Dans cet article nous allons décrire le Walking-meeting, une pratique de cohésion d’équipe, que nous proposons souvent aux équipes que nous coachons, soit ponctuellement, soit sur la durée au travers de plusieurs rencontres. L’idée est de renforcer les liens interpersonnels.
A Retenir
- Le walking-meeting renforce les liens interpersonnels et la cohésion d’équipe.
- Marchez deux par deux pendant 30 minutes pour favoriser des discussions plus profondes.
- Proposez des questions guidées pour éviter que l’échange ne reste en surface.
- Identifiez et renforcez les relations faibles pour améliorer la coopération d’équipe.
- Évitez de réunir des personnes en conflit ouvert lors de ces exercices.
L’idée des walking meetings n’est pas une invention moderne, même si elle connaît un regain de popularité dans le monde professionnel actuel. En réalité, elle puise ses racines très loin dans l’histoire :
Des origines antiques
- Aristote (335 av. J.-C.) : Le philosophe grec est souvent cité comme l’un des premiers adeptes de cette pratique. Il a fondé l’école péripatéticienne (du grec « peripatetikós », qui aime se promener) où il enseignait au Lycée d’Athènes en marchant avec ses élèves. C’est une illustration précoce de la connexion entre le mouvement et la pensée.
- De nombreux autres penseurs, écrivains et philosophes à travers les âges ont vanté les mérites de la marche pour stimuler la réflexion et la créativité, comme Jean-Jacques Rousseau ou Friedrich Nietzsche, qui souffrait de migraines et trouvait que la marche l’aidait à penser. Même Sigmund Freud aurait réalisé certaines de ses analyses en marchant.
La popularisation moderne
Bien que le concept soit ancien, sa popularité dans le monde des affaires contemporain a été largement influencée par des figures emblématiques :
- Steve Jobs : Le co-fondateur d’Apple était un fervent adepte des walking meetings. Il était connu pour organiser des entretiens importants et des discussions stratégiques en marchant, souvent en extérieur. Il croyait que le mouvement favorisait la créativité et une meilleure communication. Le siège d’Apple, le « Apple Park », a même été conçu pour faciliter ce type de réunions avec de vastes espaces verts.
- Mark Zuckerberg : Le PDG de Meta (anciennement Facebook) est également un adepte des promenades pour ses entretiens et discussions. Facebook a même installé une promenade d’un kilomètre sur le toit de son siège social à Menlo Park, Californie, spécifiquement pour encourager ces réunions en mouvement.
- Richard Branson : Le fondateur du groupe Virgin a aussi publiquement exprimé son appréciation pour les réunions marchées.
La science derrière le succès
La recherche moderne est venue étayer ces observations empiriques. Des études, notamment celles de l’Université de Stanford, ont démontré que la marche peut augmenter la créativité et la capacité à penser de manière divergente d’environ 60 %. L’explication scientifique réside dans l’augmentation du flux sanguin et de l’oxygénation du cerveau pendant l’activité physique, ainsi que l’impact des variations de rythme sur le fil de la pensée.
En somme, l’idée de lier la marche et la réflexion n’est pas nouvelle, mais des personnalités influentes et des recherches scientifiques ont contribué à démocratiser et à institutionnaliser les walking meetings comme une pratique managériale bénéfique.
Quand placer un walking meeting dans la vie de l’équipe ?
Cet exercice peut se faire lors de la constitution d’une nouvelle équipe, pour se découvrir, ou bien plus tard, pour approfondir certains points de la relation (voir cet article sur la vulnérabilité en coaching d’équipe) ou pour renforcer les interfaces entre les services.
Nous allons maintenant décrire une manière de conduire cet exercice de renforcement de la cohésion d’équipe, en marchant deux par deux, par exemple après un déjeuner…
Walking meeting après déjeuner
L’après déjeuner d’un séminaire est toujours un peu laborieux : on a bien travaillé le matin, au déjeuner on s’est détendu, et maintenant, il reste toute l’après-midi de travail. Comment mettre à profit cette période digestive pour changer de mode de travail et générer un surcroît de cohésion d’équipe, avant d’aborder une suivante séquence de travail en salle ?
