Dans cet article, nous verrons ensemble plusieurs extraits de séances de supervision, pour vous montrer comment ça marche.

Dans la première séance de supervision systémique, vous allez pouvoir repérer de nombreux liens systémiques et/ou échos systémiques.

Nous verrons comment les utiliser en coaching systémique. La supervision systémique de coaching est une supervision de coach comme les autres, à ceci près qu’elle est tout particulièrement attentive à la synchronicité, aux reflets systémiques, et au transfert.

La supervision systémique est très vivante, pas du tout « intello » (à « cérébraliser » les clins d’oeils de la vie, qui doivent au contraire rester pétillants et frais, et surtout ne pas être manipulés dans tous les sens pour en faire une « chose » intellectuelle de plus, indigeste par nature !)

A Retenir

Supervision systémique : début de séance

    1.  Quel sont les éventuels points communs entre ces 4 sujets parfaitement différents ?
    2. En quoi ces sujets qui portent sur des questions extérieures à vous, parlent aussi de l’intérieur de vous aujourd’hui ?

Commentaire off :

Entendant spontanément cette thématique du temps, « comme le coup de pied saute aux fesses », mon premier réflexe est de m’installer (m’enraciner ?) dans l’instant présent (tout en étant attentif à la « gestion du temps » de la séance d’1 heure, qui comporte 4 sujets, potentiellement très riches…

« Comment terminer mon coaching ? »

Commentaire off :

Commentaire off : 

Je vous raconterais volontiers la suite de cette séance de supervision systémique, mais comme il faut à peu près deux heures pour en décrire et commenter le premier quart d’heure, vous me pardonnerez d’interrompre là cette séance de décorticage entre nous 🙂 J’espère que vous aurez pu apprécier ce que nous appelons des échos systémiques, des reflets systémiques, des clins d’œil systémiques, la manière de les utiliser et ce que cela ouvre comme puissants insights au client…

Ce client a conclu pour sa part que cette manière de lâcher la rampe de l’escalier (la méthode), pour entrer dans « l’espace du coaching » ou ‘l’instant du coaching l’inspirait beaucoup : comment se mettre à l’écoute des résonances en soi, comment l’autre est un miroir de soi et comment ce qu’on lui propose en retour est aussi un miroir pour lui…

L’enracinement du coach pendant ses séances de coaching avec ses clients est une chose essentielle pour la réussite du coaching. Pourquoi ? Parce que la profondeur de l’écoute et la qualité de présence du coach sont fonction de son enracinement. Enracinement du coach en deux points d’appui :

Dans ce second extrait de séance de supervision de coaching, nous allons partager quelques points d’attention pour favoriser l’enracinement du coach, à la fois dans son corps et dans la relation au client.

Enracinement du coach dans son propre corps

Le coach qui me sollicite sur ce sujet me dit qu’il a écouté plusieurs fois une vidéo que j’ai enregistrée sur ce sujet dans un support vidéo de notre formation digitale au coaching individuel. Et qu’à chaque fois, il en a été bouleversé. Qu’une émotion lui est venue, réalisant qu’il ne parvenait pas à s’enraciner comme j’en parle dans cet exposé. Pourquoi une telle émotion ? On ne s’est pas tellement arrêté sur ce point, parce que ce n’était pas le sujet de la supervision, qui était plutôt orientée solutions.

« Je voudrais parvenir à m’enraciner davantage dans mes séances de coaching, pour accéder à un plus grand niveau de profondeur de la relation. Je suis parfois en difficulté à cause de cela. Comme si, pour me protéger, je n’osais pas me poser dans la relation. Pour les mêmes raisons peut-être, je reste trop mental, et je ne m’investis pas assez dans mon corps. En t’écoutant et en te voyant pratiquer, j’ai pris conscience » du potentiel à côté duquel je passe, tant pour moi-même que pour mes clients… »

