Il y a vingt ans, ce qui distinguait un bon coach était souvent la maîtrise d’une méthode.
- Analyse Transactionnelle.
- PNL.
- Approche systémique.
- Gestalt.
- Process Communication.
- Co-développement.
- Neurosciences.
Chaque nouvelle approche apportait son lot d’outils, de modèles et de protocoles.
Aujourd’hui, tout cela est devenu accessible.
Jamais les coachs n’ont eu autant de livres, de podcasts, de vidéos, de formations, de communautés professionnelles et, désormais, d’intelligences artificielles capables de produire en quelques secondes une synthèse pertinente de plusieurs écoles de pensée.
Le savoir technique cesse progressivement d’être un facteur de différenciation.
- Demain, votre client pourra demander à une IA : « Donne-moi vingt hypothèses systémiques expliquant la situation de mon équipe. » Il obtiendra probablement une excellente réponse.
- Il pourra demander : « Quels biais cognitifs influencent probablement cette décision ? »
- Ou encore : « Construis-moi une séance de coaching en mobilisant la théorie U, la CNV et les niveaux logiques de Dilts. »
L’IA saura le faire.
Peut-être même mieux que beaucoup de coachs.
Faut-il en conclure que notre métier est condamné ?
Je crois exactement l’inverse.
Je crois que nous allons assister à une clarification profonde de notre profession.
Avec Frank Salles, mon associé co-créateur de l’école de coaching NRGy, nous avons animé plusieurs masterclass et sessions du club NRGy sur ce thème :
- Les coachs qui se contentaient d’appliquer des modèles seront progressivement remplacés par des modèles.
- Les coachs qui développent une qualité de regard irremplaçable deviendront plus précieux que jamais.
Cette qualité de regard, je propose de l’appeler l’intelligence symbolique.
Une intelligence oubliée
Notre système éducatif valorise principalement deux formes d’intelligence.
- L’intelligence logique.
- Et l’intelligence verbale.
- Nous apprenons à raisonner.
- À démontrer.
- À expliquer.
- À argumenter.
Ces compétences sont évidemment indispensables.
Mais elles ne représentent qu’une partie de notre fonctionnement cognitif.
- Lorsque Léonard de Vinci observait un tourbillon d’eau pour comprendre la circulation du sang, il ne raisonnait pas uniquement de manière logique.
- Lorsque Newton reliait la chute d’une pomme au mouvement des planètes, il établissait une analogie.
- Lorsque Jung rapprochait les rêves, les mythes et les grandes figures religieuses, il construisait des ponts entre des univers symboliques.
- Lorsque Steve Jobs affirmait que la créativité consiste à relier des choses, il parlait déjà, sans le nommer, d’un fonctionnement symbolique de l’intelligence.
L’intelligence symbolique consiste précisément en cela.
Voir des relations là où d’autres ne voient que des objets séparés.
Voir les formes plutôt que les faits
IL y a en quelque sorte trois niveaux de coaching :
- Un coach débutant écoute principalement les faits.
- Un coach expérimenté écoute les relations.
- Un très grand coach écoute les structures.
Prenons un exemple.
Un dirigeant explique :
« Mon comité de direction se déchire. Les décisions sont lentes. Les équipes attendent des arbitrages. Les conflits se multiplient. »
- Le débutant entend une difficulté de gouvernance.
- Le coach expérimenté identifie plusieurs boucles systémiques.
- Le coach doté d’une intelligence symbolique entend autre chose.
- Il perçoit une organisation qui a perdu son centre de gravité.
- Il ne voit plus seulement des comportements.
- Il voit une forme.
Cette capacité à reconnaître des formes est probablement l’une des compétences les plus rares dans les métiers de l’accompagnement.

Les symboles sont des condensateurs de sens
Un symbole n’est pas un signe.
- Un panneau « Stop » possède une signification unique.
- Une balance évoque immédiatement la justice, l’équilibre, la mesure, le discernement, l’arbitrage, la responsabilité…
Plus un symbole est riche, plus il ouvre d’interprétations cohérentes.
