L’idée même de se faire violence est déplaisante. Qui aurait spontanément envie de se faire violence ? L’expression indique clairement qu’il y aurait deux parties en soi :

Comme s’il n’y avait pas assez de violence comme ça dans le monde extérieur, il faudrait en plus se faire violence à soi-même pour compléter le tableau  ! Si on commençait par être moins violent avec soi-même, il y aurait moins de violence avec les autres dans le monde…

L’enfer est pavé de bonnes intentions

Certes, cette violence que l’on s’infligerait, partirait d’une bonne intention (la même bonne intention d’ailleurs que celle qui justifie tous les massacres, toutes les invasions, toutes les tyrannies, toutes les agressions, toutes les évangélisations, toutes les colonisations). Ainsi, au nom d’un principe supérieur (perdre du poids, réviser un examen, assumer une responsabilité, etc…) on serait légitime à se faire violence, à s’infliger une violence à soi-même… On voit bien que le problème, que la violence viserait à résoudre, vient d’une dichotomie en soi entre deux parties, parmi lesquelles l’une n’assume pas l’autre, tandis que l’autre refuse de se discipliner. Et on voit bien que la solution (se faire violence) va accentuer la fracture entre la partie de soi réprimée, et celle qui prétend faire régner son ordre sur l’ensemble du système en recourant à la violence. Je sais bien qu’il ne s’agit que d’une expression. Ainsi, se faire violence pourrait ne vouloir dire que :

Dans ces conditions, c’est parfait, et je n’ai rien à redire à cela. Mais « se faire violence » est une expression que certains ayatollahs sont toujours prêts à brandir pour se menacer eux-mêmes (ceux qui précisément ne parviennent pas à faire régner la paix en eux-mêmes, voudraient curieusement se faire violence, histoire d’être encore plus divisés). Cette expression reste pour moi une aberration : l’ego et du mental prétendant vouloir lutter contre l’égo et le mental ! On voit bien que c »est une supercherie, une duperie, une division de soi : une partie trace arbitrairement un « axe du mal » au-delà duquel il faudrait exercer une répression violente sur soi-même. Mais au nom de quel principe d’unité, renoncer à la diversité ? Se faire violence à soi-même n’est que le prolongement en soi de l’inquisition scélérate, un manque d’amour et de lucidité évidents.

La vie est violence !

Je n’ai pourtant rien contre la violence, qui est l’expression même de la vie (et donc de la paix elle-même, si on veut jouer avec les paradoxes : la paix et le calme d’un lac immobile peut parfois être ressentie comme implacable, la paix et le vide du désert sont d’une violence radicale, sans même parler des chaleurs torrides, de la sécheresse et des froids terrifiants de la nuit glacée). Regardez la violence inouïe des 4 éléments quand ils se déchainent :

Et sans aller jusqu’à ces extrémités, tout près de nous : la naissance, la vieillesse, la maladie, la mort, qui sont autant d’évènements parfaitement naturels, et complètements violents… Et que dire des pulsions sexuelles, de l’instinct de survie, etc… ? La vie est violence, comme le chante Claude Nougaro… C’est vrai, on le constate ! Et il n’y a aucun mal à cela !!!

Pour autant, il s’agit d’une violence de la nature, brute. Cela n’a rien à voir avec une violence de l’esprit. Au contraire, la violence naturelle du corps peut et doit être apaisée par l’esprit, au lieu d’être régentée d’une main de fer et sans âme. Alors comment travailler sur soi-même, quand on constate une fracture en soi, un clivage, une division ?

Faire la paix en soi-même

Dans la même journée hier, la vie a attiré mon attention par trois fois sur ce thème  (c’est ce qui m’inspire cet article) à travers 3 conversations de coaching, dans lesquelles les personnes parlaient de se faire violence :

Si une telle violence envers soi-même avait une chance de réussir, il y a bien longtemps que chacun des trois serait parvenu à ses fins, grâce à cette violence. Si ils en sont encore là, après tant de tentatives, au point d’aborder la question en coaching, c’est que ces tentatives ont toutes fini par échouer, et qu’il faut changer d’approche et de méthode. Chacun des trois a déjà « essayé » de nombreuses fois, et cela n’a rien donné :

L’échec vient justement de ce manque d’amour et de l’intention de se faire violence. …Et aussi du fait d’avoir « essayé ». Tant qu’on essaye, et qu’on fait des efforts, c’est que la décision et l’impulsion ne vient pas de l’être profond mais d’une sous-personnalité qui a usurpé le pouvoir quelques instants. C’est une question de temps pour qu’une révolution ait lieu et qu’un nouveau putsch renverse le gouvernement illégitime. Tant qu’ on « essaye », on ne peut qu’échouer !