De la pratique d’abord

J’aurais pu demander à ce coach de partir d’un exemple de client avec lequel il a eu du mal à s’enraciner, et commencer à décortiquer comment y parvenir mieux. Mais au lieu de cela, j’ai proposé que nous commencions tout de suite à pratiquer l’enracinement (par téléphone), ensemble et dans l’instant présent. Invitant mon client à rassembler son attention dans ses pieds, il m’a répondu qu’il avait du mal à ressentir cette sensation dans les pieds. Et que c’est d’ailleurs ce qui avait déclenché son émotion en écoutant la vidéo. En parlant un peu, il me dit aussi qu’en pratiquant la méditation avec une appli smartphone, il est parvenu récemment à se poser. Etait-il debout ? Non, il était assis en tailleur. Donc pas eu besoin de ses pieds pour s’enraciner. Du coup, en riant, nous partageons qu’il a peut-être un problème de … pieds ! Plus sérieusement, il me précise que c’est comme si un porte était blindée, ou verrouillée plutôt. Et de nouveau en disant cela, une émotion lui monte aux yeux… Là encore, nous aurions pu explorer le contenu ou le déclencheur de l’émotion. Mais avec légèreté nous avons glissé vers la pratique.

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Pourquoi passer par l’expérimentation ?

Déjà parce que c’est la demande du client dans ce cas précis. Ensuite, parce que dans un cas comme celui-là, parler de l’émotion nous propulserait dans le mental, où nous irions perdre du temps à intellectualiser, à « comprendre »… Mais cela ne résoudrait rien. Et puis, mon client veut s’enraciner, il ne me demande pas de comprendre. Il me dit qu’il a peur de rester figé s’il se pose, comme prise au piège. Il suppose qu’il préfère rester en mouvement pour pouvoir s’échapper si besoin… D’une part, on n’est pas ici en psychothérapie. Et d’autre part, nous pouvons prendre un formidable raccourci. Je trouve intéressant de mettre des mots sur le vécu intérieur, tandis qu’on est précisément en train d’expérimenter

Donc nous pratiquons :

S’enraciner dans le bas ventre, grâce à la respiration

Cela dit, une séance de supervision de coaching n’est pas qu’une séance de thérapie corporelle, même pointue et sur mesure. C’est un travail sur la posture d’enracinement dans le cache du coaching. Donc je propose de s’enraciner dans la relation, maintenant. Et puisque c’est moi qui suis là : s’enraciner dans la relation avec moi, maintenant ! En toute sécurité, puisqu’il n’y a pas d’enjeu à notre relation, qu’on se connaît, qu’on se fait confiance… il n’ya donc pas de risque à se poser, comme avec les pieds sur le sol, mais cette fois-ci avec le ventre, dans la relation.

Enracinement du coach dans la relation

J’invite mon client à se relever et à m’écouter tandis qu’il place le poids de son corps sur ses talons, comme en arrière de lui-même. Puis je lui demande de me dire quelque chose tout en déplaçant son bassin vers l’avant pour déplacer le poids du corps sur les avants pieds. Et là, de faire comme si il pouvait en quelque sorte « appuyer » sur moi tout en parlant, d’une façon imaginaire. Comme s’il venait appuyer son nombril devant lui, comme pour me toucher à distance. Vous comprenez bien qu’il s’agit d’un travail énergétique, permettant à mon client un peu coupé des sensations (et qui cherche peut-être aussi à se prémunir de ses émotions) d’oser, dans ce cadre sécuriser, se projeter et s’engager dans la relation avec moi. Je suggère alors l’image du schéma de l’intersection entre deux ensembles mathématiques. Comme s’il pouvait ainsi, investir sa parole « en venant au contact ». Je vous rappelle qu’on est au téléphone. Mais si on était dans la même pièce, cela n’aurait rien changé. Je module tout de même le choix des mots en fonction du type de relation qu’est la nôtre, et en particulier s’il s’agit d’un homme ou d’une femme, bien sûr. Je l’invite à reproduire plusieurs fois le passage de l’avant (en me parlant) à l’arrière (en m’écoutant), et de bien ressentir à chaque fois la qualité du lien, par l’ombilic en quelque sorte. Observer qu’il n’y a pas de danger. Qu’il y a là une qualité de présence, une intimité même, amicale et rassurante. Sans danger, sans ambiguïté.

