Oubliez les boules de cristal, la nostalgie ésotérique et les prédictions sur le retour de l’être aimé. Le Tarot n’a pas besoin de pouvoirs magiques pour fonctionner. En réalité, c’est un excellent miroir rétroviseur pour notre propre bêtise.
Plutôt que d’attendre de ces morceaux de carton qu’ils prédisent l’avenir — ce qui relèverait soit de la paresse spirituelle, soit d’un excès de naïveté —, utilisons-les comme un dispositif d’auto-vigilance.
Quand vous pilotez un projet (ou votre vie), vous souffrez naturellement de cécité cognitive par moments et par endroits : focalisé sur l’objectif, vous ne voyez plus les angles morts. C’est le fameux syndrome du nez coller sur la vitre.
Un ami lucide vous dirait : « Dis donc, tu ne trouves pas que tu fonces dans le mur avec le sourire ? » Mais comme on écoute rarement ses proches (trop polis ou trop impliqués), laissons les cartes de Tarot de Marseille jouer ce rôle de candide impertinent.
La méthode du « Tirage-Crash-Test »
Pas besoin d’avoir fait Math Sup Tarot.
- Prenez les 22 arcanes majeurs (ou coupez 22 petits papiers numérotés de 1 à 22 dans votre chapeau préféré).
- Posez une question cash sur votre travers du moment.
- Option ciblée : « Quel est le piège idiot dans lequel je suis en train de tomber au boulot / en amour ? »
- Option panoramique : « Où est ma zone d’aveuglement actuelle ? »
- Tirez une carte au hasard et lisez la mise en garde associée.
Exemple d’application concrète : Imaginez : vous préparez le lancement d’un nouveau produit depuis trois mois. Vous pigez L’Impératrice. Au lieu d’y voir « la fertilité et la création », lisez l’avertissement : Êtes-vous en train de survendre le concept théorique PowerPoint en oubliant que personne n’a encore testé le bouton « Valider le panier » ? Effet douche froide garanti, mais sauvegarde de projet assurée.
Comment le Tarot peut aider à votre supervision ?
En tant que coach, vous connaissez par cœur cette sensation : une séance approche ou vient de se terminer, et un léger doute flotte. Êtes-vous en train de glisser dans un piège relationnel avec votre client ? Êtes-vous tombé dans la sur-sympathie, le sauvetage, ou la rigidité méthodologique ?
Aujourd’hui, beaucoup de praticiens se tournent vers l’Intelligence Artificielle pour préparer leurs entretiens ou débriefer leurs cas. L’IA est formidable pour synthétiser des données, proposer des cadres logiques ou générer des matrices analytiques. Mais l’IA a un biais majeur : elle fonctionne sur la logique linéaire et la convergence. Elle cherche à apporter des réponses.
Le Tarot, lui, fait exactement l’inverse : il refuse la réponse et impose un questionnement décalé.
Utilisé non pas comme un oracle ésotérique, mais comme une grille d’intelligence symbolique et de projection inconsciente, le Tarot devient un puissant outil d’auto-supervision. Là où l’IA réfléchit à votre place, le symbole contraint votre propre cerveau à faire un saut de côté.
En amont de la séance : Casser ses angles morts et préparer sa posture
Préparer une séance avec le Tarot ne consiste pas à prédire ce que le client va dire, mais à tester la neutralité et la flexibilité de votre propre posture.
Avant l’arrivée du client, poser une question simple — « Quelle est mon point aveugle face à ce client aujourd’hui ? » — et tirer un arcane majeur agit comme un test de Rorschach ciblé.
- L’IA vous dirait : « Pour ce profil de client utilisez la méthode X et préparez les questions Y. »
- Le Tarot (ex. L’Empereur) vous demande : « Es-tu en train de préparer une structure trop rigide parce que tu as peur de te faire déborder par ses émotions ? »
Le symbole ne vous donne pas un protocole : il réveille votre conscience sur ce que vous vous apprêtiez à projeter sur la séance. Il vous force à ajuster votre posture avant d’ouvrir la porte du cabinet.
En débriefing : L’auto-supervision par l’intelligence symbolique
Après une séance éprouvante ou insatisfaisante, le coach cherche souvent à comprendre ce qui s’est joué. Le danger classique est la rationalisation à posteriori : on se raconte une histoire pour rassurer son propre ego.
