Qu’il s’agisse :
- d’une crise interne à l’équipe (échec, usure, conflits, etc…),
- ou d’une crise liée à son environnement (plan social, restructuration, fusion, etc…)
C’est le moment de monter d’un cran votre niveau d’exigence par rapport à votre management. Passons en revue succinctement quelques bonnes pratiques de Coaching à garder en tête, pour traverser la crise en équipe, et en sortir par le haut tous ensemble.
A Retenir
- Monter son niveau d’exigence en management lors d’une crise est crucial.
- Renforcer présence et communication sont essentiels pour traverser la crise en équipe.
- Éviter les réactions émotionnelles excessives peut réduire l’impact de la peur.
- Maintenir un équilibre entre ancrage physique et mental face à la crise.
- Profiter de chaque instant et voir la crise comme une opportunité positive.
9 clés pour traverser la crise en équipe
- Privilégiez la relation
- Renforcez votre présence terrain et votre proximité
- Parlez vrai
- Communiquer, sur-communiquer et même : « méta-communiquer »
- Prenez soin de votre équipe, elle vous le rendra !
- Revenez aux fondamentaux : exercez juste votre métier !
- Recentrez-vous sur les valeurs et le projet d’équipe
- Montez votre niveau d’exigence, pour laisser moins de place aux états d’âme…
- Travaillez sur le sens et l’opportunité que représente la crise
Ne pas « réagir à la crise », trop vite
Réagir à la crise ?
C’est souvent la peur notre première réaction : On cherche évidemment à comprendre ce qui se passe, et les informations sont contradictoires : les uns se rassurent trop facilement parce que ça les arrange, les autres s’affolent, d’autres semblent rester inertes et indifférents comme si rien ne se passait de nouveau, d’autres encore échafaudent des théories du complot : « on ne nous dit pas tout… »
Cette confusion participe même d’une angoisse diffuse, qui s’insinue sournoisement dans les veines… Et, la peur qui est utile dans un premier temps pour mobiliser notre attention et les réflexes de survie face au danger peut vite se montrer contre-productive, si elle n’est pas canalisée à bon escient.
Réagir d’une manière émotionnelle à une situation est inévitable (et fort heureusement !), mais se laisser déborder par les émotions, au point d’en perdre la tête et le corps est un écueil très préjudiciable. Pour cela il faut garder :
- les pieds sur terre
- et la tête sur les épaules
Réagir à la crise en gardant les pieds sur terre
Quand ça tangue, il faut rester centré. Quand ça s’agite, il faut rester calme.
Comment ? Par la prise de terre ! C’est une expression qui signifie « s’enraciner dans le corps, en s’enracinant dans le sol, pour offrir une vraie qualité de présence…
Garder les pieds sur terre, c’est maintenir l’attention centrée sur les sensations physiques (plus que jamais), préserver le bon sens pragmatique en restant fidèle à ses pratiques d’enracinement dans le réel (voir éventuellement : routines matinales) :
- Le matin, avant de vous lever, profitez quelques instants du bonheur d’être détendu et en vie, faites un peu d’exercice et buvez de l’eau… prenez soin de vous et entretenez votre équilibre de vie. Le pire serait de sombrer dans la morosité ou de verser dans un burn-out !
- Dans la journée, revenons aux fondamentaux : régalez quand c’est l’heure de manger, délectez-vous du moment d’aller dormir, appréciez chaque plaisir minuscule qui se présente, et adhérez à chaque sensation, agréable (bien sûr) ou désagréable, etc…
Réagir à la crise en gardant la tête sur les épaules
La tête sur les épaules : Eh oui, il y a des problèmes… Et alors ?
Ce n’est pas un problème qu’il y ait des problèmes à résoudre : on est là pour mettre en oeuvre des solutions ! …
- « Mais c’est pas sûr que ça marche… »
En effet, ce n’est pas du tout sûr. Mais ça c’est le résultat, et ce n’est pas le moment de s’inhiber dans l’action à cause d’états d’âme mal placés. Il faut mettre toute l’énergie dans l’instant présent sur l’action. Le résultat en dépend, et le résultat c’est plus tard. Et pour l’instant : c’est maintenant ! Alors recentrons-nous sur ce qui est sous nos mains tout de suite, et agissons, même modestement : un long chemin commence toujours par un premier pas !