Précautions à prendre

Exercice à ne pas faire avec un particulier, que vous ne connaissez pas, dont vous ne savez pas de quel traumatisme il ou elle a pu être victime dans son enfance. le corps est la mémoire du passé, et le disque dur où sont stockées toutes les émotions. Attention tout de même à ne pas jouer aux apprentis sorcier avec le coaching par le corps. Certes, j’ai affaire ici à quelqu’un dont je ne sais évidemment rien de son passé. Mais je constate tout de même des évidences :

Autant de signes qui me font oser m’avancer dans cette voie avec cette personne. Et, puis on peut procéder par essais-erreurs et rectifications. Je tente, je vois ce que ça donne, je m’ajuste. Et « tant que je gagne je joue » 🙂 Donc j’avance ! Si je sens une résistance, évidemment je m’arrête. Et éventuellement je change d’orientation dans la séance. Trêve de ces avertissements et précautions nécessaires, reprenons le fil de notre séance.

Inverser les polarités pour apprendre l’enracinement du coach

Je lui propose aussi d’explorer le fait de me parler depuis l’arrière des talons, et de m’écouter depuis les avants-pieds. Et là, évidemment, c’est moins naturel. Donc moins facile. Je lui fais remarquer qu’en essayant tout de même, il me parle d’une voix plus aiguë, et en passant par le mental (il m’explique pourquoi c’est difficile, et se réfugie dans du descriptif et des concepts. Typiquement le refuge dans le mental, auquel il faisait allusion en début de séance, quand il disait les raisons de vouloir travailler « l’enracinement du coach »). Nous observons cela, avec un sourire partagé. Et de nouveau il y a l’émotion qui survient. Car il voit à cette occasion : comment il se réfugie dans le mental, au lieu de descendre dans le corps. Je fais remarquer que ce n’est pas qu’une tactique de fuite et d’évitement. C’est aussi une compétence très utile pour pouvoir se dégager, et soulager le client ou soi-même en cas de trop forte pression. tout est une question de dosage. Mais qu’il est également intéressant de repérer le chemin, pour pouvoir le faire dans l’autre sens, quand on veut s’engager.  Nous convenons que le job d’un coach est justement de montrer au client comme s’engager de façon saine, en en faisant la démonstration soi-même. C’est d’ailleurs cette qualité de lien qui « soigne » le client parfois, et qui lui permet en tous cas de se confier, et de se sentir suffisamment en sécurité pour envisager les remises en question dont il a besoin.

S’enraciner dans le corps et dans la relation, au service du client

C’est ainsi qu’en passant par le corps, nous avons pu explorer la qualité de notre lien à nous, en tant qu’échantillon témoin du principe de toute relation. Ensuite, ce coach pourra reproduire des expériences avec d’autres, et goûter, sans risque de fusion, à la qualité de la relation intime avec ses clients. J’ai eu l’occasion de lui faire sentir, comment quand je lui parlais, j’investissais mes mots, mes pensés, mes intentions, dans une attitude d’ouverture, qui oser aller au contact, sans crainte,. Mais sans insistance non plus. Sans lourdeur, sans indiscrétion, en respectant nos pudeurs et nos seuils respectifs. C’est modélisant de faire un arrêt sur image et de constater, de ressentir, pour bien saisir et différencier les choses subtiles dans sa propre expérience. Je lui ai dit aussi, que parfois, je ne sentais pas sa présence en retour. Je lui montrais donc, très concrètement dans notre relation, la différence de ressenti en lui quand il m’écoutait avec sa tête ou quand il m’écoutait avec son coeur, depuis son corps. En finissant cette séance d’une heure, mon client ressentait une chaude sensation dans le ventre, amicale, apaisante, bienveillante. Il parlait de ce qu’il sentait de lui-même ! Il nous a semblé qu’il s’était engagé à la fois dans le corps et dans la relation. Nous étions tous deux contents de cette séance d’enracinement du coach, chacun de son côté et ensemble.