Vous pourrez par exemple, aller vous promener deux par deux pendant 30 minutes (et refaire ce « speed-dating en marchant » une ou deux fois de suite, en changeant les binômes pour renforcer les relations deux à deux au sein de l’équipe).
Dans la pratique, il vaut mieux proposer aux participants des questions auxquelles ils répondent, plutôt que de les laisser libres du contenu de l’échange.
Certes, l’exercice imposé rend l’échange un peu artificiel, mais à défaut de questions orientées, les propos restent en surface, la situation est presque un peu gênante, les gens bavardent et n’atteignent pas l’objectif du speed-dating qui est de se connaître autrement.
Voici un exemple d’enchaînement de questions possibles :
- Ce que j’apprécie chez toi
- Ce que j’ai envie d’apprendre de toi (et non pas sur toi)
- Ce que je pourrais faire pour t’aider à mieux atteindre tes objectifs
D’autres questions sont envisageables, selon les objectifs poursuivis par le speed-dating(voir l’exemple sur la vulnérabilité en coaching d’équipe).
Protocole de Walking-meeting
- 10 minutes – A parle à B, tandis que B écoute : Voici ce que j’apprécie chez toi et ce que je souhaite apprendre de toi
- 10 minutes – B parle à A, tandis que A écoute : Idem
- 10 minutes : A et B font la synthèse et trouvent 1 à 3 manières différentes et nouvelles de travailler mieux ensemble et de s’apporter mutuellement au quotidien
Pas de restitution sur ce que les binômes ont échangé, mais question au groupe après les différentes sessions :
- Comment avez-vous trouvé cet exercice ?
- Qu’est-ce qui é été facile/difficile pour chacun ?
- Qu’est-ce que cet échange vous a apporté de nouveau ?
- Comment cela va-t-il fair progresser vos relations interpersonnelles ?
- Et si vous preniez soin de vos relations de cette manière plus régulièrement ?
- Quel nouveau rituel de management ou pratique d’hygiène pourriez-vous ainsi décider de mettre en place entre vous pour refaire cet exercice, par exemple deux fois par an ?
Zones de risques en cohésion d’équipe
La cohésion d’équipe est fonction de la cohésion la plus faible entre deux équipiers. Comme dans un collier, dont la résistance est fonction des ses maillons les plus faibles.

La relation A et B est inexistante. Idem entre B et C : Ce sont des zones à risques !
Dans un sociogramme, on représente par des flèches, les relations ou flux d’informations et d’interactions entre les éléments d’un système.
Pour une équipe, quand certaines relations sont faibles, ou mauvaises, voire inexistantes, ce sont autant de faiblesses du système global.
Quand on enverra de la pression dans les tuyaux, les relations faibles seront les premières à craquer, à ne pas jouer leur rôle d’entraide et de solidarité, les synergies seront défaillances et l’équipe s’exposera à des erreurs, des tensions voire des crises, à cause de la faiblesse de certaines interactions…
Cet exercice de speed-dating, en marchant ou pas (s’il ne fait pas beau dehors, vous pourrez tout aussi bien vivre des séquences de partage deux par deux dans les salons de l’hôtel où vous faîtes votre séminaire) vous permettra de renforcer les liens de coopération transverse entre les équipiers.
C’est un exercice facile, et très sympa. Le plus souvent cela amorce un mode de relation plus ouvert et plus profond entre les équipiers, qui apprennent à s’apprécier.
