Quand il me ment, il ou elle me dit des mensonges, je me sens trompé(e), je me sens trahi(e)… et cela me paraît très grave, très important, insupportable, inacceptable, etc… Plusieurs options s’offrent à vous quand vous êtes confronté au mensonge des autres.

Que signifie « il me ment » ?

C’est quoi finalement le mensonge ? Cette vidéo d’Isabelle Padovani offre l’opportunité d’un pas de côté, un peu de recul par rapport à la notion de mensonge. Le mensonge est un mot connoté de « moralité » qui juge négatif, qui pointe la faute et le coupable. Le mot mensonge est employé pour désigner une étiquette mentale sur un objet, qui ne serait pas exacte.

Mais qu’est-ce que je considère comme faux ou comme mensonge ?

Le risque des choix négatifs

Quand l’autre me ment, j’ai les choix négatifs suivants:

Que faire s’il me ment ?

Une meilleure option serait de se désintéresser du contenu du mensonge, s’il ne porte pas à conséquence. Après tout vous n’êtes pas forcément là pour redresser les torts et démasquer les impostures. Réaffirmez vos besoins. Quoi que puisse représenter l’autre à vos yeux, vous n’avez aucune raison de le faire passer avant vos propres besoins. Vous méritez de vous affirmer et d’affirmer vos valeurs. Demandez de la transparence, de l’honnêteté. Redéfinissez explicitement les termes du contrat implicite que vous avez passé avec l’autre. Et s’il n’est pas respecté, alors ça sera à vous d’aviser et de prendre les décisions qui s’imposent. Vous pourriez également confronter. En signalant gentiment votre étonnement. Vous pourriez aussi présenter des preuves. Pour démasquer le mensonge grâce à des preuves béton au bon moment,  il faut que votre interlocuteur sente que vous êtes ferme sur vos appuis et bien préparé. Il faut qu’il soit effrayé de vous mentir. Votre honnêteté et votre préparation doivent vous permettre d’avoir le dessus. Si votre interlocuteur continue de vous mentir, il n’a d’autre choix que de changer ses lignes de défense au fur et à mesure que ses mensonges ne tiennent plus. Prenez des notes, il devra ensuite avoir une bonne mémoire et vous pourrez le reprendre sur ce qu’il a dit avant. Vous pourriez alors indiquer que le mensonge ne vous convient pas, rappeler le genre de relations que vous souhaitez en précisant ce que vous n’admettez pas. Affirmez votre position et montrez quelles suites vous envisagez à cette relation si le mensonge devait se reproduire. Confronter quelqu’un en public n’aidera sans doute pas la personne à changer. Il vaut mieux discuter de la chose en privé de telle sorte que les sentiments de honte et d’embarras n’atteignent pas un stade critique. Dites calmement à la personne que vous pensez qu’elle a menti. Énumérez le ou les mensonges précis dont vous voulez vous entretenir. Ne traitez pas cette personne de menteuse. Là encore, il vaut mieux y aller doucement dans un premier temps. Dans la plupart des cas, la personne sera tellement embarrassée d’avoir été percée à jour qu’elle cessera de mentir.

Comprendre pourquoi il me ment

Se montrer emphatique et conciliant peut être une option. On l’a dit, le mensonge n’est pas forcément un crime de lèse majesté. On peut bien sûr essayer de comprendre pourquoi le mensonge. Cela traduit un besoin de se protéger ou une motivation cachée, qu’il est parfois intéressant de connaître, pour mieux comprendre. Mais parfois comprendre est inutile. Constater l’écart entre la version donnée par quelqu’un et ce que vous en savez par ailleurs, peut vous suffire si vous ne vous intéressez pas à l’autre. Dans ce cas pas besoin de chercher à comprendre. Les raisons sont multiples et ne vous concernent pas. Soyons juste : Il faut voir que si l’autre ment, vous aussi vous mentez parfois. Inutile de juger et de rejeter, cela ne mène pas bien loin, en général. Et au-delà ce cela, un mensonge peut se pardonner. Toutefois, une vie de mensonge n’est généralement ni saine ni satisfaisante. C’est alors sans ressentiment, d’une manière fonctionnelle, que vous prendrez des décisions par rapport à la situation et la relation.

