Cet article répond à 3 questions sur la confiance en soi dans l’exercice de sa profession :
1. Comment le management peut-il involontairement détruire la confiance en soi des employés ?
L’article souligne que la confiance au travail est une construction sociale fragile, fortement influencée par le climat managérial, les pratiques de feedback et les normes implicites d’un collectif. Il illustre plusieurs comportements managériaux qui sapent la confiance, même inconsciemment.
2. Quels sont les actes managériaux qui favorisent la confiance en soi et la sécurité psychologique des équipes ?
L’article détaille les conditions nécessaires pour développer la confiance en soi, telles que recevoir un feedback régulier, clair et cadré, être autorisé à essayer et à se tromper, avoir une vision claire de sa valeur, et prendre conscience de ses forces. Il explore également comment les managers peuvent inspirer la confiance des autres en étant cohérents, clairs dans leurs attentes, en reconnaissant les efforts et en osant montrer leur humanité.
3. Pourquoi la confiance au travail n’est-elle pas seulement une affaire personnelle, mais aussi un enjeu organisationnel crucial ?
Nous verrons que la confiance au travail est une construction sociale, pas seulement une question personnelle. Il explique que les dysfonctionnements managériaux peuvent ébranler même les personnalités les plus solides. En citant l’étude Project Aristotle de Google, l’article met en évidence que la sécurité psychologique est le facteur numéro un de performance des équipes, et qu’elle est directement corrélée à la manière dont les managers interagissent avec leurs collaborateurs.
La confiance au travail n’est pas seulement une question personnelle.
C’est une construction sociale, fragile, influencée par :
- le climat managérial,
- les pratiques de feedback,
- les normes implicites d’un collectif.
Quand le management dysfonctionne, même les personnalités les plus solides peuvent douter d’elles-mêmes.
« Le problème de la confiance en soi au travail, c’est qu’elle peut être sapée… sans même que vous en ayez conscience. »
— Extrait d’une séance de coaching avec une cadre dirigeante
Quand des managers malmènent la confiance
Exemple 1 – Le feedback toxique “mais bienveillant”
Lucile, cheffe de projet en agence de communication, 33 ans.
Elle reçoit ce type de retour en one-to-one :
“Je pense que tu n’as pas encore le niveau de vision stratégique qu’on attend de quelqu’un à ton poste. Mais je suis sûr que tu vas y arriver.”
Effet : flou, culpabilité, déstabilisation.
Lucile commence à s’auto-censurer en réunion, à laisser parler les autres, même sur ses propres projets.
Le feedback n’est ni clair, ni utile : il maintient une tension sans point d’appui pour progresser.
Exemple 2 – L’humiliation voilée
Ahmed, ingénieur en développement logiciel, 27 ans.
En réunion hebdo, son manager corrige ses mots en public, coupe ses phrases :
“Non, c’est pas comme ça qu’on formule. Laisse, je vais expliquer.”
Effet : Ahmed arrête de proposer. Il ne pose plus de questions. Il se replie pour “ne pas faire d’erreur”.
Un retour qui corrige sans cadre, sans considération, sans respect devient une micro-humiliation — et tue la prise d’initiative.
Exemple 3 – Le “jamais assez”
Delphine, responsable RH, 39 ans.
Ses dossiers sont toujours validés, mais jamais sans commentaire :
“C’est bien, mais tu aurais pu aller plus loin.”
“Tu aurais pu y penser plus tôt.”
“Pourquoi ne pas avoir anticipé ?”
Effet : une impossibilité d’ancrer ses réussites. Elle est toujours à une marche de ce qui aurait été “vraiment bien”.
Résultat : perte de confiance insidieuse, fatigue mentale, puis retrait.
Pourquoi ça casse la confiance
Parce que ces comportements managériaux :
- instillent le doute sans cap de progression,
- empêchent la reconnaissance claire,
- valorisent la perfection plutôt que l’évolution,
- et créent un sentiment d’insécurité psychologique.
Une étude menée par Google (projet Aristotle, 2015) a montré que la sécurité psychologique est le facteur n°1 de performance des équipes.
Or elle est directement corrélée à la manière dont les managers donnent du feedback, écoutent, réagissent à l’échec.
Les conditions de la confiance au travail
Conditions pour développer la confiance en soi
1. Recevoir un feedback régulier, clair, cadré
Pas des “tu aurais dû”, mais des formulations précises :
“Ce point était bien mené, voici ce qui pourrait le renforcer.”
“Sur ce dossier, tu as manqué de clarté, mais ta structure tenait.”
2. Être autorisé à essayer, même imparfaitement
La confiance vient de l’action. Il faut un espace pour tester, se tromper, ajuster sans être disqualifié.
3. Avoir une vision claire de sa valeur
Cela implique que l’entreprise donne des repères sur les attentes, les réussites, les marges de progrès.
4. Prendre conscience de ses forces
Un coaching ou un accompagnement permet d’objectiver ce qui fonctionne, d’ancrer les réussites, de renverser les croyances limitantes.
