Nous allons partager ici une des nombreuses astuces coaching, dont l’inspiration nous est venue en supervision de coach : profitant d’une séance dont l’objectif semblait atteint avant l’heure de fin de séance prévue, l’idée nous est venue de débriefer la séance, comme on l’aurait fait en formation après un training.
Cette technique de coaching consiste à proposer au client de passer en revue les différentes étapes de sa séance, revisitant les différents états internes par lesquels il est passé, les déclics qu’il a vécus (prises de conscience et/ou émergence d’émotions), les différentes postures et pratiques utilisées par le coach lors des différentes phases de cet accompagnement.
De cette manière, le client peut mieux modéliser à la fois :
- ce qu’il a vécu, ce par quoi il est passé (ce qui consolide le résultat auquel il est parvenu)
- l’impact sur lui de la technique de coaching utilisée par le coach dans chaque séquence
Il peut ainsi plus facilement reproduire la technique de coaching qui lui a plu, appréciant à la fois ses effets et son modus operandi.
Comme vous le verrez dans l’exemple suivant, cette technique de coaching facilite aussi la perception des boucles systémiques.
Elle aide le client à mieux voir les échos systémiques entre la situation travaillée pendant la séance et la relation vécue entre lui et le coach.
A Retenir
- Débriefer une séance permet de consolider le résultat et comprendre les étapes importantes.
- Revisiter les états internes aide à modéliser des techniques de coaching réussies.
- Les boucles systémiques permettent de relier les expériences du client à ses objectifs professionnels.
- Le débriefing final approfondit la réflexion et élargit la compréhension des expériences vécues.
- Les échos systémiques peuvent inspirer de nouvelles stratégies de coaching applicables en entreprise.
Exemples d’astuces de coaching : Le débriefe de la séance
Un coach interne, qui prépare une convention nationale dans son entreprise pour son nouveau Directeur Général, vient en supervision pour envisager quelques réglages à son conducteur de séminaire. La séance se déroule normalement et semble se terminer dix minutes avant la fin prévue du rendez-vous téléphonique. Le client se dit satisfait et propose de prendre un autre rendez-vous prochainement pour débriefer son séminaire après qu’il aura eu lieu.
Ce projet de débriefe donne au superviseur l’idée de lui proposer en retour, puisqu’il reste encore 10 minutes, de les consacrer justement à débriefer cette séance elle-même. Le client accepte et commence à décrire les états internes qu’il a vécus tout au long de la séance de supervision, les pensées qui l’ont traversé, et les changements de postures qu’il a identifiés chez son superviseur.
Au passage, il repère quelques tours de mains qui lui ont plu et s’applique à les modéliser et à voir dans quelles circonstances il pourra les reprendre à son compte (lors du séminaire notamment). Puis, en synthèse, il exprime qu’il se sent « ébranlé et relancé » par cette séance…
Autres astuces en coaching : utiliser les échos systémiques
Le superviseur lui suggère alors d’envisager un parallèle possible entre :
- L’effet de cette séance sur lui et ce que vit peut-être en ce moment même son entreprise, qui change de Directeur Général et s’engage dans un nouveau projet d’entreprise… Ils ont de quoi se sentir eux aussi, « ébranlés, et relancés », comme le coach interne à l’issue de cette séance… Cette comparaison permet au client de mieux comprendre ce que vivent ses collègues en ce moment, de quoi ils ont besoin pour quitter leurs certitudes et se remobiliser sur le nouveau projet, ambitieux et innovant. Il en sort conforté sur les axes qu’il a choisis intuitivement pour architecturer son conducteur et repère comment encore mieux orienter son introduction et mettre en évidence le fil rouge de cette convention tout au long de ses deux journées.
- Ce qui s’est passé dans cette séance de préparation du séminaire, et l’effet que pourrait avoir ce séminaire sur ses participants. Se pourrait-il qu’ils se sentent « ébranlés et relancés » à l’issue de cette convention ? Si tel était le cas, serait-ce une bonne chose, et que pourrait faire le client tout de suite pour éventuellement optimiser son état interne, agissant ainsi par avance sur l’ensemble de son entreprise, depuis cette simple séance de supervision ?…
grâce à la supervision !
Formulation de la technique de coaching : récapitualtion synthèse
- Superviseur : Si, à l’image de la séance que tu viens de vivre, qui t’a à la fois un peu déstabilisé et stimulé, tu devais faire vivre aux participants une convention qui les secoue et les relance, quelles seraient les bonnes postures et les bonnes interventions de coach que tu pourrais exporter de cette séance pour les reproduire lors de cette convention, et aussi en « avant vente » avec ton DG et son Codir ?