Point de vigilance :
En revanche, évitez de mettre ensemble deux personnes qui sont en conflit ouvert (ou qui se connaissent déjà très bien). Il y a pour ces cas de figure d’autres protocoles plus appropriés. Les personnes ne se disputeraient probablement pas, mais vous vous exposeriez à ce que l’exercice ne marche tout simplement pas entre ces deux équipiers, qui resteraient en surface avec des propos prudents et sans consistance.
Nous connaissons beaucoup d’autres moyens de favoriser la cohésion d’équipe. Sur ce site, nous en partageons un certain nombre. Par ailleurs, dans nos formations au coaching d’équipe, nous vous les façons vivre, et vous apprenons à les mettre en oeuvre auprès d’une équipe. Contactez-moi pour ensuite avoir plus…
Protocole pour un Walking Meeting en Groupe
1. Préparation Avant la Réunion
- Définir l’objectif et l’ordre du jour (5 min) :
- Quel est le but principal de cette marche ? Résoudre un problème ? Brainstormer des idées ? Faire un point rapide ?
- Listez 1 à 3 points clés à aborder. Plus il y a de points, moins la marche sera efficace.
- Envoyer un rappel clair aux participants la veille ou le matin même, incluant l’objectif, les sujets et le point de rendez-vous.
- Choisir le bon itinéraire (5 min) :
- Privilégiez un lieu sûr, calme et agréable (parc, chemin piéton, zone résidentielle tranquille).
- Évitez les endroits trop bruyants ou nécessitant de traverser de nombreuses rues.
- Estimez la durée du parcours en fonction du temps alloué à la réunion (par exemple, 30 minutes de marche équivalent à environ 2,5 – 3 km).
- Limiter le nombre de participants :
- Idéalement 2 à 4 personnes. Au-delà de 5, la conversation devient difficile à gérer en marchant.
- Si le groupe est plus grand, envisagez de le diviser en sous-groupes pour des discussions parallèles sur des sujets spécifiques.
- Communiquer les attentes :
- Précisez que c’est une réunion marchée afin que les participants puissent s’habiller confortablement (chaussures adaptées, vêtements de saison).
- Mentionnez l’absence d’écrans ou de notes complexes.
2. Démarrage du Walking Meeting (5 min)
- Rendez-vous et brève introduction :
- Retrouvez-vous à un point de départ clair.
- Rappelez brièvement l’objectif de la réunion et les sujets à couvrir.
- Fixez une durée approximative pour la marche.
- Précisez le rythme de marche : confortable pour tous, sans précipitation.
- Désigner un « facilitateur » (à tour de rôle) :
- Cette personne sera responsable de guider la discussion, de s’assurer que tout le monde peut s’exprimer et de garder le groupe sur le sujet.
- Elle ne prend pas forcément toutes les notes, mais s’assure qu’elles seront prises après.
3. Pendant le Walking Meeting
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Marcher et discuter :
- Rythme modéré et régulier : Adaptez-vous au pas du participant le plus lent pour que personne ne soit essoufflé et que la conversation reste fluide.
- Formation du groupe : Marchez côte à côte si possible. Si le groupe est de 3 ou 4, essayez de tourner pour que chacun puisse parler avec différentes personnes.
- Écoute active et participation : Encouragez chacun à s’exprimer et à écouter. Le mouvement peut aider à briser la hiérarchie et les discussions plus formelles.
- Focalisation sur les points clés : Le facilitateur veille à ce que la discussion reste centrée sur les sujets définis.
- Accepter le silence : Contrairement aux réunions classiques, les moments de silence peuvent être constructifs pendant une marche. Ils permettent de réfléchir et de digérer les informations.
- Pas de technologie intrusive : Évitez les téléphones (sauf pour la navigation ou une urgence) et les ordinateurs. L’idée est de déconnecter pour mieux se connecter.
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Prise de notes (optionnel, selon le besoin) :
- Si des actions ou décisions clés émergent, le facilitateur peut utiliser une application de dictée vocalediscrète sur son téléphone ou noter les points essentiels sur un petit carnet.
- L’objectif est de ne pas casser le flow de la marche et de la discussion.