La suite de la séance de supervision sur l’ancrage

Certes, il va falloir qu’il continue de travailler sur cette thématique. Comme nous tous. Mais, au moins, il a amorcé la pompe, concrètement par une « première expérience » d’enracinement de coach au sein d’une relation professionnelle de coaching (de supervision, mais c’est pareil !). Il a apprécié que c’était bon, et que ce n’était pas dangereux. Nous avons ensuite évoqué le genre de choses qu’il ne voulait pas ressentir. Et les moyens de s’exonérer de l’emprise de telles sensations intérieures : quand le client est intrusif, quand c’est « collant », quand soi-même on peut être indiscret parfois sans le vouloir, etc… Et nous avons vu comment repasser par le mental dans ces cas là, pouvait représenter un excellent recours pour reprendre de la distance, sans bouger de sa chaise. En Qi Gong, on apprend et on expérimente que la légèreté des mouvements des bras, ne peuvent survenir que depuis un fort enracinement dans les jambes et dans le bassin.

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Un dernier extrait de séance de supervision illustre encore comment le superviseur s’évertue à incarner lui-même le comportement cible que le client du coach cherche à s’approprier…

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FAQ – Supervision Systémique et Enracinement en Coaching

Réponses aux questions clés sur la supervision systémique et l'enracinement du coach dans le corps et la relation

  • Qu’est-ce que la supervision systémique ?

    La supervision systémique est une approche spécifique de coaching qui se focalise sur les liens et échos systémiques, la synchronicité et le transfert. Elle invite à une présence vivante et spontanée, en permettant au superviseur et au client de repérer et d’explorer ensemble les dynamiques qui se jouent durant la séance.

  • Quels sont les éléments clés d’une séance de supervision systémique ?

    En séance, on observe une attention particulière à l’instant présent et aux résonances entre les thèmes abordés par le client et les ressentis du coach. Le superviseur pose des questions qui invitent à l’exploration de liens invisibles, tout en laissant le temps aux réponses d’infuser naturellement durant la rencontre.

  • Pourquoi l’enracinement du coach est-il essentiel dans sa pratique ?

    L’enracinement du coach est crucial parce qu’il conditionne la qualité de l’écoute et de la présence. En étant solidement ancré dans son propre corps et dans la relation, le coach peut mieux percevoir ses sensations et adapter sa posture, ce qui crée un environnement sécurisant et ouvert pour favoriser l’évolution du client.

  • Quels sont les deux points d’appui proposés pour l’enracinement du coach ?

    D’après l’article, l’enracinement repose sur deux axes principaux : son propre corps et la relation. Cela implique que le coach doit être attentif à ses sensations physiques (par exemple, en sentant le poids sur ses pieds ou l’expansion du bas-ventre) et cultiver une relation authentique et sécurisante avec le client.

  • Comment se déroule la pratique de l’enracinement durant une séance de coaching ?

    La pratique se décline en plusieurs exercices concrets : débuter par observer le poids du corps sur les pieds, expérimenter une légère marche en synchronisant les pas avec la respiration, puis explorer l’enracinement dans le bas-ventre. Ensuite, ces sensations sont élargies à la relation, en invitant le client à ressentir le lien, même à distance (par exemple, via des exercices symboliques au téléphone).

  • Quelles précautions doit-on prendre lors du coaching par le corps ?

    Il est important de veiller à ne pas imposer ces exercices à une personne dont l’histoire ou les traumatismes ne sont pas connus. Le coaching par le corps demande de respecter les limites individuelles, de créer un cadre de sécurité, et de procéder avec une approche progressive et adaptée à la sensibilité de chacun.

  • Comment la supervision systémique influence-t-elle le processus de coaching ?

    En révélant les liens systémiques et en invitant à une remise en question des postures habituelles, la supervision systémique permet au coach de prendre conscience de ses propres modes de fonctionnement. Cette démarche favorise une transformation profonde, aussi bien pour le coach que pour ses clients, en alignant le processus de coaching sur l’instant présent et la dynamique relationnelle.

Paul Devaux

Coach professionnel

Depuis 25 ans, Paul pratique le Coaching professionnel en entreprise, dans une approche systémique. Accrédité à la Société Française de Coaching en 2008, il est également formateur et superviseur de Coachs depuis 2010. Egalement fondateur d'une école de coaching (voir NRGY-trainig.fr).

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