Utiliser l’arcane comme miroir de débriefing permet une auto-supervision immédiate et sans complaisance :
- Révéler les jeux psychologiques (Karpman) : Tirer Le Pendu après une séance où l’on s’est senti épuisé fait immédiatement tilt : « N’ai-je pas porté le problème à la place du client ? Suis-je tombé dans le rôle du sauveur/martyr ? »
- Identifier les transferts et contre-transferts : Tirer Le Diable interroge l’attraction, la prise de pouvoir ou la séduction intellectuelle qui a pu s’immiscer dans la relation thérapeutique.
- Mettre en lumière l’isomorphisme : Parfois, la carte tirée reflète exactement le système du client. Tirer La Maison-Dieu aide à comprendre que le chaos ressenti en séance n’est que l’écho de la déstructuration interne que le client traverse dans son entreprise.
IA vs Tarot : Deux formes complémentaires d’externalisation de la pensée
Il ne s’agit pas d’opposer bêtement la technologie au symbole, mais de comprendre la nature de l’effort cognitif qu’ils sollicitent :
| Dimension | L’Intelligence Artificielle (IA) | L’Intelligence Symbolique (Tarot) |
|---|---|---|
| Mode opératoire | Analytique, logique, déductif | Analogique, métaphorique, latéral |
| Type de production | Fournit des réponses, des plans, des données | Pose des questions, crée des ruptures de cadre |
| Rôle du coach | Récepteur et valideur de l’information | Acteur du sens (le travail herméneutique) |
| Impact psychologique | Rassure la pensée logique | Mène à la prise de conscience (l’effet Aha!) |
L’IA traite de l’information explicite. Le Tarot sollicite l’implicite, l’intuition et l’inconscient du coach. C’est un perturbateur socratique : il vous empêche de vous contenter de vos explications habituelles.
Le Guide d’Auto-Supervision du Coach : 22 Grilles de Lecture
Voici des exemples qui illustrent comment relire les 22 arcanes majeurs sous l’angle exclusif de la posture de coaching, du transfert et du débriefing de séance :
1. Le Bateleur : La dispersion / Le piège du zèle
- En préparation : Suis-je en train de vouloir trop en faire, de sortir toute ma boîte à outils dès la première séance pour impressionner le client ?
- En débriefing : La séance a-t-elle été un feu d’artifice d’idées sans aucun ancrage réel ?
- Action : Simplifier, fermer la boîte à outils, poser un cadre clair.
2. La Papesse : La rétention / La froideur théorique
- En préparation : Suis-je en train de me cacher derrière mes théories ou mon masque d’expert distant ?
- En débriefing : Ai-je trop gardé le silence ? Ai-je refusé un partage confrontant par excès de retenue ?
- Action : Sortir du rôle de l’observateur muet et réinjecter de la présence relationnelle.
3. L’Impératrice : Le bavardage conceptuel / La sur-intellectualisation
- En préparation : Est-ce que je risque de m’embarquer dans un débat d’idées passionnant avec ce client brillant, en oubliant le problème concret ?
- En débriefing : Avons-nous fait de la belle philosophie d’entreprise sans produire un seul plan d’action ?
- Action : Ramener la séance sur le terrain du « Comment » concrètement.
4. L’Empereur : La rigidité / La prise de pouvoir
- En préparation : Est-ce que je cherche à imposer mon agenda et ma vision de la solution au client ?
- En débriefing : Ai-je été trop directif ? Ai-je recréé pour le client la figure d’autorité qu’il subit déjà dans sa vie ?
- Action : Rendre les clés du camion au client et assouplir le cadre.
5. Le Pape : Le dogme / Le piège du conseiller
- En préparation : Suis-je en train de me prendre pour un mentor qui va distribuer les bons points et les leçons de vie ?
- En débriefing : Ai-je donné des conseils au lieu de poser des questions ouvertes ?
- Action : Renoncer au statut de « sachant » et retrouver une posture de neutralité bienveillante.
6. L’Amoureux : L’ambivalence / Le désir de plaire
- En préparation : Suis-je prêt à affronter le client, ou ai-je trop peur qu’il ne m’aime plus si je le confronte ?