Prenons l’exemple du sentiment de culpabilité

Décortiquons ensemble le processus de culpabilité, qui illustre bien l’anarchie qui règne à l’intérieur de soi. Se sentir coupable, c’est se juger, se condamner soi-même, se sanctionner même. Se sentir coupable fait qu’on a une mauvaise estime de soi, qu’on se méprise, qu’on se déteste même ! Dans ce processus, il y a une division intérieure :

Et vous, vous vous prenez pour chacune de ces deux parties de vous-même, vous croyez vous diviser entre ces deux parties et vous devenez le champ d’une guerre civile entre ces deux “petits mois” : le coupable, et le juge. Après, évidemment, le jeu de division se complique, car survient un autre “moi” qui souffre d’être victime de cette petite schizophrénie, et puis il y a cet autre “moi” qui entreprend une thérapie, ou qui “fait de la spiritualité” pour racheter ses très grandes fautes, etc… Et le processus de division étant enclenché, rien ne peut l’arrêter, sauf de le voir et de cesser de l’alimenter. se faire violenceVous n’êtes aucun de ces “petits mois”, qui apparaissent dans le champ de la conscience que vous êtes. Ils sont comme des crampes qui apparaissent localement dans un muscle, une densification artificielle dans la vaste étendue de ce que vous êtes. Vous pouvez constater qu’il se passe quelque chose, comme du regret ou du remords, mais sans partir avec et vous identifier à ce mouvement. Vous voyez cela comme apparaissant en vous, sans être vous-même (puisque vous êtes celui qui l’observe et le constate).

Du coup, vous vous reconnectez à votre profondeur, et vous voyez, il n’y a aucune place véritable pour la culpabilité (sauf dans la justice, mais cela c’est autre chose !). Se sentir coupable n’a aucun sens, parce qu’on n’est jamais coupable intérieurement. En revanche, on est toujours responsable, de tout ! C’est étrange de sortir la tête de la fascination du jeu, pour se voir en train de jouer, et de s’y croire ! Vous découvrez que c’est tout l’inverse de ce qui était cru précédemment… (voir le mythe de la caverne de Platon)

se sentir coupable, se faire violence
Etes vous le personnage à l’écran (mental) ou le joueur (hors de l’écran) ?

Quand on cesse de se prendre pour ses personnages, on découvre qu’on n’est pas coupable, qu’on a fait ce qu’on a pu, qu’on croyait bien faire même, et que se juger soi-même n’a aucun sens Dans cette perspective, la vie devient beaucoup plus légère, parce que vous cessez de vous diviser, et vous découvrez la compassion pour vous-êmem, et la solidarité de votre nature profonde, même envers les sous-personnalités « coupables” aux yeux de la morale et de la loi. Vous ne perdez pas de temps à juger, ni les autres ni vous-même. Vous constatez, éventuellement vous comprenez. S’il le faut, vous prenez position extérieurement, mais intérieurement : cela ne vous concerne pas, même quand il s’agit de vous-même… Au lieu de vous rigidifier, de vous défendre ou de vous accabler (et on peut faire les trois à la fois !), vous accueillez ce qui est là, en vous et autour de vous, comme s’il s’agissait d’une visite de bonne augure et d’une opportunité. En quelque sorte c’est toujours la vie qui frappe à votre porte…

Faire régner en soi l’amour, et l’ordre

Le « mal » est une invention du mental humain, qui a peur de la vie, et voudrait réprimer les instincts qui le dépassent, au lieu de les aimer et de les épouser. La violence du corps doit être reconnue,  respectée, canalisée et aimée, avec intelligence et patience. C’est à l’Esprit de gouverner le corps, avec bonté, avec équilibre, avec fermeté, avec persévérance, comme on éduque un chaton, sans aucune violence, mais avec un respect total pour cette manifestation de la vie infinie (évidemment, il faudra lui faire comprendre qu’on ne doit pas grimper tout en haut des rideaux, ni faire la folie sur les fauteuils en cuir du salon… enfin on peut toujours essayer 🙂 Pour moi, le mieux est d’en rire de bon coeur et de se laisser stupéfier par le spectacle ! Des rideaux ça se rachète, mais l’extraordinaire manifestation de la vie, ce serait dommage de la gâcher à cause de préoccupations dérisoires, qui nous privent de vibrer à l’unisson. Pourquoi et comment serait-on aimant envers son chien ou son chat, ses enfants et ses êtres chers… et violent envers soi-même ! Gandhi aurait dit que ce n’est pas parce que l’erreur est répandue qu’elle est vérité, et que ce n’est pas parce que la vérité est rare qu’elle est erreur. C’est plein de bon sens. Ce n’est donc pas parce qu’on n’a connu que la violence qu’elle est juste. Ce n’est pas parce qu’on n’a jamais connu la paix, qu’elle est une illusion.