Inspirer la confiance des autres (collaborateurs, collègues, direction)
1. Être cohérent
Rien ne mine autant la confiance qu’un manager qui dit une chose et en fait une autre.
2. Être clair dans les attentes
Poser un cadre, des priorités, des critères de réussite. Ce n’est pas du contrôle, c’est de la lisibilité.
3. Reconnaître les efforts et les progrès, pas seulement les résultats
Dire à quelqu’un : “Je vois que tu as osé prendre la parole alors que ce n’est pas naturel pour toi” a plus d’impact que “Bravo pour ton rapport”.
4. Oser dire “je ne sais pas”, “je me suis trompé”
C’est un puissant générateur de confiance : on fait confiance à quelqu’un qui se montre humain, pas à quelqu’un qui joue un rôle.
La confiance vient de l’intérieur
“La confiance, ce n’est pas se sentir fort. C’est oser avancer même quand on se sent fragile.”
La confiance en soi se nourrit du regard des autres, mais ne peut pas en dépendre entièrement.
Le rôle du management est de créer le terreau relationnel qui permet à chacun de se construire, de se corriger et de s’affirmer.
Un bon manager n’infuse pas la confiance, il crée les conditions pour qu’elle émerge.
Actes de management qui renforcent la confiance des collaborateurs
Donner un vrai espace d’autonomie (et pas seulement des responsabilités)
Histoire – “Fais comme si c’était ton projet”
Amine, chef de projet junior, est intégré dans une équipe produit. Son manager lui dit un matin :
“Ce nouveau chantier, je veux que tu le portes. C’est toi le pilote. Je suis là en appui, pas en relecture.”
Amine prend le dossier à bras-le-corps. Il se trompe deux fois, ajuste, apprend. À la fin, il présente le livrable en comité.
Le manager conclut simplement : “C’est la vision d’Amine. Et elle est claire.”
Depuis ce jour, Amine prend la parole plus spontanément. Il ne demande plus “Est-ce que je peux ?” — il propose.
Clé : La confiance ne naît pas de la permission, mais de la responsabilisation réelle, sans filet permanent.
Nommer une compétence qu’on ne voit pas soi-même
Histoire – “Tu ne vois pas ce que tu apportes”
Sophie, développeuse, doute de sa valeur dans l’équipe. Elle pense être trop introvertie pour avoir un impact.
En réunion, son manager prend le temps de dire devant tous :
“Sophie ne parle pas beaucoup, mais chaque fois qu’elle intervient, elle fait avancer le débat. Elle a un talent rare pour la synthèse et la justesse.”
Le silence autour devient respect. Et dans les semaines qui suivent, Sophie commence à formuler ses idées plus tôt.
Elle n’a pas “gagné en confiance” : on lui a montré ce qu’elle avait déjà, mais qu’elle n’avait jamais reconnu.
Clé : La reconnaissance précise et publique d’une qualité invisible à ses propres yeux est un catalyseur puissant.
Laisser quelqu’un prendre un risque mesuré – et ne pas le juger si ça rate
Histoire – “On a appris quelque chose”
Thomas, responsable commercial, donne à Lisa, 28 ans, la responsabilité d’un gros appel d’offres.
Elle perd le contrat. Lors du débrief, elle s’attend à un reproche.
Il lui dit :
“Tu as fait tout ce que tu pouvais. Ce qu’on a appris sur le client, personne ne l’aurait su autrement. Et tu t’es tenue droite jusqu’au bout.”
Lisa ressort de là… soulagée, mais surtout légitimée.
Deux mois plus tard, c’est elle qui obtient un contrat avec un nouveau client, grâce à ce qu’elle avait compris précédemment.
Clé : Le droit à l’erreur bien accompagné renforce l’audace responsable, pas l’insouciance.
Faire relire un document stratégique à un junior — et écouter vraiment son avis
Histoire – “Je croyais que c’était un test”
Hugo, stagiaire communication, est surpris quand son manager lui demande de relire un discours pour le président.
Il le fait avec soin, ajoute des remarques, propose une autre structure.
Le manager répond : “Merci. Je prends ta version.”
Hugo ne s’est pas senti flatté. Il s’est senti utile et compétent.
Clé : La confiance se construit dans les actes simples : accepter d’être enrichi par plus jeune, plus nouveau, plus “petit”.
Valider une progression, pas seulement un résultat
Histoire – “T’as osé. C’est ça qui compte.”
Émilie, jeune manager, a recadré un collaborateur difficile pour la première fois. Elle est tendue, doute d’avoir été légitime.
Son N+1 lui dit en débrief :
“Tu n’as pas tout dit. Mais tu as dit l’essentiel. Et tu l’as dit avec respect. T’as osé. C’est ça qui compte. Le reste viendra.”
Elle ressort non pas “rassurée” mais ancrée dans son mouvement. La prochaine fois, elle ira plus loin.