- En débriefing : Pourquoi ai-je évité la question difficile qui fâche ?
- Action : Privilégier l’alliance authentique plutôt que la séduction.
7. Le Chariot : Le forcing / L’agressivité de l’objectif
- En préparation : Est-ce que je pousse le client plus vite et plus loin que là où il est réellement prêt à aller ?
- En débriefing : Ai-je tiré la charrue à la place des bœufs ? Le client a-t-il acquiescé par épuisement ?
- Action : Ralentir le rythme et se caler sur le pas du client.
8. La Justice : Le jugement / Le cadre castrateur
- En préparation : Suis-je en train de juger moralement la situation ou les choix de ce client ?
- En débriefing : La séance a-t-elle ressemblé à un tribunal ou à un audit froid plutôt qu’à un espace d’accompagnement ?
- Action : Remplacer l’évaluation par l’empathie structurée.
9. L’Hermite : Le désengagement / L’isolement
- En préparation : Suis-je suffisamment disponible émotionnellement pour cette séance, ou suis-je fatigué et fermé ?
- En débriefing : Ai-je laissé le client seul face à son marasme sans lui tendre de perche ?
- Action : Recharger ses batteries et réinvestir le lien.
10. La Roue de Fortune : L’instabilité / La perte du fil conducteur
- En préparation : Comment vais-je gérer si le client arrive encore une fois avec un nouveau sujet imprévu ?
- En débriefing : Nos séances se suivent-elles sans aucune continuité stratégique ?
- Action : Mettre un point d’arrêt et reclarifier le contrat d’accompagnement global.
11. La Force : L’épreuve de force / La lutte d’ego
- En préparation : Y a-t-il un bras de fer sous-jacent entre le client et moi sur « qui a raison » ?
- En débriefing : Ai-je utilisé de la coercition verbale pour amener le client à une prise de conscience ?
- Action : Mettre fin à la résistance par la douceur et le lâcher-prise.
12. Le Pendu : Le sauvetage / Le blocage systémique
- En préparation : Suis-je en train d’accepter une situation où le client ne fait aucun effort entre les séances ?
- En débriefing : Suis-je sorti de là vidé, avec le sentiment d’avoir porté le poids de sa vie pendant 1 heure ?
- Action : Sortir immédiatement du rôle de Sauveur de Karpman.
13. L’Arcane sans Nom : La rupture brutale / Le deuil évité
- En préparation : Faut-il trancher net dans le vif et dire la vérité cash à ce client, quitte à bousculer la relation ?
- En débriefing : Avons-nous enfin enterré un objectif mort-né que nous traînions depuis 5 séances ?
- Action : Mettre fin à ce qui n’a plus lieu d’être (y compris arrêter le coaching si nécessaire).
14. Tempérance : L’eau tiède / L’évitement du conflit
- En préparation : Suis-je en train de faire du « coaching doudou » qui rassure mais ne transforme rien ?
- En débriefing : La séance était-elle agréable mais totalement stérile en termes d’impact ?
- Action : Injecter de la friction créative et de la confrontation.
15. Le Diable : Le transfert toxique / La dépendance
- En préparation : Le client est-il en train de devenir dépendant de mon regard ? Est-ce que mon ego y trouve son compte ?
- En débriefing : Y a-t-il de la manipulation, du pouvoir ou des enjeux cachés dans cette relation ?
- Action : Travailler l’autonomie stricte du client et déconstruire l’emprise.
16. La Maison-Dieu : La crise salutaire / Le choc de réalité
- En préparation : Suis-je prêt à laisser l’édifice des croyances du client s’effondrer pendant la séance ?
- En débriefing : La séance a « explosé » (émotions, colère, prise de conscience brutale) : comment sécuriser l’après ?
- Action : Offrir un conteneur sécurisant pour reconstruire sur des bases vraies.
17. L’Étoile : L’idéalisme / La naïveté managériale
- En préparation : Suis-je en train de valider les rêves utopiques du client sans le ramener aux contraintes du marché ?
- En débriefing : Avons-nous confondu la vision à long terme avec le plan d’action opérationnel ?
- Action : Incarner le principe de réalité sans éteindre l’aspiration.