Le jeu des sous-personnalités

Avant d’être unifié, on est divisé. Les parties de soi, sont relativement autonomes, et un certain chaos règne en soi, une forme de guerre civile intérieure, entre des sous-personnalités complémentaires qui s’opposent au lieu de s’allier. Par exemple :

Vous voyez à travers ces exemples, parmi de très nombreux autres possibles, que des polarités ont pris le pouvoir sur d’autres, et que l’équilibre en est profondément mis à mal. C’est un peu comme si sur une barque, vous ne ramiez que d’un seul côté, vous tourneriez en rond ! Dans ces cas-là, vous ne pouvez pas vous faire violence, il faut vous éduquer avec amitié et patience, pour développer vos complémentarités. En coaching de l’énergie, nous travaillons avec ces 4 énergies. Et dans la formation au coaching de l’énergie, nous apprenons aux coachs à dénouer cet écheveau énergétique avec leurs clients, afin de les libérer. Autre exemple, moins énergétique et plus « psychologique » :

Etre doux avec soi-même ne signifie pas : manquer de fermeté et de détermination. Pour vous développer, il ne faut pas de la violence, mais de la clarté. Il ne faut pas de la contrainte, mais du plaisir et de la liberté. En revanche, vous aurez besoin d’un peu de méthode, pour ne pas vous perdre, ou vous décourager. C’est une négociation de chaque instant, qui certes consommera de l’énergie, mais se fera sans effort et vous procurera une telle énergie intérieure, que vous y consentirez volontiers, alors que la violence vous épuisera très vite, et ne produira aucun effet positif durable. La violence envers soi-même provient d’un manque de lucidité. Cette lucidité, on peut vous aider à la cultiver, et à devenir profondément honnête, et juste envers vous-même ! C’est seulement en empruntant un jour ce chemin pour s’individualiser, que vous pourrez enfin trouver le calme et la tranquillité.

Coach pas gourou ni magicien

Des personnes m’appellent parfois pour me demander des conseils. Je n’en donne pas. Et je n’en vends pas non plus. Ce que je vends, c’est du coaching, c’est-à-dire un accompagnement à base de questions. Cela coûte cher, à tous points de vue. Mais ça rapporte gros, parce que cela vous fait bouger en profondeur. Mais il y a des conditions pour que cela soit efficace. Donc, ne m’appelez pas pour me demander une solution miracle ou un conseil à deux balles (comme tous les conseils). Je ne vous répondrai pas, et vous serez déçu. Si vous êtres prêt à travailler sur vous-même, par vous-même et pour vous-même, alors oui un coaching est peut-être une bonne idée. Ce sera un bon accompagnement, ponctuel, pour vous décoller la pulpe, un petit coup de pouce pour décoincer une situation, et vous relancer dans votre axe. Mais cela se fera dans un cadre professionnel, avec un nombre de séances, un début, une fin, un tarif, et beaucoup de travail de votre part. N’espérez pas qu’en m’appelant un soir ou en m’envoyant un sms, vous allez faire l’économie de votre propre travail, et du cadre en coaching. Appelez-moi volontiers en revanche, si vous avez décidé (ou si vous envisagez sérieusement) de vous lancer dans un travail sur vous-même. Mais pas pour me raconter vos misères, en espérant que cela suffise pour les résoudre. Le premier pas vers le changement c’est de vous donner les moyens d’un vrai travail. Sans vous faire violence, prenez vos responsabilités, comme tous mes clients le font, et entrez dans le coaching, au lieu de rester devant la vitrine en attendant une solution miracle. Vous avez les moyens de vous mettre à vous aimer et à vous respecter. On peut les mobiliser ensemble ces moyens. A vous de voir les amis… Prenez le temps dont vous avez besoin. Un de mes trois interlocuteurs d’hier a attendu plus de six mois, après m’avoir rencontré avant de se lancer. Il a pris le temps de la tergiversation et de la procrastination. Il s’est encore payé une bonne tranche de 6 mois, à faire plus de la même chose qui ne fonctionne pas. C’était un temps de maturation et de pré-mobilisation. Mais il est prêt. L’homme que j’ai rencontré va maintenant faire d’immenses pas en avant. A mon avis, il n’a pas perdu son temps pendant ces 6 mois, Il a bien fait de prendre son temps. Je respecte profondément cela.

La vie est simple

LES SPÉCIFICITÉS DE LA FORMATION COACHING INDIVIDUEL NRGY

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Paul Devaux

Coach professionnel

Depuis 25 ans, Paul pratique le Coaching professionnel en entreprise, dans une approche systémique. Accrédité à la Société Française de Coaching en 2008, il est également formateur et superviseur de Coachs depuis 2010. Egalement fondateur d'une école de coaching (voir NRGY-trainig.fr).

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