Comme on l’a dit, en réponse à cette proposition, le client a pu approfondir en quelques minutes sa modélisation de la séance de supervision, et en déduire quelques clés de coaching à pratiquer lui-même avec son patron. Il en profite pour apprécier la puissance des échos systémiques, pour provoquer l’insight à la fois pour lui dans cette séance et par la suite dans cette convention pour ses participants.
- Ce client avait en effet vécu quelques belles prises de conscience dans cette séance, mais le plus fort est venu à la fin, lors du débriefe, lorsqu’il a aperçu le lien systémique entre ce qu’il était en train de vivre et l’enjeu même de la convention qu’il devait préparer…
- J’aime bien proposer parfois cette étape de débriefing de la séance, parce que cela entraîne à la fois la réflexivité des clients et leur capacité à offrir du feed-back.
- Très souvent, lors des 10 dernières minutes de la séance de coaching, le client débriefant sa séance, y trouve des nouveaux enseignements, comme dans cet exemple.
- Débriefer avec le client pour voir ensemble encore mieux les liens et les échos, c’est une bonne technique de coaching, non ?
La technique du « changement de chaise » pour explorer les perspectives multiples
Lors d’une séance, un dirigeant évoquait des tensions récurrentes avec son équipe de direction. Plutôt que de rester dans l’analyse cognitive, l’idée nous est venue de lui proposer physiquement de changer de place dans la pièce.
Cette technique de coaching consiste à inviter le client à s’asseoir successivement à différents endroits de l’espace de coaching, en incarnant tour à tour les différents acteurs du système qu’il décrit : lui-même, son adjoint, un membre de l’équipe, et même « l’entreprise » comme entité.
De cette manière, le client peut mieux percevoir :
- les logiques propres à chaque acteur du système
- les émotions et besoins sous-jacents de chacun
- les interdépendances invisibles qui maintiennent la situation
Comme vous le verrez dans l’exemple suivant, cette technique de coaching révèle souvent des dynamiques insoupçonnées et ouvre des chemins de solution inattendus.
Exemple concret
Une directrice des ressources humaines se plaignait de l’attitude « fermée » de son directeur financier lors des comités de direction. En s’asseyant à « la place du DAF », elle a soudain verbalisé : « Je me sens isolé, personne ne comprend mes contraintes budgétaires… »
Elle a alors réalisé qu’elle-même ne prenait jamais le temps d’écouter vraiment ses préoccupations. En revenant à sa propre chaise, elle a spontanément trouvé trois actions concrètes pour créer une alliance avec lui, transformant ainsi la dynamique de tout le comité.
Le plus surprenant est venu lorsqu’elle s’est assise « à la place de l’entreprise » : elle a perçu combien ces tensions reflétaient un conflit plus large entre innovation et prudence, au cœur de la stratégie de sa société…
L’astuce du « et si c’était déjà arrivé ? » pour activer les ressources cachées
Un manager venait en coaching car il se sentait démuni face à une fusion complexe à piloter. Il parlait de ce défi comme d’une montagne insurmontable, totalement inédite pour lui.
Cette technique de coaching consiste à inviter le client à rechercher dans son histoire professionnelle ou personnelle des situations où il a déjà vécu quelque chose d’analogue, même partiellement. On explore ensemble : « Et si tu avais déjà affronté ce type de complexité, où serait-ce ? Quand as-tu déjà dû réconcilier des cultures différentes ? Intégrer des éléments disparates ? »
De cette manière, le client peut :
- reconnecter avec des compétences oubliées ou invisibilisées
- transposer des stratégies qui ont fonctionné ailleurs
- sortir de la posture de « première fois » paralysante
Formulation de la technique
Coach : « Si cette fusion n’était pas la première fois que tu dois faire cohabiter des mondes différents, mais disons… la cinquième ou sixième, où aurais-tu déjà fait ça avant ? Dans quel contexte aurais-tu déjà réussi ce genre d’intégration ? »
Le client a d’abord cherché dans son parcours professionnel, puis soudain, son visage s’est éclairé. Il a évoqué son rôle dans sa famille recomposée, où il avait réussi à créer des liens entre ses enfants et ceux de sa nouvelle compagne. Il a modélisé les étapes qu’il avait suivies intuitivement : créer des rituels communs, respecter les héritages de chacun, donner du temps…
Il est reparti avec un plan d’action directement inspiré de cette expérience personnelle, qu’il n’aurait jamais pensé mobiliser dans un contexte professionnel !