18. La Lune : La projection / Le flou artistique
- En préparation : Suis-je en train de nager dans les fantasmes, les peurs ou les doutes du client sans y voir clair moi-même ?
- En débriefing : Pourquoi la séance a-t-elle été aussi confuse, lourde et irrationnelle ?
- Action : Poser des faits, des chiffres, du concret pour dissiper le brouillard.
19. Le Soleil : La clarté / Le risque de sur-validation
- En préparation : Comment célébrer les réussites du client sans tomber dans l’autosatisfaction prématurée ?
- En débriefing : Tout semblait parfait… peut-être un peu trop ? Qu’avons-nous balayé sous le tapis sous prétexte que « tout va bien » ?
- Action : Valider les victoires mais vérifier les angles morts du succès.
20. Le Jugement : L’urgence / L’appel au réveil
- En préparation : Est-ce le moment de provoquer le déclic décisif que le client ajourne depuis des mois ?
- En débriefing : Le client a-t-il eu une révélation, et sommes-nous prêts à gérer le changement de paradigme qui s’ensuit ?
- Action : Accompagner la décision d’alignement profond.
21. Le Monde : La réussite / La fin de cycle
- En préparation : Ce coaching touche-t-il à sa fin ? Suis-je prêt à laisser partir le client ?
- En débriefing : L’objectif est atteint. Pourquoi continuer à ajouter des séances ?
- Action : Organiser la séance de clôture et célébrer l’autonomie retrouvée.
22. Le Fou / Mat : Le saut dans le vide / L’imprévisibilité
- En préparation : Suis-je capable d’aller en séance sans aucun plan prédéterminé et de faire confiance à l’émergence totale ?
- En débriefing : Le client est-il en train de commettre une folie ou une rupture salutaire ?
- Action : Distinguer l’intuition créative du sabotage irresponsable.
Que fait-on avec les cartes de Tarot en coaching ?
Ne cherchez pas à « croire » à la carte. Utilisez-la comme un détour créatif.
Si vous avez tiré une carte qui vous pique un peu la conscience, posez-vous deux minutes, prenez un café et demandez-vous : « Si j’étais en train de faire exactement cette erreur, à quoi ça ressemblerait dans ma journée d’aujourd’hui ? »
Parfois, la prise de conscience est immédiate. D’autres fois, il faut demander l’avis d’un collègue ou laisser mûrir jusqu’au lendemain. Si la réponse vous pique le nez : félicitations, vous venez d’économiser du temps, de l’énergie… et probablement un bel échec !
La pratique de l’auto-supervision en 3 étapes
Pour intégrer cette habitude à votre pratique de coach :
- Le tirage à une carte : Pas besoin de tirages complexes en croix. Une seule carte tirée en aveugle offre un niveau de projection suffisant pour interroger votre posture.
- La question miroir : Transformez immédiatement l’arcane en question sur votre attitude, pas sur la personnalité du client.
- Le principe du pas de côté : Si l’interprétation vous met mal à l’aise ou vous surprend, c’est précisément là que se trouve votre angle mort. C’est ce frottement symbolique qui fait le travail d’auto-supervision.
Voici une étude de cas concrète illustrant comment un coach utilise le Tarot non pas pour obtenir un diagnostic pré-mâché, mais comme un perturbateur socratique en auto-supervision.
Etude de cas : « Le client qui dit oui à tout »
- Le coach : Marc, coach d’organisation et d’exécutifs.
- Le client : Julien, directeur des opérations dans un groupe industriel, sous pression constante.
- Le contexte : C’est la 4ᵉ séance d’un accompagnement de 8 séances. L’objectif de Julien est d’apprendre à poser ses limites, déléguer et dire « non » à sa hiérarchie.
1. La séance et le malaise post-entretien
La séance vient de se terminer. Sur le papier, tout s’est déroulé à la perfection :
- Marc a utilisé un déroulé classique d’analyse des priorités.
- Julien a été charmant, engagé, souriant.
- Il a pris des notes méticuleuses et a accepté sans broncher le plan d’action pour la semaine suivante : refuser au moins deux réunions non prioritaires et recadrer un collaborateur.
Pourtant, une fois Julien parti, Marc ressent une lourdeur en fermant son carnet. Il a un goût d’insatisfaction sur les lèvres, un léger malaise qu’il n’arrive pas à analyser rationnellement.