Le mot « mensonge » est une étiquette moraliste

Réaliser que ce qu’on appelle mensonge est souvent connoté de manière moraliste inconsciente, nous permet de voir mentalement que ce que nous appelons « mensonge » est simplement un désaccord entre nos visions. Je vois quelque chose, que quelqu’un d’autre voit différemment. C’est tout. Elle voit autrement, ou bien elle voit comme moi, mais ce qu’elle voit autrement c’est la nécessité de dire ce qu’elle voit sans déformer. Elle a la vision qu’il est juste de dire quelque chose d’autre que la vérité, tandis que dans ma vision, c’est quelque chose qu’il ne faudrait pas faire. Mais au nom de quoi ? Au nom d’un code moral. Mais nous n’avons peut-être pas la même notion de ce qui est moral. Donc c’est bien un désaccord sur une vision, en définitive. Cela n’est donc pas si grave… Et il ne faut pas forcément y voir une offense personnelle !

Rien de personnel dans le mensonge

Cela n’a rien de personnel quand il me ment. Même si il me ment à moi, et même si c’est bien lui (et pas quelqu’un d’autre) qui me ment, cela n’a rien de personnel. En effet :

Il ne s’agit-là que d’un comportement qui fait partie des options possibles. Cela ne vient pas exprès de cette « mauvaise personne » envers moi, « pauvre personne », victime visée spécialement par cette effroyable injustice !

Les bonnes mauvaises raisons de mentir

Elle ou il me ment pour me rassurer Parfois, un petit superlatif gratifiant « un poil » exagéré peut servir à rassurer. Mais il arrive aussi de mentir sur pour des raisons plus légères juste pour ne pas décevoir ou attrister. Cela passe généralement pour une raison valable de glisser un petit mensonge adroit pour faire plaisir et rassurer, sachant comme la vie est déjà assez dure parfois. Elle ou il me ment pour me séduire Les premiers mensonges arrivent rapidement, parfois même dans les toutes premières heures d’une ration. Pourquoi ? Mais pour lui plaire, pardi ! En faisant connaissance, vous enjolivez un peu votre histoire, votre enfance, vos dernières sorties ou vos dernières vacances… Ça, ce sont les petits mensonges tout gentils, les mensonges excusables et peu vérifiables. Il serviront à tisser des liens entre vous, à alimenter vos conversations pour vous emmener vers des sujets plus profonds. elle ou il me ment pour me protéger Pour ne pas décevoir ou blesser l’autre, on a souvent tendance à laisser dans l’ombre certains faits de notre passé, des erreurs de jeunesse qu’il juge parfois préférable de ne pas échanger avec les autres. On peut aussi éviter de rapporter des propos désobligeants. Ou bien taire les motivations profondes d’un propos, afin de ne pas envenimer une conversation.

Les signaux du système limbique

Pendant des millions d’années, le cerveau a développé un système très sophistiqué, appelé le système limbique, grâce auquel nous traitons les menaces, les dangers et les émotions, Les réactions du système limbique, qui représentent des réactions émotionnelles en soi, sont en fait universelles. Lorsqu’une personne a les sourcils froncés, les yeux écarquillés, car elle a peur ou reconnaît ce qu’elle voit, les mâchoires serrées, les muscles du visage et du cou tendus, les lèvres crispées, de la difficulté à avaler ou à respirer, nous pouvons dire qu’elle manifeste des signes non verbaux de détresse et d’inconfort. Pendant des millions d’années, avant que l’humain sache communiquer verbalement, une menace pour un individu (telle que de la nourriture avariée, la présence d’un serpent ou d’un tigre) constituait une menace pour tout le monde. Ainsi, notre corps a évolué pour afficher des signes physiques d’émotions, d’inconfort ou de danger afin de communiquer ce que nous percevons. Il est donc théoriquement possible de déterminer si quelqu’un représente une menace pour quelqu’un d’autre en lisant les signaux que le système limbique exprime. De la même manière, l’inconfort intérieur d’un menteur peut le trahir par les signaux qu’il émet. La plupart des gens qui mentent vivent des émotions négatives (désagréables) lorsqu’ils le font. Ces émotions sont associées soit à la crainte d’être découvert, soit à un sentiment de culpabilité. Il arrive parfois que certaines personnes ressentent des émotions positives (lesquelles ont souvent le dessus chez le menteur d’habitude); elles éprouvent du plaisir à mentir, c’est-à-dire de convaincre fallacieusement avec le plus grand naturel.