Les grands symboles possèdent une extraordinaire densité.
Ils permettent de penser plusieurs dimensions d’une même réalité simultanément.
C’est précisément ce que recherchent les dirigeants lorsqu’ils font appel à un coach.
Ils ne viennent pas chercher une réponse.
Ils viennent chercher une lecture plus profonde.
Le cerveau humain pense déjà symboliquement
Nous croyons penser avec des concepts.
En réalité, nous pensons largement avec des images.
Écoutez vos clients.
Ils disent rarement : « Je traverse actuellement une réorganisation identitaire. »
Ils disent :
- « J’ai la tête sous l’eau. »
- « Je tourne en rond. »
- « J’avance dans le brouillard. »
- « J’ai un poids sur les épaules. »
- « Je porte tout le monde. »
- « Je suis au pied du mur. »
- « Je n’arrive plus à respirer. »
Le cerveau parle spontanément en métaphores.
Le symbole précède souvent le concept.
Un coach qui n’entend que les concepts passe à côté de la moitié du message.
Pourquoi l’IA ne remplacera pas cette intelligence
L’intelligence artificielle reconnaît des régularités statistiques.
- Elle compare.
- Elle synthétise.
- Elle classe.
- Elle raisonne.
- Elle produit des hypothèses remarquablement pertinentes.
Je l’utilise moi-même presque tous les jours.
Mais une IA ne vit pas la rencontre.
- Elle ne ressent pas la qualité d’un silence.
- Elle ne perçoit pas l’énergie d’une pièce.
- Elle ne remarque pas qu’un client prononce cinq fois le mot « prison » sans s’en apercevoir.
- Elle ne voit pas qu’un dirigeant décrit systématiquement son entreprise comme un navire en perdition, tandis qu’un autre la décrit comme un jardin à cultiver.
Or ces images sont parfois plus révélatrices que tout un questionnaire.
Le rôle du coach n’est plus seulement d’analyser.
Il devient celui qui aide son client à changer de représentation.
Changer de symbole, c’est souvent commencer à changer de réalité.
Le retour du sens
Nous vivons une époque paradoxale.
Jamais nous n’avons eu autant d’informations.
Jamais nous n’avons eu autant de mal à construire du sens.
Les dirigeants ne souffrent pas seulement de surcharge de travail.
Ils souffrent souvent de surcharge d’informations.
Ils connaissent les chiffres.
Les indicateurs.
Les tableaux de bord.
Les procédures.
Mais ils peinent à répondre à une question beaucoup plus simple.
Que sommes-nous en train de vivre ?
Le symbole répond précisément à cette question.
Il donne une forme à l’expérience.
Il permet de raconter.
De comprendre.
D’intégrer.
Il transforme une succession d’événements en une histoire.
Or l’être humain habite davantage les histoires que les statistiques.
Une compétence décisive pour accompagner la complexité
Plus une situation est complexe, moins les solutions purement techniques suffisent.
Les transformations organisationnelles, les crises identitaires, les changements de gouvernance, les fusions, les conflits de valeurs ou les transitions professionnelles ne peuvent pas être réduits à une liste de procédures.
Ils nécessitent une intelligence capable de tenir ensemble plusieurs niveaux de réalité.
- Les faits.
- Les émotions.
- Les représentations.
- Les récits.
- Les croyances.
- Les paradoxes.
- Les symboles.
C’est précisément cette capacité que j’appelle intelligence symbolique.
Elle ne remplace ni l’analyse ni la méthode.
Elle les complète.
Pourquoi le Tarot de Marseille ?
À ce stade, une question demeure.
Pourquoi choisir le Tarot pour entraîner cette compétence ?
Parce qu’il offre quelque chose d’unique.
Depuis plusieurs siècles, les vingt-deux arcanes majeurs constituent un système remarquablement cohérent d’images, de nombres, de relations et de transformations.
Ils obligent notre pensée à quitter les raisonnements automatiques.