« Que me quitten lo bailao » – (proverbe Andalous)
Cette expression du sud de l’Espagne signifie littéralement : « Qu’ils essaient seulement de venir me retirer ce que j’ai déjà dansé ! ».
C’est un cri de vitalité, qui ne prétend pas qu’il faudrait s’empiffrer juste avant de partir (et zou…après moi le déluge !), mais plutôt profiter pleinement, apprécier fondamentalement chaque instant et ne rien regretter.
Choisir le bon état d’esprit
Quand ça change, ça change et c’est tout. On passe à autre chose, ce n’est pas la peine d’en faire toute une histoire.
Mais en attendant, il y a : l’intensité !
On a bien travaillé, l’année commençait fort… et là les annulations tombent les unes après les autres. Quelle importance ? C’est ce qui se passe, et c’est tout. Il va falloir faire avec. Pas la peine de monter dans les tours à cause de cela. La bonne question est : « Comment faire de cette situation de crise une opportunité positive ? »
Le premier pas consiste à accepter la réalité de la situation. « Quand ça change, ça change et c’est tout. » Cette phrase simple est puissante. Elle nous invite à ne pas dépenser d’énergie à regretter ce qui est perdu, mais plutôt à la concentrer sur ce qui est à venir. Il ne s’agit pas de minimiser l’impact, mais de refuser de se laisser paralyser par celui-ci.
Ce n’est pas parce que vous ne vous lamentez pas sur la situation que l’intensité n’est pas là. Elle est bien réelle. La crise génère un état de tension, une forte pression qu’il faut pouvoir canaliser. C’est le moment de se poser la question essentielle : « Comment faire de cette situation de crise une opportunité positive ? » Cette question déplace le focus de l’émotion vers l’action et la solution.
Une pratique collective pour traverser la crise
Pour que cette approche devienne un levier de croissance, il est crucial de la mettre en œuvre collectivement, en équipe. Voici une pratique qui permet de traverser la crise ensemble en capitalisant sur cette énergie de l’intensité.
1. L’atelier « Réorientation positive »
Cet exercice se fait en équipe et se déroule en trois temps, après avoir pris le temps de reconnaître l’impact de la crise et d’accueillir les émotions de chacun.
- Phase 1 : Le Constat Brut et l’Évacuation (15-20 minutes)
- Chaque membre de l’équipe est invité à écrire sur des post-it les frustrations, les peurs, les difficultés concrètes générées par la crise. Par exemple : « Nous avons perdu X clients », « Le projet sur lequel nous travaillions depuis six mois est à l’arrêt », « Je suis découragé par le manque de visibilité ».
- Le but est de vider le sac collectivement. Une fois les post-it partagés et affichés, l’équipe prend un moment pour les observer. Cet exercice a une valeur cathartique : il permet de reconnaître les émotions et de les mettre de côté pour passer à l’étape suivante.
- Phase 2 : Le Brainstorming « Et si ? » (20-30 minutes)
- C’est le moment de passer de la lamentation à l’innovation. L’équipe se pose la question : « Et si cette crise était une occasion de… ? »
- Chaque membre propose des idées, aussi folles soient-elles, pour transformer la situation.
- Exemples concrets selon la crise :
- Crise de clients (annulations) : « Et si c’était l’occasion de développer un nouveau produit plus adapté au marché actuel ? », « Et si c’était l’occasion de cibler un nouveau segment de clientèle que nous avions ignoré ? », « Et si nous proposions des services complémentaires qui ne dépendent pas des annulations ? »
- Crise technologique (bug majeur, panne) : « Et si c’était l’occasion de revoir entièrement notre infrastructure pour la rendre plus performante et plus sécurisée ? », « Et si nous créions une solution de secours que nous pourrions monétiser auprès d’autres entreprises ? »
- Crise de ressources humaines (départs imprévus) : « Et si c’était l’occasion de repenser nos processus de travail pour les rendre plus efficaces, même avec moins de monde ? », « Et si nous mettions en place un programme de formation interne pour faire monter en compétence l’équipe restante ? »
- Phase 3 : La Priorisation et l’Action (15-20 minutes)
- L’équipe examine toutes les idées générées et en sélectionne deux ou trois qui semblent les plus prometteuses et réalisables à court ou moyen terme.