Clé : Marquer un jalon dans un parcours de progression renforce la confiance en la capacité d’évolution, et pas seulement en la performance.
Dire “tu peux” avant que la personne se sente prête
Histoire – “Tu peux y aller”
Rachid, manager technique, sent que Claire a la capacité de porter un projet transversal.
Elle doute, dit : “Tu crois que j’ai le niveau ?”
Il répond : “Je ne le crois pas. J’en suis sûr. Tu peux y aller.”
Et il la laisse faire. À mi-chemin, Claire réalise qu’il avait vu plus grand qu’elle-même.
Elle rattrape son propre niveau de confiance sur celui qu’on lui a accordé.
Clé : La confiance qu’on reçoit avant d’être prêt est souvent celle qui élève le plus.
Synthèse des actes managériaux qui renforcent la confiance des collaborateurs en leurs compétences
| Acte managérial | Ce que cela déclenche chez le collaborateur |
|---|---|
| Donner un vrai projet en autonomie | Sentiment de compétence, initiative |
| Reconnaître une qualité invisible | Estime de soi, fierté, expression plus libre |
| Autoriser l’échec utile | Droit d’oser, audace future |
| Écouter l’avis d’un junior | Intégration, sentiment d’utilité |
| Valider une étape de progression | Persévérance, projection dans la montée en compétence |
| Encourager avant que la personne se sente prête | Confiance transférée, élan de dépassement |
“On ne donne pas confiance à quelqu’un. On l’aide à se l’autoriser.”
Un manager restaure la confiance de son équipe
Claire arrive à la tête de l’équipe de coordination des soins à domicile dans un service déjà fragilisé. Turnover élevé, soignants démotivés, plannings ingérables, patients insatisfaits. Depuis la crise sanitaire, tout le monde a “tenu”, mais plus personne ne croit au mieux. Les réunions sont muettes, les erreurs se règlent dans le silence ou les tensions. La confiance a fui.
Claire ne commence pas par un nouveau logiciel ou une procédure. Elle commence par écouter. Pendant trois semaines, elle rencontre chaque infirmier, chaque aide-soignant, chaque coordinateur. Elle leur pose une seule question : “Qu’est-ce qui vous empêche de faire du bon travail, avec fierté ?”
Les réponses sont limpides : surcharge, manque de reconnaissance, absence de dialogue avec les cadres. Une forme d’abandon silencieux.
Elle décide de poser un cadre simple et humain. Chaque semaine, une réunion d’équipe courte, avec deux règles : chacun a la parole, et on partage au moins une chose qui a fonctionné.
Elle-même donne l’exemple : elle remercie, reformule, fait circuler la parole.
Elle commence à valoriser les gestes invisibles : une tournée improvisée pour dépanner un collègue, un soin difficile mené avec dignité, un appel au médecin fait au bon moment.
Deux mois plus tard, elle propose un projet : améliorer la continuité des soins en réduisant les reprogrammations de dernière minute. L’équipe est sceptique : “On n’y arrivera jamais avec les absents et les trous dans les plannings.”
Claire pose l’objectif : -30 % d’annulations en 6 mois. Mais elle ajoute :
« On le fait pour nos patients, et pour nous. Et si on rate, on apprendra. »
Elle crée des binômes entre anciens et nouveaux, réinvente les points de passage d’infos, responsabilise les coordinateurs. Chaque erreur devient un retour d’expérience, jamais un reproche.
À mi-parcours, elle organise une séance de reconnaissance : chaque membre reçoit une carte écrite à la main par un collègue. Une aide-soignante, 22 ans de métier, fond en larmes : “C’est la première fois qu’on me dit que je suis indispensable.”
Un an plus tard, les annulations ont chuté de 35 %, la tension a baissé, et les retours patients sont meilleurs qu’avant crise.
Un infirmier résume en réunion :
« Avant, on subissait les journées. Maintenant, on sait pourquoi on les fait. »
Claire n’a pas “motivé” par des chiffres. Elle a réinstallé le respect, la parole, et la fierté du soin.
Et l’équipe s’est remise à marcher.
Découvrez l’impact du coaching pour managers
Vous souhaitez renforcer la confiance au sein de vos équipes, améliorer vos pratiques de feedback et développer un environnement de travail sécurisant et performant ?
Vous souhaitez augmenter votre propre confiance en vous-même ?
Le coaching de manager est un levier puissant pour y parvenir. Apprenez à identifier et à transformer les comportements qui sapent la confiance, et à créer les conditions d’une collaboration épanouissante.
Découvrez comment un accompagnement personnalisé peut vous aider à :
- Maîtriser l’art du feedback constructif.
- Inspirer la confiance et la prise d’initiative.
- Renforcer la sécurité psychologique de vos collaborateurs.
- Développer vos forces et ancrer vos réussites.
Prêt à faire passer votre leadership au niveau supérieur et à bâtir des équipes plus solides et plus engagées ?
Contactez-nous dès aujourd’hui pour un premier échange gratuit.