S’il avait posé la question à une IA :
« Mon client accepte tous les exercices mais je sens que ça ne fonctionne pas, que faire ? »
L’IA lui aurait répondu : « 1. Vérifiez son niveau d’engagement avec l’échelle de 1 à 10. 2. Explorez ses croyances limitantes sur le refus. 3. Proposez-lui un jeu de rôle de clarification. »
Résultat : L’IA valide le problème côté client et donne des réponses techniques. Marc reste dans son rôle d’expert qui cherche la « bonne » clé pour « réparer » son client.
2. Le tirage-miroir d’auto-supervision
Décidé à questionner sa propre posture plutôt que la mécanique de la séance, Marc prend son jeu de tarot. Il ne cherche pas à savoir ce que pense Julien, mais se pose la question suivante :
« Quel est mon angle mort dans la relation avec Julien durant cette séance ? »
Il tire une carte en aveugle : Le Pendu (Arcane XII).

3. Le travail de l’intelligence symbolique : le déclic
Au premier abord, Le Pendu est l’image de l’impuissance, de la suspension, du sacrifice ou de la soumission. La carte ne dit pas à Marc : « Voilà ce qu’il faut faire ». Elle lui tend un visuel décalé et lui impose une déconstruction en 3 temps.
Étape 1 : Le piège de l’interprétation réflexe (Projeter sur le client)
La première réaction de Marc est d’appliquer la carte à son client :
« C’est clair, Julien est Le Pendu ! Il est pieds et poings liés dans son entreprise, il se sacrifie pour son équipe, il est bloqué. »
Étape 2 : Le recul de la posture (Ramener le miroir sur soi)
Puis Marc se rappelle la règle de l’auto-supervision : La carte parle du coach, pas du client.
Il regarde à nouveau le personnage suspendu par le pied, qui a les bras attachés derrière le dos mais qui affiche un visage étrangement serein, voire passif. Il se pose alors les questions dérangeantes que le symbole suscite :
- « Dans cette séance, qui a fait tout le travail ? »
- « N’est-ce pas moi qui ai « suspendu » le client en lui fournissant un plan d’action tout fait ? »
- « Est-ce que je ne suis pas en train de m’épuiser à porter son problème à sa place (le sacrifice du Pendu), pendant que lui reste confortablement passif ? »
Étape 3 : La prise de conscience de l’isomorphisme (Le jeu miroir)
C’est là que le déclic opère. Marc réalise le piège relationnel dans lequel il est tombé :
- Ce qui s’est réellement passé : Julien est un expert de la conformité. Pour ne pas faire de vagues avec son coach, il a appliqué avec Marc la même stratégie qu’avec son patron : dire oui à tout, sourire, et ne rien changer sur le fond.
- L’erreur de posture de Marc : Marc, voulant à tout prix être un « bon coach » et rentabiliser la séance, a poussé ses solutions. Il est devenu le « bourreau bienveillant » qui impose un plan d’action, transformant Julien en « victime résignée » (Le Pendu).
- En voulant aider Julien à dire « non », Marc ne lui a laissé aucun espace pour que Julien lui dise « non » à lui, le coach !
4. La résolution pragmatique pour la séance suivante
Le Tarot n’a donné aucune fiche méthode à Marc. Il l’a simplement forcé à voir la réalité du jeu psychologique qui s’était installé.
Grâce à cette prise de conscience, Marc ajuste sa posture pour la séance 5 :
- Inversion du cadre : En début de séance suivante, Marc ne demandera pas « Alors, as-tu fait les exercices ? »(posture de contrôle).
- Confrontation douce : Il posera le problème sur la table en toute transparence :« Julien, lors de la dernière séance, j’ai eu le sentiment de te proposer un plan d’action très structuré et tu as dit oui à tout très vite. J’ai l’impression de t’avoir imposé mon rythme et mes idées, au lieu de te laisser chercher tes propres solutions. Comment as-tu vécu ce moment ? »
- Lâcher-prise : Marc acceptera de « ne rien faire » pendant une partie de la séance (le bon côté du Pendu : changer de perspective en restant immobile), pour laisser Julien occuper le vide et exprimer enfin ses propres résistances.