- Pour chaque idée retenue, un plan d’action est établi : qui fait quoi, quand, et avec quelles ressources. L’objectif est de transformer l’idée en une action concrète et mesurable.
En agissant de la sorte, la crise n’est plus un mur infranchissable, mais un tournant créatif qui force à repenser les méthodes, à innover et à renforcer la cohésion d’équipe. La tension générée par la crise est alors canalisée pour devenir un moteur de changement positif.
La crise a mis en lumière des points de friction ou des opportunités d’amélioration au sein de votre équipe ? Un accompagnement sur mesure peut vous aider à transformer ces défis en leviers de croissance durables.
Pour aller plus loin et mettre en place ces pratiques de manière efficace, nous pouvons explorer ensemble les options d’un coaching d’équipe.
Intéressés pour transformer concrètement la crise en opportunité positive ? Contactez-moi pour un échange initial et découvrir comment nous pouvons construire un programme de coaching adapté aux besoins de votre équipe.
FAQ sur le Coaching des équipes en période de crise
Réponses aux questions fréquentes sur la gestion de crise et les bonnes pratiques managériales
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Quels types de crise sont abordés dans l’article ?
L’article distingue deux principaux types de crise :
- Les crises internes à l’équipe (échec, usure, conflits, etc.)
- Les crises liées à l’environnement externe (plan social, restructuration, fusion, etc.)
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Que signifie 'monter d’un cran votre niveau d’exigence' en management ?
Cela signifie adopter une approche de management plus exigeante et proactive, afin d’améliorer votre relation avec l’équipe et de mieux gérer les situations de crise en ajustant votre style de leadership.
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Quelles sont les bonnes pratiques de coaching-management proposées pour traverser la crise ?
L’article recommande de suivre plusieurs bonnes pratiques :
- Privilégier la relation
- Renforcer votre présence terrain et votre proximité
- Parler vrai
- Communiquer, sur-communiquer et même méta-communiquer
- Prendre soin de votre équipe
- Revenir aux fondamentaux en exerçant juste votre métier
- Se recentrer sur les valeurs et le projet d’équipe
- Monter votre niveau d’exigence pour limiter les états d’âme
- Travailler sur le sens et l’opportunité que représente la crise
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Pourquoi la communication est-elle particulièrement importante en période de crise ?
La peur, bien qu’elle puisse mobiliser l’attention et activer nos réflexes de survie, peut rapidement devenir contre-productive si elle n’est pas canalisée. Elle peut engendrer de la confusion et de l’angoisse, rendant difficile la prise de décisions éclairées.
La communication permet de créer un climat de confiance et de transparence. En sur-communiquant et même en méta-communiquant, les managers peuvent clarifier les enjeux, rassurer l’équipe et assurer une bonne transmission des informations, indispensables pour bien gérer la crise.
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Comment transformer une contrainte en opportunité en période de crise ?
Transformer la contrainte en opportunité consiste à adopter une approche proactive et lucide face aux difficultés. Il s’agit d’analyser la situation, de capitaliser sur les enseignements de chaque instant, et de préparer des réponses adaptées pour accompagner ses clients ou son équipe. Cette attitude permet de rester fidèle à sa mission et de transformer le chaos en une source d’innovation et de résilience.
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Que signifie l’expression « Que me quitten lo bailao » dans ce contexte ?
Cette expression, issue d’un proverbe espagnol, se traduit par « Qu’ils essaient seulement de venir me retirer ce que j’ai déjà dansé ! ». Elle incarne une attitude de vitalité et de résilience : profiter pleinement des moments vécus, sans se laisser abattre par les revers et en acceptant le changement comme une opportunité de continuer à avancer.
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Comment garder la tête sur les épaules et agir efficacement face aux problèmes ?
Garder les pieds sur terre signifie rester centré sur nos sensations physiques et préserver le bon sens pragmatique. Cela passe par l’enracinement dans le réel, adopter des routines matinales (comme l’exercice, boire de l’eau, profiter des petits plaisirs quotidiens) et éviter de se laisser submerger par l’émotion.
Et garder la tête sur les épaules implique de ne pas se laisser paralyser par les problèmes ou les incertitudes. Il s’agit de se concentrer sur l’action immédiate, de mettre son énergie dans le présent et d’avancer malgré l’incertitude des résultats futurs. L’action reste la clé pour surmonter toute situation de crise.