8 signes qu’il me ment

Selon le Huffpost, les 8 signes suivants caractérisent les comportements des personnes qui mentent. A mon avis, il ne faut pas prendre ces signes à la lettre. La chose est plus subtile que ces 8 pauvres signes, qui ne doivent pas servir à poser des diagnostics rigides sur les autres, en se risquant à les interpréter. Toutefois, ces signaux indiquent que quelque chose est trouble, pas forcément un mensonge. Cela peut traduire un malaise. Mais lequel ?

  1. Désynchronisation entre langage verbal et corporel. Il est facile de mentir en paroles mais notre corps connaît (et révèle) la vérité. Lorsque votre interlocuteur dit une chose et son corps une autre, c’est un signal clair qu’il vous ment. Par exemple, une personne vous raconte les circonstances attristantes qui l’ont empêchée de travailler, mais elle sourit et parle avec grands gestes et animation. Le menteur a tendance à détourner son regard, il évite de fixer et regarder droit dans les yeux.Méfiez-vous aussi des gens qui vous fixent constamment dans les yeux, ce sont aussi des menteurs !
  2. Dissimuler sa bouche. C’est un geste courant chez les menteurs. Une main sur la bouche ou un doigt sur les lèvres révèle le mensonge, parce que ce langage corporel inconscient indique une fermeture de l’échange. Les menteurs couvrent également les points vulnérables de leur corps, comme la tête, le cou ou le ventre, parce que mentir leur donne le sentiment d’être vulnérables et exposés aux attaques. La voix est souvent hésitante chez celui qui ment. Le menteur est connu pour bafouiller quand il s’exprime.
  3. Se tourner inconsciemment vers la porte. Dans un réflexe inconscient pour se ménager une issue de secours, les menteurs se penchent souvent vers la porte s’ils sont assis, voire s’en rapprochent s’ils sont debout. Il leur arrive également de prendre une posture tendue ou défensive, leur corps se raidissant inconsciemment pour prendre la fuite.
  4. Se répéter et donner trop de détails. Les menteurs détestent le silence; c’est pourquoi ils tentent souvent de le meubler en parlant plus que de nécessaire. Ils donnent beaucoup plus d’informations qu’il ne leur est demandé. Plus vous garderez le silence, plus ils en rajouteront pour vous convaincre et se convaincre eux-mêmes de leur tromperie. Les menteurs se répéteront également plusieurs fois, afin de gagner du temps pour rassembler leurs idées.
  5. Respiration modifiée. D’instinct, les gens respirent plus bruyamment lorsqu’ils mentent, car mentir modifie le rythme cardiaque et le débit sanguin. Parfois, les menteurs ont du mal à parler, car ils ont la bouche sèche, une réaction du corps au mensonge.
  6. Mouvements oculaires. Le clignement de paupières montre une absence d’activité cérébrale. Le menteur se concentre sur ce qu’il a à dire et donc cligne moins des paupières. Pour ce qui est des mains, elles sont connectées de 80 à 70% à nos aires cérébrales les plus actives. Lors d’un mensonge, les mains d’un menteur vont avoir tendance à se cacher. On dit que les yeux sont les miroirs de l’âme. C’est particulièrement vrai quand quelqu’un ment. Mais attention: l’important n’est pas la direction du regard, mais le changement de direction. Certaines personnes, par exemple, lèvent les yeux vers la droite lorsqu’elles se souviennent d’une information, mais les baissent quand elles mentent. Chez d’autres, c’est le contraire. Un changement dans le mouvement du regard peut être un très bon indicateur de mensonge, à condition de connaître les mouvements oculaires habituels de la personne. Cette tactique observation est donc plus adaptée aux gens que vous fréquentez souvent. Cela dit, il est un mouvement oculaire « révélateur » quasi universel : les gens en train de mentir regardent souvent en direction de la porte, leur issue de secours inconsciente.
  7. Signes d’agressivité sans raison apparente. Certains menteurs vous manifesteront parfois de l’hostilité ou vous menaceront du doigt. D’autres, soutiendront votre regard sans ciller dans un effort exagéré pour apparaître sincère.
  8. Agitations. L’agitation est un signe clair de nervosité. Même les menteurs patentés s’inquiètent de ne pas être crus; c’est pourquoi ils manifestent leur nervosité en jouant avec leurs cheveux, en tapant du pied, en pianotant ou en triturant leurs oreilles, etc. Bouger les pieds est une manifestation courante de nervosité associée au mensonge. Les pieds s’agitent parce que, se sentant vulnérable, le corps du menteur veut prendre la fuite.
La détection du mensonge est une tâche beaucoup plus complexe et difficile que ce que prétendent la majorité des formations qui traitent du sujet. Il faut se méfier des pseudosciences – souvent attrayantes parce qu’elles offrent le « pouvoir » de détecter le mensonge – et se contenter de résultats modestes afin de faire le moins d’erreurs de diagnostic. En général, les taux de succès se situent autour de 50 %.