4. Clôture du Walking Meeting (5-10 min)
- Récapitulation des points clés :
- Avant de terminer la marche ou juste après, le facilitateur ou un désigné récapitule les décisions prises, les actions à entreprendre et les responsables.
- Assurez-vous que tout le monde est d’accord sur ce qui a été décidé.
- Planification des prochaines étapes :
- Définissez qui fera le compte-rendu (rapide) et quand il sera envoyé.
- Fixez les prochaines actions et leurs échéances.
- Débrief rapide :
- Demandez si la marche a été bénéfique pour tous. C’est une bonne occasion de recueillir des retours pour les prochaines fois.
5. Après le Walking Meeting
- Envoyer un compte-rendu concis :
- Dans l’heure qui suit, envoyez un email listant les décisions clés, les actions et leurs responsables. Pas besoin d’un procès-verbal détaillé.
En suivant ce protocole, vos walking meetings en groupe devraient être plus dynamiques, plus créatifs et plus productifs que les réunions traditionnelles en salle !
FAQ sur le Walking-meeting et la Cohésion d’Équipe
Questions fréquentes sur la pratique du Walking-meeting et les stratégies pour renforcer les liens interpersonnels
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Qu’est-ce qu’un Walking-meeting ?
Le Walking-meeting est une pratique de cohésion d’équipe qui consiste à organiser des échanges à deux, souvent en marchant, afin de renforcer les liens interpersonnels et améliorer la coopération entre les membres de l’équipe.
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Quels sont les objectifs principaux d’un Walking-meeting ?
L’objectif principal est de créer des moments d’échange authentiques et structurés pour découvrir ou approfondir les relations interpersonnelles. Ce type d’exercice aide à renforcer la cohésion d’équipe en favorisant un dialogue ouvert et en explorant de nouvelles façons de collaborer.
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Comment se déroule concrètement un Walking-meeting ?
Un Walking-meeting peut se diviser en trois phases :
1. 10 minutes où la personne A s’exprime pendant que B écoute, en partageant ce qu’elle apprécie chez son collègue et ce qu’elle souhaite apprendre.
2. 10 minutes où les rôles s’inversent.
3. 10 minutes de synthèse où les deux participants identifient ensemble de nouvelles manières de travailler et de s’apporter mutuellement. -
Pourquoi utiliser des questions orientées pendant l’exercice ?
L’utilisation de questions dirigées permet d’éviter que les échanges restent superficiels ou artificiels. En posant des questions précises, les participants sont incités à aller au-delà des banalités, ce qui favorise un partage plus sincère et constructif, essentiel pour renforcer la cohésion d’équipe.
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Quels sont les risques à prendre en compte lors d’un Walking-meeting ?
Le principal risque réside dans une mauvaise association des participants, notamment en regroupant des personnes en conflit ouvert ou déjà trop familières. De plus, la cohésion d’équipe dépend de la solidité de chaque relation individuelle ; une relation faible peut affaiblir l’ensemble du système, comme un collier dont le maillon le plus fragile détermine la résistance globale.
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Dans quels contextes peut-on utiliser le Walking-meeting ?
Le Walking-meeting est particulièrement efficace pour :
- La constitution d’une nouvelle équipe pour mieux se connaître
- Des séminaires d’entreprise, notamment après un déjeuner pour profiter de la phase digestive et changer de mode de travail
- Renforcer la collaboration entre différents services
Il s’adapte également aux conditions météorologiques, pouvant être réalisé en intérieur si nécessaire.
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Quels exemples de questions peut-on utiliser durant l’exercice ?
Voici un exemple d’enchaînement de questions pour guider l’échange :
- Ce que j’apprécie chez toi
- Ce que j’ai envie d’apprendre de toi (et non ce que je sais déjà sur toi)
- Ce que je pourrais faire pour t’aider à mieux atteindre tes objectifs






