasser l’illusion de notre personnalité pour accéder à notre essence véritable.
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Quelle différence est faite entre le 'moi' et 'Je suis' ?
L’auteur distingue le ‘moi’ comme une construction mentale, souvent erronée, qui se forme au fil des expériences et des interactions sociales, tandis que ‘Je suis’ renvoie à notre existence pure, notre être fondamental avant toute identification.
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Quel est le rôle de la symbolique du Portique dans le processus d’individuation ?
La symbolique du Portique, avec ses deux colonnes (la colonne noire représentant la conscience du temps et l’identification au ‘moi’, et la colonne blanche illustrant la conscience de l’instant présent), sert de métaphore pour décrire comment notre conscience se structure entre l’attachement aux récits du passé et l’expérience immédiate du présent.
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Quelles sont les étapes du chemin pour s’individualiser présentées dans l’article ?
L’article évoque quatre grandes étapes symboliques :
– La première étape consiste à accepter d’être ‘creusé’ par la question existentielle, marquant la prise de conscience.
– La deuxième étape, associée à la ‘colonne noire’, est l’engagement personnel face aux défis de la vie.
– La troisième étape, en lien avec la ‘colonne blanche’, vous confrontez l’illusion du moi pour accéder à l’instant présent.
– Enfin, le ‘début de Fronton’ représente le moment où la quête intérieure s’approfondit et l’individu cesse de se définir uniquement par ses conditionnements. -
En quoi consiste l'erreur inhérente à la construction du 'moi' ?
L’erreur réside dans le fait que nous nous identifions à une image mentale et conceptuelle de nous-mêmes, construite à partir des interactions et des influences extérieures. Cette fausse identification engendre des souffrances, car nous oublions que notre existence authentique dépasse largement l’ensemble des représentations et des rôles que nous nous assignons.
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L’individualisation est-elle un processus rigide et linéaire ?
Non, l’auteur insiste sur le caractère fluide et non-linéaire de ce chemin. Il n’y a pas de formule fixe : les étapes représentent davantage des repères symboliques qui peuvent se recouper et s’entrelacer au fil du temps. La vie est inclusive et chaque individu évolue à son rythme, en passant d’un état à l’autre selon ses expériences.