Comment déjouer un menteur ?

  1. Utiliser les questions ouvertes et laisser la personne parler. Mentir est une tâche complexe. Les personnes authentiques ont tendance à donner plus de détails que les personnes qui mentent. Les menteurs doivent construire leur mensonge, inventer des détails, ce qui rend la tâche plus difficile et plus susceptible de les trahir. Pour avoir l’air crédible, le menteur ajoute donc des renseignements qui ne peuvent pas être vérifiés ou qui se révéleront non fondés. C’est pour cette raison que les questions ouvertes permettent de mieux distinguer le vrai du faux.

  2. Adopter une attitude d’ouverture et de soutien. Le style accusateur est le moins efficace. Des études ont démontré que le fait de manifester du soutien à la personne interviewée durant l’entrevue facilite la conversation et encourage le dialogue. Par conséquent, l’interviewé risque davantage de livrer des indices de mensonge dans son discours.

  3. Demander à la personne de promettre de dire la vérité lui rend le mensonge plus difficile, car le mensonge en soi constitue déjà un manque à la règle d’engagement tacite : celle de dire la vérité. Des études ont démontré que le simple fait de demander aux enfants de promettre de dire la vérité augmentait les probabilités qu’ils soient honnêtes. Le fait de jurer sur la bible (ou de promettre de dire la vérité) devant les tribunaux aurait donc probablement sa raison d’être…

  4. Poser des questions inattendues. Les mensonges planifiés sont plus faciles à dissimuler que les mensonges spontanés. Les menteurs se préparent pour l’entrevue. Ils le font en prévoyant des réponses pour des questions auxquelles ils s’attendent. Cette stratégie est efficace, car les mensonges planifiés comportent moins de signes que les réponses spontanées. Bien que le menteur puisse refuser de répondre et dire « je ne sais pas » ou « je ne m’en souviens pas », de telles réponses éveillent manifestement des soupçons si elles portent sur des éléments essentiels de l’entrevue. Dans le cas d’une question inattendue, il n’aurait aucune réponse préparée à apporter et par conséquent, aurait bien du mal à y fournir une réponse détaillée…Soyez calme, confiant, en contrôle, regardez-le reculer sur sa chaise, s’agiter, se gratter la tête, agiter les pieds ou les mains, autant de signes qui montrent son inconfort et sa faiblesse. Plus vous observerez ces signes, plus ils se manifesteront et plus grand sera le malaise du menteur, qui perdra son contrôle et aura tendance à avouer…

Paul-Devaux-profile-picture

Paul Devaux

Coach professionnel

Depuis 25 ans, Paul pratique le Coaching professionnel en entreprise, dans une approche systémique. Accrédité à la Société Française de Coaching en 2008, il est également formateur et superviseur de Coachs depuis 2010. Egalement fondateur d'une école de coaching (voir NRGY-trainig.fr).

Articles similaires

Parce que vous avez peut être envie d'approfondir d'autres sujets

Filtre mental : comment s’émanciper de son …

Pour compléter plusieurs articles sur « élargir son cadre de référence« , et le lien entre « biais cognitif et coaching« , nous aimerions aujourd’hui nous inspirer d’un chapitre du livre « le pouvoir de choisir » par Annie Marquier, pour ...

lire la suite arrow-read-more

Trouver un meilleur équilibre de vie

Retrouver votre santé et un bon équilibre de vie après une grave maladie (ou avant, si vous avez la chance de pouvoir réagir à temps) doit évidemment se faire sous le contrôle de médecins qualifiés. ...

lire la suite arrow-read-more

Faire face à la souffrance

Faire face à la souffrance est une obligation. Qu’on le veuille ou non, nous y sommes tous confrontés, tôt ou tard, (pour ne pas dire : finalement un peu tout le temps). Mais nous avons ...

lire la suite arrow-read-more