Ils nous invitent à observer autrement.
- À relier.
- À questionner.
- À suspendre nos certitudes.
Ils constituent, en quelque sorte, une salle de sport pour l’intelligence symbolique.
Je ne prétends pas que ce soit le seul outil possible.
Mais je n’en connais aucun qui réunisse à ce point profondeur philosophique, richesse psychologique, cohérence structurelle et puissance pédagogique.
C’est pourquoi je ne considère pas le Tarot comme une croyance.
Je le considère comme un instrument d’entraînement.
De la même manière qu’un pianiste travaille ses gammes ou qu’un judoka répète inlassablement les mêmes mouvements, le coach peut entraîner son discernement grâce aux arcanes majeurs.
À terme, il n’aura d’ailleurs presque plus besoin des cartes.
Car ce qui aura changé, ce n’est pas le Tarot.
C’est son regard.
Et c’est peut-être là le véritable enjeu de cette formation.
Non pas apprendre un outil supplémentaire.
Mais devenir progressivement un coach capable de percevoir ce qui demeure invisible à une lecture uniquement analytique.
Dans un monde où les réponses seront de plus en plus automatisées, la véritable valeur du coach résidera moins dans sa capacité à répondre que dans son aptitude à poser les questions que personne n’avait encore pensé à poser. L’intelligence symbolique n’est pas une alternative à la rigueur ; elle en est le prolongement. Elle permet de relier ce que l’analyse distingue, de donner du sens à ce que les données dispersent et d’accompagner les transformations là où les méthodes seules atteignent leurs limites.
C’est cette compétence que je souhaite transmettre. Le Tarot de Marseille n’en est pas l’objet. Il en est le plus beau prétexte.
Pourquoi les coachs peuvent avoir intérêt à se former au Tarot
Le coaching travaille avec une matière qui ne se laisse pas toujours réduire à l’analyse rationnelle : représentations, émotions, intuitions, non-dits, relations, contradictions et changements de perspective. Le coach dispose évidemment de méthodes et de modèles pour travailler avec cette complexité. Mais il peut également être intéressant de développer une autre forme d’intelligence : l’intelligence symbolique. Elle permet de faire des liens entre des éléments qui ne sont pas spontanément reliés et d’introduire, dans une conversation, des images susceptibles de provoquer un déplacement du regard.
Le Tarot constitue pour cela un outil particulièrement riche. Sa pratique développe à la fois l’intuition et l’analyse. Elle apprend à observer précisément, à prendre du recul, à suspendre son jugement, à lâcher prise sur une première interprétation et à confronter une perception à la réalité. L’intelligence symbolique ne remplace donc ni la raison ni l’intelligence sensible : elle les relie. Elle permet de passer des faits à leur perception, puis de cette perception à une représentation symbolique susceptible d’ouvrir une nouvelle compréhension.
Dans la pratique du coaching, les applications sont nombreuses. Le Tarot peut servir au coach avant une séance pour élargir ses hypothèses, avant une réunion pour identifier les enjeux qu’il risque de négliger, ou avant un entretien pour réfléchir aux différentes postures possibles. Il peut également contribuer à explorer une évolution professionnelle, une décision, une relation difficile, les résistances d’un système ou les enjeux implicites d’une situation. Il ne s’agit évidemment pas de prétendre connaître les pensées cachées d’un interlocuteur, mais d’élargir le champ des hypothèses avant de revenir à l’observation et au dialogue.
C’est pourquoi je préfère former au Tarot plutôt que proposer des consultations. Apprendre à pratiquer permet de conserver durablement cette compétence et de l’intégrer à sa propre manière de travailler. La formation s’adresse notamment aux coachs qui souhaitent enrichir leur palette professionnelle, mais aussi à toute personne qui pressent qu’elle possède une intuition, une sensibilité ou une capacité de compréhension symbolique encore insuffisamment développée. Le véritable enjeu n’est pas de savoir ce que les cartes vont prédire : c’est d’apprendre à voir ce que l’on ne voyait pas encore.
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