Ce que cet exemple démontre
| Démarche analytique classique / IA | Démarche symbolique / Tarot |
|---|---|
| Cherche la cause chez le client (« Pourquoi il n’avance pas ? »). | Cherche le reflet dans la relation (« Que suis-je en train de rejouer avec lui ? »). |
| Offre des outils pour agir sur le système. | Offre un symbole pour interroger sa propre posture. |
| Produit une certitude rassurante. | Produit un doute constructif et un changement de regard. |
Conclusion : Passer de la théorie à l’intelligence de la pratique
Utiliser le Tarot comme outil de posture, d’auto-supervision ou de questionnement décalé ne s’apprend pas dans les livres. La théorie donne des repères, mais seule la pratique répétée, confrontée au groupe et guidée par l’expérimentationpermet de développer cette agilité symbolique.
C’est une chose de connaître la signification d’un arcane ; c’en est une autre de savoir le laisser résonner en soi, d’en faire un miroir d’auto-vigilance sans tomber dans le dogme, ou d’oser s’en servir comme levier de transformation dans sa pratique professionnelle et personnelle.
Pour ancrer cette posture et intégrer la dimension initiatique et spirituelle du Tarot de Marseille, la connaissance intellectuelle doit laisser place à l’entraînement du regard.
Parcours de Training : La Pratique du Tarot Initiatique & Spirituel
Nous vous proposons une série d’ateliers de training pragmatiques, conçus comme des laboratoires d’expérimentation. L’objectif n’est pas d’apprendre des recettes par cœur, mais d’aiguiser votre intuition, d’affiner votre présence et de maîtriser le langage des symboles.
Exemples de sujets travaillés en Ateliers
Atelier 1 : Décodage & Alphabet Symbolique
- Objectif : Sortir du mental et apprivoiser la grammaire visuelle des 22 arcanes majeurs.
- Au programme :
- L’observation pure : couleurs, regards, postures et objets sans interprétation hâtive.
- Mettre en lien l’architecture du Tarot avec son propre parcours de vie.
- Exercice pratique : Le « Speed-dating » des arcanes (exprimer l’essence d’une carte en 30 secondes).
Atelier 2 : Le Tarot comme Miroir & Auto-Supervision
- Objectif : Utiliser le symbole pour traquer ses propres angles morts et enrichir sa posture d’accompagnant.
- Au programme :
- Déjouer les pièges de la projection (distinguer ce qui appartient au tireur de ce qui appartient au symbole).
- Utiliser l’arcane pour débriefer une situation complexe ou une relation tendue.
- Exercice pratique : Simulations d’auto-supervision en binômes avec débriefing collectif.
Atelier 3 : L’Art du Questionnement & Tirages Pragmatiques
- Objectif : Maîtriser l’art de poser la bonne question — celle qui ouvre le champ au lieu de le fermer.
- Au programme :
- Transformer une demande divinatoire passive (« Que va-t-il m’arriver ? ») en questionnement d’action (« Comment puis-je m’ajuster ? »).
- Structurer des tirages légers et percutants (1, 2 ou 3 cartes max).
- Exercice pratique : Mises en situation sur des cas réels apportés par les participants.
Atelier 4 : Intégration Initiatique & Posture Spirituelle
- Objectif : Faire du Tarot un compagnon de route quotidien pour l’alignement personnel.
- Au programme :
- Le voyage du Mat : lire les 22 arcanes comme une carte de développement de la conscience.
- Incarner l’énergie d’un arcane dans son corps et dans son geste quotidien (méditation guidée par l’image).
- Exercice pratique : Le tirage du chemin de vie et la synthèse d’engagement personnel.
Format & Modalités :
- Public : Coachs, thérapeutes, accompagnants, ou toute personne désireuse d’utiliser le Tarot comme outil de connaissance de soi et de clarté relationnelle.
- Format : Ateliers en petits groupes (8 à 12 personnes max) pour privilégier la pratique, la bienveillance et les retours personnalisés.
- Prérequis : Venir avec son propre jeu de Tarot de Marseille (ex: Camoin-Jodorowsky, Pierre Madenié, ou Grimaud). Aucun niveau préalable requis, juste de la curiosité.
Pour aller plus loin sur le Tarot et le coaching :