La cartographie des alliances invisibles
Cette astuce nous est venue en observant qu’un client revenait sans cesse sur les obstacles et les oppositions qu’il rencontrait dans son projet, sans jamais mentionner ses soutiens potentiels.
Cette technique de coaching consiste à proposer au client de dessiner littéralement une carte de son écosystème professionnel, en positionnant non seulement les résistances, mais surtout tous les alliés possibles, y compris ceux qu’il ne voit pas encore comme tels.
On l’invite à identifier :
- les alliés évidents (mais parfois sous-exploités)
- les alliés potentiels (qui pourraient le devenir)
- les alliés indirects (qui soutiennent quelqu’un qui le soutient)
- les alliés improbables (qui ont un intérêt caché à son succès)
Exemple en séance
Un chef de projet se sentait « seul contre tous » pour faire passer une transformation digitale. En dessinant sa carte, il a d’abord placé trois personnes dans la zone « alliés évidents ». Puis, encouragé à élargir sa perception, il a progressivement ajouté une dizaine de personnes qu’il n’avait jamais considérées comme des soutiens.
Le déclic est venu quand il a placé le directeur des achats dans les « alliés improbables » : certes, celui-ci critiquait le projet… mais il avait tout intérêt à ce que la digitalisation réussisse pour justifier ses propres investissements ! Le client a alors imaginé une stratégie pour transformer ce critique en partenaire.
Au-delà de la carte elle-même, ce qui frappe, c’est le changement d’état interne : le client est passé d’un sentiment d’isolement à une perception de « richesse relationnelle ». Il s’est senti soudain entouré, là où il se croyait seul.
Cartographier les alliances invisibles, c’est aussi une belle manière de sortir du mode « problème » pour entrer dans le mode « ressources », non ?
À Retenir
- Changer de chaise physiquement active l’empathie systémique et révèle les logiques cachées des autres acteurs.
- Rechercher les expériences analogues réactive des compétences transférables et sort de la paralysie du « jamais fait ».
- Cartographier les alliances transforme la perception d’isolement en conscience des ressources disponibles.
- Les techniques incarnées (corporelles, spatiales, visuelles) produisent souvent des insights plus profonds que l’analyse verbale seule.
- Élargir le regard systémique permet de passer du « je suis bloqué » au « comment puis-je mobiliser mon écosystème ? ».
Pour tout renseignement sur la supervision systémique que je propose, contactez-moi.
FAQ Coaching et Débriefing de Séance
Questions et réponses sur l'astuce coaching et l'utilisation des échos systémiques
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Qu’est-ce que le débriefing de séance en coaching ?
Le débriefing de séance consiste à revenir sur les différentes étapes d’une session de coaching pour analyser les états internes vécus par le client, les prises de conscience, les émotions et les postures utilisées. Cette méthode permet de consolider les résultats obtenus et de modéliser les techniques qui ont été efficaces.
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Quels bénéfices offre cette technique de débriefing ?
Cette approche permet au client de mieux comprendre son vécu, d’identifier les éléments qui ont favorisé ses déclics et d’analyser l’impact de chaque intervention du coach. Il peut ensuite reproduire ces techniques en situation réelle, que ce soit lors d’une convention, d’un séminaire ou dans son quotidien professionnel.
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Comment le débriefing aide-t-il à percevoir les échos systémiques ?
En revisitant la séance, le client remarque les liens entre son état interne et des situations plus larges, telles que les dynamiques au sein de son entreprise. Cette analyse permet de mettre en évidence les échos systémiques, c’est-à-dire les répercussions de la séance sur d’autres domaines, et d’adapter ses actions en conséquence.
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Pouvez-vous donner un exemple concret de cette technique ?
Dans l’exemple présenté, un coach interne prépare une convention nationale et, suite à une séance de supervision se terminant 10 minutes avant l’heure prévue, décide de débriefer en temps réel. Pendant ce débriefing, il identifie les postures, les interventions et les réactions suscitées, découvrant ainsi des clés de coaching à exploiter pour sa future présentation et pour renforcer l’engagement de ses collègues.
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Pourquoi est-il utile de débriefer dans les dernières minutes d’une séance ?
Utiliser les dernières minutes pour le débriefing offre au client une opportunité de réflexion immédiate, favorisant une meilleure appréhension des enseignements de la séance. Cet instant de rétroaction permet aussi d’explorer des pistes de développement, de renforcer l’insight et de préparer des interventions futures avec plus de clarté et d’assurance.







